Après la fraude au PDG, gare à l’arnaque au faux ministre...

Un appel de Jean-Yves Le Drian ? Méfiance… Les cybercriminels se faisaient jusque-là passer pour le PDG pour demander un virement bancaire in extremis, ils se font désormais passer pour les conseillers du ministre de la Défense pour demander un geste financier. Explications.

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Après la fraude au PDG, gare à l’arnaque au faux ministre...
Certains arnaqueurs n'hésitent pas à se faire passer pour le ministre Jean-Yves Le Drian

La fraude au PDG monte d’un cran. Cette arnaque qui vise à faire émettre des virements par des salariés lambda des services comptables qui croit exécuter une opération ultra-secrète de leur président, et qui a coûté par exemple 1,6 million d'euros à Michelin en 2014 se renouvelle.

Les escrocs se font désormais passer pour un ministre français pour extorquer des fonds. Depuis l’été 2015, des entreprises de divers secteurs, des ambassades françaises à l’étranger ou des ambassades étrangères en France, ont reçu d’étranges appels de la part de Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, ou de son cabinet. Important marché d’hélicoptères à financer ou encore rançons d’otages à libérer, le faux ministre demande à son interlocuteur un petit geste financier.

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Les histoires, appuyées par le soi-disant ministre, peuvent se révéler très convaincantes… Selon le Parquet de Paris, après les attentats du 13 novembre 2015, le faux ministre contactait des payeurs potentiels en expliquant devoir lever des fonds pour libérer des victimes de Daesh. Au point qu’un interlocuteur ait accepté de payer jusqu’à 19 millions d’euros !

Plus de 160 victimes

"Nous comptons plus de 160 victimes dans ce dossier, pour des faits commis ou des faits tentés", soulignait Alice Chérif, la chef de la section cybercriminalité au Parquet de Paris, au cours d’un colloque sur la criminalité informatique et financière organisé par l’Ordre des experts-comptables Paris Ile-de-France le 24 juin 2016.

Tous les dirigeants d’entreprises peuvent être concernés, même si le Parquet de Paris remarque que les malfaiteurs ont plutôt agi par secteurs économiques. Ils ont visé tour à tour les domaines viticoles, les patrons du CAC 40 ou plus récemment le secteur des banques et assurances.

Le mode opératoire est encore récent. La cellule spécialisée du Parquet de Paris a été saisie de l’affaire à l’été 2015 et a communiqué le dossier au juge en avril dernier. La grande majorité des victimes de l’arnaque ne se sont toutefois pas laissées prendre et n’ont pas versé d’argent. "Mais il faut quand même déposer une plainte", soutient la procureure. A chaque nouvelle plainte, les enquêteurs peuvent recueillir de nouvelles informations. Et débusquer les criminels plus rapidement.

La fraude aux faux ordres de virement a représenté 500 millions d'euros de préjudices pour 1500 cas recensés depuis 2012 selon l'office central de la répression de la grande délinquance financière

Arnaud Dumas

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