Alcatel : ? S'il n'en reste qu'un...?

Le patron d'Alcatel ne s'est pas voilé la face depuis deux ans. Au contraire. Loin de nier la crise, il ne « ménage pas sa peine » pour garder toujours quelques mètres d'avance.

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Tout le monde connaît l'histoire des trois promeneurs qui tombent sur un ours et qui s'enfuient à toutes jambes. « A quoi bon, l'ours court plus vite que nous », dit l'un, prêt à se résigner. « Peut-être, mais l'essentiel c'est de ne pas être le premier à être rattrapé», lui répond le plus optimiste des trois. C'est cette position là que revendique aujourd'hui le patron d'Alcatel.

« S'il n'y a qu'un survivant, ce sera Alcatel », déclarait Serge Tchuruk 24 heures après avoir annoncé 9 000 suppressions d'emplois supplémentaires (voir page 28) le 20 septembre dernier. Pourtant, pour les Alcatel, Lucent, Nortel, Marconi, Siemens, et autres Ericsson, l'effondrement du marché des télécommunications, brutal et continu depuis deux ans, est plus effrayant que n'importe quel ours géant. Fragilisé par une politique d'acquisitions hasardeuse au plus haut de la bulle Internet, Marconi a déjà été rattrapé. Les autres se sont lancés dans une course effrénée pour abaisser toujours plus leur point mort, seul moyen de sortir vivant de la crise : hier c'était 4 milliards d'euros (ou de dollars) de chiffre d'affaires trimestriel, aujourd'hui c'est un niveau de 3 milliards qui est visé (2,6 milliards pour Nortel).

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N'ayant pas fait hier autant d'erreurs que ses concurrents anglo-saxons en matière d'acquisitions et aujourd'hui toujours moins dépendant du marché nord-américain, Serge Tchuruk a de bonnes raisons d'être plus confiant que ses pairs. Reste qu'il ne peut, pas plus que les autres, prévoir aujourd'hui la date de sortie du tunnel. Surtout, pour l'heure, il subit comme les autres l'impact des prix sacrifiés qui caractérisent tout marché où l'offre dépasse la demande, au point de mettre des grands intervenants au bord de la faillite. Faute de redémarrage du marché, nul doute que le président d'Alcatel souhaiterait au moins que l'ours finisse par rattraper le ou les plus faibles de ses compagnons d'infortune. Entre-temps, il mérite qu'on lui laisse une chance de sortir Alcatel de l'ornière.

Si, en Bourse, la dégringolade de son cours dépasse celle de Vivendi Universal ou de France Télécom, le patron d'Alcatel ne s'est, lui, pas voilé la face depuis deux ans. Au contraire. Loin de nier la crise, il ne « ménage pas sa peine » pour garder toujours quelques mètres d'avance sur cet ours qui les pourchasse, lui et ses dizaines de milliers de salariés.

Jean-Léon Vandoorne

(1) interview au journal « Le Monde » daté des 22 et 23 septembre.

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