Aides publiques :  "Ne jouez pas contre votre camp", lance Laurent Berger au patronat

Le Premier ministre met en place, ce mardi 4 novembre, le comité de suivi des aides publiques. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, regrette le manque d’engagement du patronat sur les contreparties au pacte de responsabilité.

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Aides publiques :  

Manuel Valls installe, ce mardi 4 novembre, dans l’après-midi, un "Comité de suivi des aides publiques aux entreprises et des engagements", réclamé de longue date par les organisations syndicales. Composé d’économistes, de membres de l’administration, de parlementaires et de partenaires sociaux, il suivra non seulement l’utilisation du Crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice) dans les entreprises, l’avancement des négociations de branches sur les contreparties aux allègements de charges et de taxes du pacte de responsabilité, mais aussi, plus largement, l’utilisation de toutes les aides publiques par les entreprises. Histoire de vérifier qu’elles servent plus à l’emploi et à l’investissement, qu’aux rémunérations des actionnaires.

À quoi sert l’argent du pacte de responsabilité dans votre entreprise? À vous de nous le dire en répondant à notre enquête, ici.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, s’est réjoui de la mise en place de ce comité, mardi matin, au cours d’une rencontre avec l’Association des journalistes de l’information sociale (AJIS). "Depuis des décennies, nous manquons d’une évaluation de l’usage de l’argent public. À un moment où la dépense publique est comptée, c’est une bonne chose".

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Une double responsabilité, patronale et gouvernementale

Il dénonce, en revanche, le manque d’engagement des organisations patronales dans les négociations de branches sur les contreparties au pacte : "Dans certaines branches, notamment les banques, le patronat ne joue pas le jeu. Va-t-il continuer la politique de l’esquive, ne pas s’engager, notamment dans les secteurs qui bénéficient de beaucoup d’aides ? Le patronat doit faire attention de ne pas jouer contre son camp. Le montant des aides pour 2016 et 2017 n’est pas voté… J’attends du gouvernement qu’il soit ferme. Il mène une politique, il doit veiller à ce qu’elle soit respectée."

Pour le dirigeant de la CFDT, le contrôle des aides passe par le dialogue social, dans les branches, mais aussi dans les entreprises : "Il y a des endroits, très peu, dans lesquels on a eu un dialogue social sur le Cice, les employeurs étant tenus d’informer les comités d’entreprise de son usage. Mais c’est la première année, et les patrons n’ont pas l’habitude… Il y a une part de cynisme venant d'eux, certains n’ont pas la pratique du dialogue social et refusent d’informer leurs salariés. Le gouvernement doit faire respecter la loi."

Laurent Berger regrette que le patronat "passe plus de temps à contester les décisions inscrites dans la loi qu’à tenir ses engagements". Selon lui, plusieurs visions cohabitent au sein du patronat : "pour certains, cela se résume à être un lobby, sans s’enquiquiner du dialogue social et quitte à alimenter des positions politiques ; d’autres vantent les effets du dialogue social, y compris pour les bienfaits qu’il apporte à l’économie allemande, mais ils ne sont pas majoritaires ; et il y a ceux qui hésitent, et qu’il faut convaincre que le dialogue social est certes compliqué, mais nécessaire pour faire avancer notre économie". Une critique à peine voilée des propositions faites par les organisations patronales lors de la négociation sur la modernisation du dialogue social, plutôt mal engagée tant les positions sont éloignées.


Cécile Maillard

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