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A Saint-Omer, les Territoires d'industrie sont "tombés à pic"

Solène Davesne ,

Publié le

Reportage Dans les Hauts-de-France, entre Saint-Omer (Pas-de-Calais) et Hazebrouck (Nord), élus locaux et industriels  espèrent profiter de leur labellisation comme Territoire d'industrie pilote pour accélérer leur transformation numérique. 

A Saint-Omer, les Territoires d'industrie sont tombés à pic
Wizpaper a repris l'ancienne papeterie d'Arjowiggins à Wizernes pour fabriquer du carton pour le e-commerce

"La démarche des Territoires d’industrie est tombée à pic. On la voit comme un coup d’accélérateur", se félicite Pascal Codron, le vice-président en charge de l’économie de la communauté de communes de Flandre intérieure. Dans les Hauts-de-France, l’intercommunauté et sa voisine de Saint-Omer (Pas de Calais) ont été retenues parmi les 136 "territoires d’industrie", sur lesquels l’Etat a prévu de concentrer 1,3 milliard d’euros. Comme la vingtaine d’autres territoires pilotes, ils devaient présenter à Matignon le 21 mars leurs projets d’actions, en présence de lycéens.

Ne pas se fier au paysage bucolique de la campagne flamande, parsemé de longères en brique rouge. Ici l’industrie pèse toujours 29 % de l’emploi privé, dans un bassin de 200 000 habitants semi-rural. Bonduelle y a son usine historique. Longtemps, l’activité a été dominée par Arc international, l’immense verrerie implantée près de Saint-Omer. En quinze ans, ses effectifs ont fondu de 11 000 à 5 000 salariés. Même si le taux de chômage n’a pas flambé et reste inférieur à la moyenne des Hauts-de-France, élus et entreprises ont dû rapidement se retrouver autour de la table, pour accélérer la diversification du tissu industriel local.

Une gare transformée en espace de coworking

"Dans la région, il existe une tradition de coopération entre monde politique et entreprises", confirme François Motte, patron d’une PME de serrurerie et président de SOFIE, l’agence de développement économique commune de la Flandre et de Saint-Omer, ravi de la méthode nouvelle impulsée par la démarche des Territoires d'industrie, "avec des navettes permanentes rapides alors que d'habitude l'Etat propose tout". C’est ce qui explique la mobilisation rapide des acteurs locaux. Une bonne partie des actions proposées dans la feuille de route, qui doit être contractualisée dans les prochaines semaines, étaient déjà été engagées. Dans la gare de Saint-Omer, rachetée par l’agglomération, un espace de co-working et de fablab, baptisé " la station" doit ouvrir en novembre. Objectif : créer un lieu d’émulation et accélérer la transformation numérique des entreprises.

"La mono-industrie a beaucoup paralysé la dynamique d’innovation", reconnaît Jean Betremieux, le directeur de l’action économique de la communauté d’agglomération du pays de Saint-Omer. Pour faire fonctionner la structure, les acteurs locaux n’ont pas tant besoin de ressources financières que de moyens humains. "Il faudrait une permanence de Business France pour encourager l’export des PME et leur éviter de toujours se rendre à Lille. On pourrait aussi mettre en place des financements pour soutenir les projets de start-up qui émergeront", énumère Jean Betremieux.

Un soutien pas uniquement financier

L’autre grand enjeu, c’est d’attirer les compétences, malgré l’attractivité de la métropole lilloise à moins d’une heure de route. Depuis deux ans, une large concertation a été menée entre lycées professionnels, l’école d’ingénieur de Saint-Omer et les entreprises pour établir une stratégie de formation. "L’objectif était de comprendre où étaient les manques et de construire une filière au plus près des besoins des entreprises", souligne Christophe Soudans, le proviseur du lycée professionnel du pays de Saint-Omer. Résultat de cette démarche : une formation bachelor "industrie et numérique" doit ouvrir en septembre. Une antenne de l’université du littoral devrait aussi être créée. Le territoire espère aussi obtenir le soutien de l’Etat pour créer un campus des métiers à Saint-Omer et une école de production à Hazebrouck.

Mais le soutien qu’attendent les industriels locaux va effectivement au-delà des enjeux financiers. Dans la vallée de l’Aa, l’ancienne usine papetière d’Arjowiggins en est un bon exemple. Trois ans et demi après son arrêt, le site a été reprise en septembre par Wizpaper, un imprimeur local. La première bobine de carton, destinée à la fabrication de carton ondulé pour le e-commerce devrait sortir fin mai de l’immense machine à papier. Des 320 salariés du site, 25 ont été réembauchés. "Lors du rachat, nous avons reçu un soutien fort de la Région, de l’agence de développement économique et de l’Etat", confirme Henri Breban, le patron de Wizpaper. Pour accélérer l’examen des demandes d’implantation, les collectivités locales et la sous-préfecture ont institué des réunions informelles régulières. "On en a fait un atout. Mais rien ne dit qu’on réussira à maintenir notre fonctionnement si le sous-préfet change", souligne Jean Betremieux, dont le territoire a attiré ces dernières années la brasserie la Goudale et une entreprise belge cultivant des tomates sous serre. Dans le cadre des territoires d’industrie, les acteurs locaux espèrent voir la pratique institutionnalisée.

Des zones industrielles vertes

Autres priorités identifiées : l’accélération du déploiement de la fibre dans les zones rurales et le développement de zones industrielles durables, économes en énergie et zéro déchet. La réflexion avait été lancée dans le cadre de la réflexion autour de la troisième révolution industrielle lancée par la Région depuis 2013. "Il nous faudrait un soutien en ingénierie pour aménager ces zones. Mais cette démarche permet aussi d’attirer les salariés, en donnant du sens à leur travail", reconnaît Pascal Codron. 

De quoi transformer le territoire ? "On n'aboutira à du concret que si l'Etat ne cherche pas à rentrer dans les cases de son catalogue classique d'interventions", prévient Jean Betremieux. 

 

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