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Air Liquide sauvé par la croissance en Amérique et en Asie

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Fortement impacté par les taux de change, le numéro un mondial des gaz industriels et médicaux Air Liquide a connu une faible croissance freinée par l’Europe. Mais il table sur la montée en puissance de grands projets internationaux.

Air Liquide sauvé par la croissance en Amérique et en Asie © D.R

A l’instar des autres grands industriels français dont la majorité des ventes s’effectue désormais à l’international, Air Liquide a vu ses résultats plombés par les taux de change en 2014. Le spécialiste des gaz industriels a réalisé, l'an dernier, un chiffre d'affaires de 15,36 milliards d’euros en croissance de 0,9% (4,5% en données comparable), et un bénéfice net en hausse de 1,5% à 1,67 milliard d’euros.

Le numéro un mondial des gaz industriels et médicaux peut se féliciter des économies de coûts réalisées (voir encadré) et remercier les zones américaine et asiatique, grandes contributrices à la croissance du groupe. Le chiffre d’affaires est encore réalisé pour moitié en Europe où il a chuté de plus de 5,9%.

L’envolée de l’activité électronique

La plus petite division, dédiée à l’électronique, a réalisé une envolée l’an dernier, avec 9,5% de croissance pour 1,23 milliard d’euros. Avec de belles perspectives pour cette année grâce aux gaz vecteurs fournis par Air Liquide aux usines d’écrans plats ou à l’industrie des panneaux photovoltaïques. Par contre, la division santé du groupe a chuté de 4,4% à 2,57 milliards d’euros. Le Français, qui sert déjà plus de 7 500 hôpitaux et un million de patients à domicile, fait face à une grosse pression sur les prix dans les pays où ils sont négociés par les Etats. Mais il espère tirer parti dès cette année des nombreuses acquisitions bouclées en 2014.

L’an dernier, les deux principales activités d’Air Liquide, qui représentent chacune un tiers de son chiffre d'affaires, ont quasiment stagner. Il s’agit de l’industriel marchand (les citernes et bouteilles) et de la grande industrie, ces usines installées dans les bassins industriels à travers le monde. Mais de grands projets sont en cours, avec "2,8 milliards d'euros d’investissements industriels en cours d’exécution", selon Benoît Potier, le PDG d’Air Liquide.

Des investissements "dédiés à 75 % à la croissance",  et qui devraient contribuer pour 1,2 milliard d’euros aux futures ventes, dont 350 millions dès 2015. Comme Yanbu, la plus grande unité de production d’hydrogène d’Air Liquide, un projet décidé en 2010 qui démarrera au deuxième trimestre et permettra d’exporter des produits pétroliers à partir d’une grande raffinerie d’Arabie Saoudite.

De grands projets en cours, y compris en France

La France n’est pas oubliée. Air Liquide est présent sur le projet ITER, auquel il fournira un nouveau lot d’équipements cryogéniques et des technologies de production du froid, pour 65 millions d’euros. Des investissements pour près de 100 millions d’euros sont également annoncés sur ses sites hexagonaux, afin de moderniser son centre de recherche de Paris-Saclay et d’y créer un centre de développement des packagings des gaz pour l’industrie et la santé, tout en lançant un centre technique d’excellence pour la production cryogénique sur son site de Vitry sur Seine. 

Ce site devrait ainsi monter en gamme, car il ne peut pas être compétitif en coûts avec ses centres de cryogénie situés au Moyen-Orient et en Chine. Pour 2015, "dans un environnement économique comparable, Air Liquide est confiant dans sa capacité à réaliser une nouvelle année de croissance du résultat net", estime Benoît Potier.

Gaëlle Fleitour

Le digital, facteur d’efficacité et d’économies

En 2014, Air Liquide a enregistré des économies de coûts de 321 millions d'euros, contre 250 millions escomptés dans son plan à cinq ans "Alma". Résultat, sa marge opérationnelle a progressé de plus de 20 points de base à 17,1%. Le groupe planche déjà sur son prochain plan, qui pourrait s’étendre jusqu’à 2025. Et Benoit Potier compte sur "le digital, l’internet des objets et la capacité à traiter les données" pour être des "facteurs d’efficacité dans le futur". Et notamment avec l’aide de son laboratoire d’idées I-lab.

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