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Après avoir pensé global, Sigfox veut agir local, en déployant des réseaux privés

Sylvain Arnulf , , ,

Publié le

Lors de sa conférence annuelle Sigfox Connect, la pépite toulousaine de l’internet des objets a annoncé un nouveau type d’offre : elle pourra désormais bâtir des réseaux bas débit privés sur mesure pour des clients qui ne souhaiteraient pas utiliser son réseau global. Sigfox s’aligne ainsi sur son grand rival, la technologie LoRA.  

Après avoir pensé global, Sigfox veut agir local, en déployant des réseaux privés
Ludovic le Moan lors de l'ouverture de la conférence Sigfox Connect le 20 novembre à Singapour.
© Sylvain Arnulf - L'Usine Nouvelle

En matière de réseaux bas débit dédiés à l’internet des objets, il y a deux écoles. Déployer un réseau privé fermé, entièrement dédié à un cas d’usage (le suivi d’objets, la sécurité, la smart home, la smart city…), ou passer par le réseau public d’un opérateur télécoms. La technologie LoRA permet les deux approches. Sigfox obligeait jusque-là ses clients à passer par son propre réseau global. Mais ça, c’était avant.

Il s’agit de la principale annonce de la pépite toulousaine de l’internet des objets, à l’occasion de sa conférence annuelle Sigfox Connect, les 20 et 21 novembre à Singapour : elle pourra désormais créer des réseaux privés, pour des clients qui ne souhaiteraient pas passer par son réseau global (disponible dans 65 pays). Ceux-ci ne paieront pas une redevance par objet connecté et par an, comme avec le système actuel, mais un forfait en fonction du nombre de capteurs à connecter et de la taille du réseau à bâtir. "Certains de nos concurrents ont cette approche, comme LoRa, c’est vrai, mais il leur manque la force d’un réseau global", tacle Christophe Fourtet, co-fondateur de Sigfox.

Du Capex plutôt que de l'Opex

Alors à qui s’adresse cette nouvelle offre ? "A ceux qui veulent mener leurs projets IoT avec des business models basés sur des budgets d’investissement, et pas de fonctionnement", a répondu le PDG de Sigfox Ludovic le Moan lors de sa keynote d’introduction. "Ils bénéficieront du même écosystème que pour notre réseau global : équipements compatibles, partenaires, intégrateurs". Il s’agit aussi de rassurer des clients inquiets pour leurs données, et qui veulent une qualité de service optimale dans leur périmètre, y compris dans des zones difficiles d’accès (comme en sous-sol). "Nous faisions déjà de la densification de réseau à la demande, dans les faits", commente Christophe Fourtet. "Mais certains clients comme des villes veulent absolument avoir leur propre réseau, nous leur en donnons la possibilité".

Cette offre sera testée dès le premier semestre 2020 en France (pour des projets smart city et smart home), puis dans la deuxième moitié de l’année pour le reste des territoires desservis par Sigfox.

L'Asie en ligne de mire

De quoi accélérer la croissance de la start-up française de l’internet des objets, qui revendique 16 millions d’objets connectés à son réseau fin 2019, contre 3,6 millions fin 2018, et plus de 22 millions de messages partagés par jour en moyenne. L’organisation de sa conférence annuelle à Singapour témoigne de l’ambition de la start-up tricolore en Asie. Elle vient d’ailleurs d’y décrocher un important marché pour la connexion de 850 000 compteurs à gaz au Japon, d’ici fin 2020. L’Inde et la Chine, mais aussi la Russie, font partie de ses prochaines cibles.

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