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Accès aux données, absence de licorne… Les entrepreneurs de la French Tech inquiets face à Emmanuel Macron

Marine Protais , ,

Publié le

Emmanuel Macron s'est rendu à Station F mardi 9 octobre pour répondre aux questions des entrepreneurs. Aucune réelle critique ne lui a été adressée, mais quelques inquiétudes ont émergé autour de l’accès aux données, l’Urssaf et les levées de fonds.

Accès aux données, absence de licorne… Les entrepreneurs de la French Tech inquiets face à Emmanuel Macron
Emmanuel Macron a répondu aux questions de la "start-up nation" mardi 9 octobre à Station F.
© Marine Protais

Pas d’annonce sur le remaniement du gouvernement mardi 9 octobre. Mais une longue séance de questions réponses entre Emmanuel Macron et les entrepreneurs de la French tech. Le Président de la République et le secrétaire d’Etat au numérique, Mounir Mahjoubi, se sont rendus à Station F, l’accélérateur parisien géant créé par Xavier Niel, pour s’entretenir avec quelques 2 000 entrepreneurs et investisseurs.

"Je suis très heureux de vous retrouver, vous m’avez manqué", a dit le Président de la République à un public qui l’avait déjà accueilli lors de l’inauguration de Station F. L’ambiance était moins extatique qu’il y a un an, mais les entrepreneurs semblaient aussi ravis de retrouver le Président (malgré les deux heures d’attente)... à en juger par les applaudissements, les sourires aux lèvres et le nombre de smartphones brandis pour prendre des photos du chef d’Etat déambulant sur une scène tout en longueur, façon podium de défilé. 

Le chef de l’Etat a profité de sa venue pour annoncer la simplification des procédures du French Tech Visa pour faciliter l'embauche

de salariés étrangers par des salariés. Mounir Mahjoubi a par ailleurs annoncé la création de "communautés French Tech" pour les petites villes et d’un "capital French tech" pour les grandes villes. Au-delà de ces quelques annonces, Emmanuel Macron a surtout tenu à répondre aux nombreuses interrogations des start-uppers – difficile de compter le nombre de mains levées pour espérer interroger le Président. Aucune réelle critique n’a été émise, mais les questions posées par l’assemblée illustraient quelques-unes des inquiétudes des jeunes pousses.

Accès aux données

La fondatrice de I Wheel Share, un chatbot pour aider les handicapés à trouver des endroits accessibles , a fait part de sa difficulté à accéder aux données "d’intérêt général", sous les applaudissements du reste du public. Ce à quoi le Président de la République a répondu que des textes étaient passés et il s’engageait à ce qu’il soit promulgué le 1er janvier 2019. Avant d’ajouter "Plus les données sont personnelles, plus il faut s’engager dans un cahier des charges pour encadrer leur accès. C’est aussi pour vous protégez vous. Car si on ouvrait tout, cela pourrait créer des risques demain (…)".

Accès aux fonds

Plusieurs entrepreneurs ont souligné les problèmes des start-up françaises à trouver des investissements. Un entrepreneur de la deeptech a notamment regretté l’absence de licornes françaises dans son secteur. "Si on veut vous aider, il faut vous aider à avoir un marché pas seulement français, mais européen. On est en train de mener une bataille pour cela. (…) Si l'on s’y prend bien, la France est un pays de la deep tech et de l’intelligence artificielle dans les cinq, dix prochaines années. On a tout ce qui permet de réussir", a répondu Emmanuel Macron.

Dans la même veine, le fondateur de la start-up Eldorado a souligné la nécessité de trouver des investisseurs aux premiers stades de développement d’une start-up. "Comment faire pour ramener les capitaux aux investissements early stage ?" a-t-il demandé au chef de l’Etat. "Il y a un acteur français qui a un rôle structurant c’est Bpifrance qui co-investit aux côtés de business angels. (…) Et la réforme pour favoriser l’investissement nous l’avons faite, c’est la réforme de l’ISF", répond Emmanuel Macron.

Les difficultés à recruter (à cause de l’UrsSaf selon un entrepreneur)

"Pour lever des fonds, on a besoin d’hommes et de femmes. Quand je veux recruter une personne, mon pire ennemi c’est l’Urssaf", a interpellé un entrepreneur. "L’Urssaf, c’est votre amie", a rétorqué le chef de l’Etat, qui en a profité pour défendre le système de protection sociale français. "Le jour où vous êtes malade, vieux et au chômage (...) C'est grâce à l'Urssaf que vous payez parfois zéro dans beaucoup de ces situations", a poursuivi le chef de l'Etat.

"Contrairement aux Etats-Unis, à l'Inde et beaucoup de pays fascinants de prime abord quand on parle de levées de fonds ou autre"; il a invité les entrepreneurs à comparer les salaires entre pays en prenant en considération "un coût de la vie" où sont inclus "les risques du quotidien".

Le manque de mixité et de diversité dans la French tech

Mounir Mahjoubi a fait de la mixité et de la diversité dans la tech l’un de ses leitmotivs depuis son arrivée au gouvernement. Le sujet a aussi fait réagir le public de Station F. "Qu’est-ce qu’on fait ?", s’est interrogé une représentante de Capgemini, inquiète de voir si peu de femmes dans la Tech. "J’ai promulgué la loi sur l’Egalité femmes-hommes pour les salaires, qui maintenant n’est plus seulement une obligation formelle, mais une réelle obligation. Cela va être une révolution." Avant d’inviter les entreprises et l’ensemble de la société à faire évoluer les mentalités. "Ce n’est pas le Président tout seul qui peut changer ça."

Inciter les grands groupes à changer

Un entrepreneur qui développe des solutions pour permettre aux entreprises de faire des économies d’énergie s’est demandé comment faire en sorte que les entreprises aillent réellement vers la transition énergétique et éviter que "les lobbies gagnent comme pour le glyphosate". "C’est trop facile de dire que les lobbies ont gagné, je ne suis pas d’accord", répond Emmanuel Macron avant de faire une annonce assez inattendue : créer "une start-up d’Etat" pour donner de la visibilité aux agriculteurs qui abandonnent le glyphosate. "Créons une start-up d'État, qu'on va incuber, on va voir comment on l'appelle (…) On fera l'annonce dans quelques jours ou quelques semaines", a ainsi annoncé le Président. Encore un autre sujet...

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