Air France-KLM, l'État français arroseur arrosé

L'État français ne décolère pas de l'interventionnisme du gouvernement des Pays-bas chez Air France-KLM qui pourrait nuire à la bonne marche de l'entreprise. Il déplore aussi des méthodes de raider. En réalité, la France est un État plus qu'enclin à voler au secours de ses fleurons menacés et sait aussi user de toutes les méthodes pour parvenir à ses fins. 

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Air France-KLM, l'État français arroseur arrosé
À Paris, les noms d'oiseaux volent sur le gouvernement néerlandais.

L’explication devrait être franche, et fraîche. Vendredi 1er mars au matin, Bruno Le Maire reçoit Wopke Hoekstra, le ministre des Finances des Pays-Bas. L’État néerlandais, en rachetant des parts d’Air France-KLM (sur le marché et auprès du fonds américain Capital Group), s’est hissé par surprise au niveau de l’État français. Jusqu’ici, Paris constituait le premier actionnaire avec un peu plus de 14% des parts. Paris conserve encore pour l’instant des droits de vote plus importants.

Si le ministre Bruno Le Maire a simplement jugé l’opération "inamicale", son entourage n’a pas de mots assez durs pour qualifier l’interventionnisme des Pays-Bas. Sans se prononcer sur la légitimité de l’inquiétude des Néerlandais, on ne peut que constater que l’État français n’est par le dernier à voler au secours de ses fleurons menacés, voire à monter des mécanos industriels.

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Intervention, tous azimuts

En 2004, il recapitalise Alstom de 2,2 milliards en promettant à Bruxelles, une sortie complète dans les 4 ans. En 2014, il participe à une augmentation de capital de PSA aux côtés du Chinois Dong Feng, certes avec l’assentiment de la famille Peugeot. Plus récemment, il nationalise temporairement le chantier naval STX pour éviter que Fincantieri (détenu à 70% par une banque de l’État italien) ne rachète 66% des actions. Il s’arroge ainsi du temps pour négocier et ramener la prise de participation de l’italien à 51%, en appelant à la rescousse l'autre groupe français Naval Group .

Qu’ils s’affichent libéraux ou non, les gouvernements se soucient tous de leurs entreprises nationales, surtout dans les secteurs sensibles de l’énergie ou du transport. Ce qui est étonnant, c’est que l’État français s’en étonne.

Des raids s'il le faut

Quant aux méthodes de "raider" reprochées aux Néerlandais, elles ne lui sont pas étrangères non plus. Le 8 avril 2015, pour garantir que l’AG de Renault vote bien des droits de vote double aux actionnaires de long terme, il déclare vouloir acheter 4,73% de capital supplémentaire du constructeur. En réalité, avant même l’annonce, il avait déjà acquis 9,56 millions d’actions sur le marché à travers une banque. Il ne lui restait plus qu’à en ramasser 4,4 millions. L’affaire avait irrité les japonais de Nissan et provoqué une crise avec Carlos Ghosn.

Aujourd’hui, Bruno Le maire reproche aux Néerlandais de ne pas avoir cherché calmement une solution plutôt que de s’armer en montant au capital d’Air France KLM. Mais à La Haye, on s’est simplement souvenu du conseil d’Al Capone : "On obtient plus de choses en étant poli et armé que juste poli."

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