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L'Usine Aéro

Aéronautique : le spectre des (mauvaises) pratiques de l'automobile

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Aéronautique : le spectre des (mauvaises) pratiques de l'automobile © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

L’aéronautique est en train de changer de visage. Cette industrie se professionnalise à la vitesse grand V sous les coups de boutoir d’une demande qui semble insatiable. Songez qu’Airbus a, dans son carnet de commandes, 5 900 aéronefs et qu’il se fabrique deux avions par jour en France, alors qu’il y a dix ans il ne s’en fabriquait qu’un seul.

Le « gap » semble faible, il est énorme en réalité. En opérant cette montée en puissance, le secteur passe définitivement de l’ère artisanale à l’ère industrielle. Bonne nouvelle me direz-vous, enfin une industrie qui tourne ! Là ou cela se complique, c’est sur les conséquences de cette montée en cadence. Pressés de « délivrer » (comme on le dit en jargon industriel) les avions commandés, les donneurs d’ordres mettent une pression croissante sur les plus petits acteurs de la filière. Ces derniers, plus habitués aux petites séries, peinent à suivre le rythme en termes de délais, de coûts et de qualité. Et l’on voit alors ressurgir le spectre de mauvaises pratiques issues de l’automobile, où un bon acheteur se mesurait à l’épaisseur de sang (de fournisseurs) qu’il laisse sur les murs comme le disait Jean-Claude Volot, l’ancien médiateur de la sous-traitance.

Nous n’en sommes pas encore là dans l’aéronautique, mais certains témoignages laissent penser que l’on en prend le chemin, comme le montre l’enquête de notre journaliste Olivier James [lire en page 30]. Ce n’est ni la bonne stratégie ni la bonne méthode. Il suffit pour cela de regarder ce que sont devenus les sous-traitants de la filière automobile française. Ils ont été décimés… Ce que vit l’industrie aéronautique est exceptionnel. Mais cette réussite ne doit pas tourner la tête des entreprises du secteur. Elle les oblige au contraire à plus de responsabilités, singulièrement vis-à-vis des fournisseurs. L’esprit qui habite cette filière ne doit pas disparaître. Certes, elle doit se professionnaliser, mais pas à n’importe quel prix. Pas au prix de la destruction de savoir-faire, comme cela fut le cas, encore une fois, dans l’automobile. La croissance est là, le gâteau grandit. Il faut apprendre à le partager en produisant mieux, pas en produisant moins bien.

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