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L'Usine de l'Energie

A VivaTech, trois start-up qui veulent soigner le climat

Nathan Mann , , , ,

Publié le

Lors de l'édition 2019 de Viva Tech, l'angoisse climatique a suscité discours enflammés et innovations. Capturer le carbone de l'air, fabriquer du béton sans émissions, capter l'énergie des vagues... Tour d'horizon de quelques propositions pour le futur du climat .

Au milieu de l'IA et l'IoT, la crise climatique fait partie des premières préoccupations des exposants et visiteurs du salon Viva Tech. Rassemblés autour du mot d’ordre de la "Tech for good", conférenciers, start-up et industriels présentent leurs scénarios pour un monde plus responsable et sans carbone.

En termes de "Green Tech", entre solutions d’économie d’énergie et agriculture intelligente, on croise en vrac mobilier urbain solaire (Seedia), recyclage intelligent (Bin-e) et plantes bioluminescentes (WoodLight). Jeudi 16 mai après-midi, sur la scène Y, l’architecte Stefano Boeri a expliqué comment le design urbain pouvait couvrir les villes d’arbres, et des start-up discutaient les modalités d’un  "monde sans fossiles".

Signe de l’ambiguïté des temps, à l’entrée de l'espace dédié aux journalistes se dressait le projet "e Tree", un arbre de panneaux solaires conçu par Solar TRee Europ et fournissant eau, lumière... et wifi. Sur sa base, la mention “le premier qui capte l’énergie du soleil“ laissait planer un doute entre ironie et greenwashing, tendance pointant parfois entre les stands.

Dans le salon pourtant, nombreuses étaient les vraies innovations souhaitant aider à résoudre la crise climatique et à rester en dessous de 1,5°C de réchauffement , qu’il s’agisse de réduire les émissions de dioxyde de carbone ou même de les capter directement dans l’air.

Eco Wave Power (Suède) – Mobiliser l’énergie des vagues

Dans le mix électrique mondial, le pétrole et le gaz restent les deux principales sources de production d’électricité alors que selon le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), en 2050, 75 à 80% de l’électricité mondiale devrait provenir de sources renouvelables pour conserver de bonnes chances de ne pas dépasser 1,5°C de réchauffement climatique. Comme son nom l'indique, c'est sur l'énergie des vagues que mise Eco Wave Power.

Avec une centrale en fonctionnement et connectée au réseau électrique de Gibraltar, la start-up suédoise, fondée en 2011 en Israël, et qui compte entrer à la bourse de Stockholm à l'été 2019, est déjà bien partie. Son idée est simple : des flotteurs, posés sur des infrastructures côtières et oscillant de bas en haut avec le mouvement des vagues, reliés à des centrales pour transformer cette énergie cinétique en électricité.

Être sur la rive et non pas au large favorise grandement les réparations et la maintenance“,  explique-t-on sur le stand, en vantant être la seule entreprise de production d’électricité houlomotrice à proposer ce type de solution. Et construire sur des infrastructures déjà existantes comme des digues ou pontons diminue les coûts. L’entreprise affirme que cette technologie peut ainsi produire à des coûts compétitifs (à partir de 42 € par MWh) et sans impact environnemental. Pour l’instant, les installations de Gibraltar n’atteignent que 100 kW mais les plans d’expansion prévoient de monter à 5 MW et de répondre à 15% des besoins en électricité de la ville.

Materr’Up (France) – produire du béton bas carbone

Les combustibles fossiles ne sont pas les seuls coupables du réchauffement climatiques et pour réussir la transition énergétique, il sera nécessaire d’adapter les processus industriels. Sur ce point, la question du béton est centrale puisqu’on lui attribue entre 4 et 8% des émissions de CO2 dans le monde, au point que le journal britannique The Guardian l’a récemment adoubé "matériau le plus destructeur au monde".

En cause : la fabrication de cette ressource, dont la solidité, la facilité d’utilisation et l’abondance l’ont rendu globalement utilisée dans la construction. Ainsi, la cuisson de sa matière première, le clinker, entraîne une décarbonatation et un dégagement d’importantes quantités du gaz réchauffant.

Un problème que les deux frères fondateurs de la jeune start-up landaise Materr’Up – qui souhaite démarrer sa production en 2020 – aspirent à résoudre en proposant un béton bas carbone comme alternative. Fabriqué à partir d’argile de carrière et de terres d’excavation argileuses, utilisant les outils existant de l’industrie bétonnière et sans cuisson, ses fondateurs affirment que leur technologie Crosslinked Clay Cement produirait un liant émettant 80% de gaz à effet de serre en moins qu’un ciment conventionnel.

Cette technologie serait d’autant plus douce pour le climat que “nos bétons sont produits sur place, donc sans transport, et ont des propriétés rafraîchissantes, limitant la consommation d’énergie l’été“, explique Charles Neuville, co-fondateur de la start-up. Elle permet aussi de “valoriser les terres excavées en matériaux bas-carbone à haute valeur ajoutée“, notamment dans les régions argileuses ayant une tradition de construction en terre-crue, autour de Grenoble, du bassin parisien et dans le Sud-Ouest, ajoute Mathieu Neuville, second cofondateur de l’entreprise.

Climeworks (Suisse) – Capturer le carbone et inverser le changement climatique ?

Sur scène, face aux huit personnes timidement levées, le conférencier fait un constat habituel : peu de gens connaissent la technique de "capture directe dans l’air" (Direct Air Capture) que son entreprise développe pour limiter le dérèglement climatique. Pourtant, le GIEC a montré fin 2018 que des "émissions négatives“ – la captation de carbone atmosphérique – serait nécessaire pour ne pas dépasser la fatidique barre des 1,5°C en 2100, et pour l’instant, les émissions ne s’inversent pas. Que faire alors ? Retirer le carbone de l’atmosphère une fois celui-ci émis. Certes, les arbres feront le gros du travail, mais les forêts ont besoin de place, rappelle Daniel Egger – chef du service marketing de Climeworks – alors que les machines développées par son usine, elles, s’empilent.

Le principe est simple : dans des collecteurs métalliques cubiques, de deux mètres de côté, un matériau filtrant – basique – se lie au CO2 , qui réagit comme un acide. Une fois saturé, le cube est chauffé afin de récupérer du CO2, qui sera ensuite stocké dans le sol, transformé en carburant synthétique neutre en carbone, ou bien utilisé comme fertilisant dans des serres agricoles. Voire même réutilisé dans les boissons pétillantes de Coca-Cola. L’entreprise, qui est née en 2009, possède aujourd’hui 14 centrales. La plus importante, près de Zurich, retire 1000 tonnes de CO2 par an. Mais la généralisation ne sera pas simple : le processus reste énergivore (2500 KWh par tonne de CO2) et sans taxe carbone, il lui reste à trouver son marché.

Nous souhaitons capturer 1% des émissions de CO2 d’ici à 2025, ce qui représente 318 millions de tonnes chaque année“,  explique à L'Usine Nouvelle Daniel Egger, qui reconnaît un objectif “ambitieux“. Face aux inquiétudes relatives à l’inaction que pourrait favoriser une telle technologie, il se veut rassurant : l’entreprise refuse toute opération de greenwashing avec des firmes engagées dans les énergies fossiles et “l’objectif de 1% montre aussi que la capture directe dans l’air n’est pas une solution miracle […] capturer les 40 milliards de tonnes de carbone que nous émettons chaque année aujourd’hui, ce n’est pas réaliste, nous devons réduire les émissions de CO2“.

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