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L'Usine Agro

Agroalimentaire, automobile, énergie... Quels secteurs sont touchés par les gilets jaunes?

Simon Chodorge , , , ,

Publié le

Le 3 décembre, l'Association Nationale des Industries Alimentaires a chiffré l'impact du mouvement des gilets jaunes pour les entreprises du secteur agroalimentaire. L'ANIA parle de répercussions “catastrophiques et irrécupérables”. Les ventes automobiles et les pétroliers pourraient aussi être touchés par les blocages. 

Agroalimentaire, automobile, énergie... Quels secteurs sont touchés par les gilets jaunes?
Une manifestation de gilets jaunes à Vesoul (Haute-Saône).
© Obier / CC BY-SA 4.0

L’industrie commence à chiffrer l’impact du mouvement des gilets jaunes. Parties d’un mécontentement sur la fiscalité du carburant, les manifestations ont élargi leurs revendications. Elles ont aussi gagné en puissance, avec un samedi 1er décembre particulièrement marqué par les blocages et les violences. De quoi inquiéter les entreprises. Le lundi 3 décembre, l’Association Nationale des Industries Alimentaires (ANIA) a appelé le gouvernement à l’action. Et d’autres secteurs sont touchés par la crise sociale.

Dans un communiqué, l’ANIA parle de répercussions “catastrophiques et irrécupérables” pour les entreprises alimentaires. Les pertes pourraient aller jusqu’à 13,5 milliards d’euros selon elle et concerneraient principalement les PME. L’association insiste également sur l’importance de la période des fêtes de Noël pour le secteur, “qui pèse pour 20% du chiffre d’affaires annuel des entreprises”.

Impacts en amont et en aval de la filière agroalimentaire

Comment expliquer un tel impact ? L’ANIA liste les difficultés des entreprises liées au mouvement des gilets jaunes : désorganisation de la production ; désorganisation des relations avec la grande distribution avec des commandes annulées, des “coûts supplémentaires à la charge des entreprises avec des demandes de pénalités, des ruptures d’approvisionnement, des retards de livraison et des frais de re-livraison” ; destruction des produits frais dûe à la saturation des entrepôts…

Les exportations des entreprises agroalimentaires sont aussi menacées avec le blocage de certains ports. L’ensemble de la filière est concerné selon l’ANIA avec en amont un “impact direct sur l’approvisionnement et le stockage en matières premières agricoles” et en aval des conséquences pour la grande distribution qui commercialise 80% des produits alimentaires.

La FNSEA appelle à manifester

“Nous demandons aux pouvoirs publics que ces blocages cessent au plus vite et soient de toute urgence qualifiés de force majeure pour limiter l’impact des pénalités logistiques de la part de nos clients distributeurs”, déclare dans un communiqué le président de l’ANIA Richard Girardot.

Avec un mouvement très divers, la situation est parfois confuse et, malgré ces impacts, certains acteurs du secteur rejoignent les gilets jaunes. Le 3 décembre, le premier syndicat agricole, la FNSEA, a en effet appelé à manifester. "Nous serons dans la rue la semaine prochaine pour dire stop au matraquage des agriculteurs", a déclaré sur franceinfo Christiane Lambert, présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles.

Les ventes automobiles freinées par le mouvements des gilets jaunes ?

Le secteur agroalimentaire n’est pas le seul à se dire pénalisé par le mouvement des gilets jaunes. Le 1er décembre, le Comité des Constructeurs Français d'Automobiles a révélé une baisse des immatriculations de voitures en France pour le mois de novembre. Des chiffres en berne liés en partie à un ralentissement de la fréquentation dans les concessions selon certains analystes.

"La fréquentation dans les concessions, surtout situées dans les zones commerciales, et qui a lieu surtout le samedi, s'en est trouvée freinée", juge Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem de l'automobile. "Mais l'effet 'Gilets jaunes' s'ajoute aussi à un début de retournement de conjoncture."

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a aussi indiqué le 3 décembre que l'industrie automobile subissait "des pertes de commandes de véhicules" à cause des tensions sociales actuelles, citant Renault et Peugeot mais sans donner de chiffres.

Un porte-parole du CCFA a toutefois indiqué qu'il était impossible à ce stade de dire si les blocages routiers avaient eu un impact, et si oui de le quantifier. Un porte-parole de PSA a déclaré ne pas constater de perte de trafic à date, et que la marque Peugeot affichait au contraire une légère croissance de 2% de ses commandes par rapport à novembre 2017.

Le secteur de l’énergie est aussi touché par les actions de blocage. Le 3 décembre, plusieurs dépôts pétroliers ont été bloqués en Bretagne.

Simon Chodorge, avec Reuters

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2 commentaires

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04/12/2018 - 09h56 -

La taxation écologique est inéluctable", persiste et signe Brice Lalonde !!! Mais c'est pas vrai ! Les taxations ne sont nécessaires que parce que nous consommons des fossiles ou de l'atome ? Mais il est tout à fait possible de produire l'énergie dont nous avons besoin, en autonomie ! Ce qui manque c'est juste une volonté politique pour dégager des moyens.Parce qu'avec les renouvelables, nous avons le moteur, ce qui manque, c'est juste les moyens de stockage ! Moyens que je propose d'étudier sans succès depuis plus de dix ans ?
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04/12/2018 - 09h47 -

Qui sème le vent récolte la tempête ! Le pire dans tout ça ,c'est que cette crise qu'on doit aux multinationales, qui en délocalisant les emplois et entreprises, pillent les pays avec les bénédiction de l'Europe. Alors que le projet Européen était sensé garantir la paix en améliorant la vie des gens ? Mais les conséquences de cette chienlit, c'est ce qui reste de nos entreprises qui vont les subir ? Et ça c'est voulu par Macro !...La solution reste le Frexit ? ...avec l'Angleterre ?....les possibilités de marché s'agrandissent !
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