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Areva, la faillite de l'État actionnaire

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Areva, la faillite de l'État actionnaire © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

Il n’est jamais facile de solder les erreurs du passé ! Encore moins quand celles-ci conduisent à une débâcle financière. En première ligne pour assurer le sauvetage d’Areva et l’avenir d’EDF, Emmanuel Macron en fait l’amère expérience. « L’État demeure avant tout un actionnaire de long terme avec une vision industrielle », nous avait confié, il y a huit mois, le ministre de l’Économie au cours d’un long entretien dans lequel il redéfinissait le rôle de l’État actionnaire [« L’Usine Nouvelle » n°3424]. Il a depuis poursuivi ses travaux pratiques, mais au final, l’addition risque d’être très lourde pour les finances publiques.
 

On le sait, EDF a été fortement incité par l’État, son principal actionnaire, à reprendre l’activité de construction de réacteurs nucléaires d’Areva, Areva NP, sur la base… d’une valorisation de 2,5 milliards d’euros. De quoi handicaper un peu plus un EDF qui aura bien du mal à financer l’ensemble des investissements qui sont devant lui : dans les énergies renouvelables et la transition énergétique, pour prolonger la durée de vie des centrales nucléaires françaises et ses chantiers à l’international, notamment la construction de deux réacteurs EPR avec Areva, à Hinkley Point, en Angleterre.
 

Il en sera fini du groupe intégré Areva, présent de la mine jusqu’à la construction de réacteurs. Exit le « leader mondial » constitué par Anne Lauvergeon. Le plan de renflouement d’Areva coûtera quelque 5 milliards d’euros à l’État. « L’erreur qui a été faite pendant de nombreuses années par les entreprises et par l’État actionnaire a été d’alimenter en quelque sorte les conflits entre ces deux entreprises », juge Emmanuel Macron, qui fustige « les conflits sur les contrats commerciaux » qui ont pu, par le passé, conduire « de manière ridicule » à la perte de certains marchés.
 

L’État n’a, certes, pas vocation à se substituer au management des entreprises dans lesquelles il est actionnaire. Encore faudrait-il être sûr qu’il sache se prémunir, à temps, des erreurs stratégiques et autres fuites en avant de tel ou telle. Areva n’était pas condamné à la faillite et EDF à tendre la sébile. Plus que jamais, les contribuables français sont en droit de connaître les responsabilités des uns et des autres et de demander des comptes… 

Pascal Gateaud

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2 commentaires

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05/02/2016 - 13h54 -

L’État n'est que actionnaire. Il ne faut pas oublie, que les plus hauts dirigeants sont que des choix politique de la Président, choisi en première pour des raisons politique et surtout pas pour leur compétences, et qui ont leur propres avenir en première.

Pas de surpris que cette politique amène à des déceptions, plutôt l'inverse: il sera étonnant qui par hasard que cette façon de gérer marche bien.
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Nom profil

05/02/2016 - 10h30 -

Et dire qu'ils vont reprendre l'actionnariat du fleuron de la propulsion navale (TECHNICATOME) via l'APE...
Ca fait peur !
Des RH et des financiers, sans aucune compétence industrielle qui vont décider de l'avenir et de la stratégie de la société qui conçoit, met en oeuvre et maintien en condition opérationnelle les chaufferies nucléaires des sous-marins et du Porte-avion... On n'a pas fini de constater la dégringolade de France !
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