Areva licencie au Niger, une "question de survie pour la Somaïr"

La Somaïr, filiale d’Areva au Niger qui exploite la mine d’uranium d’Arlit, a annoncé le 9 octobre des licenciements en raison de la faiblesse des prix de l’uranium.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Areva licencie au Niger, une
La mine d'Arlit, exploitée par la Somaïr (filiale d'Areva) au Niger

Le groupe français Areva n’a pas souhaité préciser le nombre exact de salariés concernés par les licenciements annoncés le 9 octobre par sa filiale nigérienne la Somaïr (Société des mines de l'Aïr, détenue à 63,6% par Areva et à 36,4% par la Sopamin, Société du Patrimoine des Mines du Niger). Mais des sources syndicales évoquent un cinquième des 916 postes du site, ainsi que 500 sous-traitants. Selon la même source, des mesures d’économies supplémentaires auraient été annoncées, comme l’arrêt de la prise en charge des dépenses d’eau et d’électricité des salariés.

Après avoir étudié plusieurs solutions pour faire face à la chute des prix de l'uranium à 20 dollars la livre, "le scénario approuvé le 19 septembre en Conseil d’Administration - dont font partie des représentants du Niger – et partagé avec les partenaires sociaux comprend la baisse de l’activité minière, la baisse de la production enfûtée, la baisse des investissements, la diminution de la flotte des engins miniers, ainsi que la réorganisation et l'ajustement de l’effectif de Somaïr et de ses sous-traitants", précise un porte-parole d'Areva. "C'est une question de survie pour Somaïr."

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

En 2016, la Somaïr fournissait 24% de la production consolidée d'uranium d'Areva Mines et 10% de l'uranium consommé par les réacteurs français. "La production actuelle est de 2100 t et la production envisagée est de 1700 t à partir de 2018", précise Areva. La Somaïr avait déjà procédé à un plan de restructuration en 2015, comprenant des licenciements pour ramener l'effectif en phase avec l'activité réduite, et un plan de réduction des coûts pour augmenter les réserves économiquement exploitables. Mais ce dernier n'avait pas suffi à redresser la situation financière de cette filiale nigérienne d'Areva.

Des coûts de production trop élevés

La mine d’Arlit, exploitée à ciel ouvert, a des coûts de production bien plus élevés que certaines mines plus récentes d’Areva, notamment au Kazakhstan où le groupe exploite l’un des gisements à plus bas coût au monde. La chute des cours de l’uranium et les mornes perspectives de croissance du marché du nucléaire obligent Areva à maintenir ou à mettre sous cocon des gisements autrefois prometteurs, comme le projet géant d’Imouraren, qui devait succéder à Arlit et Akouta, l'autre mine encore active du groupe français au Niger.

Différents scénarios sont également à l'étude concernant la mine d'Akouta, exploitée par la Cominak (Compagnie minière d'Akouta). Le capital de cette filale créée en 1974 est détenu à 34% par Areva, à 31% par la Sopamin, à 25 % par OURD (Overseas Uranium Resources Development, Japon) et à 10 % par ENUSA (Empresa Nacional del Uranio S.A, Espagne). En 2016, Cominak a produit 1315 tonnes d’uranium, (314 t part Areva).

Le prix de l'uranium n'a cessé de s'éroder depuis l'accident de Fukushima en 2011, passant de plus de 70 dollars la livre à 20 aujourd'hui. Un seuil que le minerai du combustible nucléaire n'avait guère dépassé entre les années 1980 et 2005, avant de connaître un pic à plus de 135 dollars en 2007.

0 Commentaire

Areva licencie au Niger, une "question de survie pour la Somaïr"

Tous les champs sont obligatoires

Votre email ne sera pas publié
0 Commentaire

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
NEWSLETTER Matières Premières
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes... Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS