Economie

A l'approche de l'échéance présidentielle, Bpifrance réaffirme son rôle dans l’économie

Arnaud Dumas

Publié le

La banque publique d’investissement a continué sa progression en 2016. Elle a injecté 24,4 milliards d’euros dans l’économie française en aides, prêts, garanties et fonds propres.

A l'approche de l'échéance présidentielle, Bpifrance réaffirme son rôle dans l’économie

La possibilité d’une alternance présidentielle ne semble pas effrayer Bpifrance. "Cet outil est reconnu et plébiscité par les entreprises, affirme crânement Nicolas Dufourcq, son directeur général. La voix du client est incomparable !"

Et sur l’année 2016, la banque publique a continué son travail d’irrigation de l’économie française. "Si on totalise le financement et l’investissement en fonds propres, 24,4 milliards d’euros ont été injectés dans l’économie en 2016, contre un peu plus de 21 milliards d’euros en 2015", annonce Nicolas Dufourcq. Dans les locaux parisiens de la banque publique d’investissement, le directeur général de Bpifrance énumère ses différents métiers, pratiquement tous en croissance.

Ses métiers en forte progression

Le volume des prêts bancaires garantis par les mécanismes de Bpifrance a augmenté de 4 %, pour atteindre 8,4 milliards d’euros. Les crédits accordés par la banque publique bondissent eux-aussi. Notamment les demandes de préfinancement du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), qui progressent de 20 %. Les crédits d’investissement augmentent, eux, de 10 % au global, et de 20 % pour les seuls prêts sans garantie. Les encours de financement de l’innovation, la seule activité non rentable de la banque publique car basée en grande partie sur des subventions, restent stables à 1,289 milliards d’euros (-1 %).

L’année 2017 devrait encore voir une progression des crédits de Bpifrance, notamment parce qu’elle veut renforcer le financement de l’export. Son offre de crédit acheteur, pour financer les entreprises étrangères souhaitant acheter du matériel d’exportateurs français, lancée il y a un peu plus d’un an, doit monter en puissance. Après 30 millions d’euros de prêts consentis en 2016, elle doit atteindre 150 millions d’euros en 2017. S’ajoute également la nouvelle activité d’assurance-crédit reprise à Coface début janvier 2017. "Nous voulons doubler le nombre de PME ayant recours à l’assurance export, qui était jusqu’à maintenant beaucoup tournée vers les grands comptes", souligne Nicolas Dufourcq.

2,4 milliards d’euros investis en capital

Côté investissement en capital, la banque publique a également explosé les compteurs en 2016, avec 2,4 milliards d’euros investis dans le capital des entreprises. Aussi bien pour l’investissement indirect dans d’autres fonds d’investissement, activité qui progressent de 41 % (729 millions d’euros investis dans 41 véhicules), que pour l’investissement en direct, via les fonds gérés par Bpifrance.

Avec plus de 1,6 milliard d’euros investis dans 195 entreprises, Bpifrance enregistre une hausse de 46 % de cette activité. La progression est due notamment à l’activité "mid et large cap", héritée du Fonds stratégique d’investissement (FSI) et qui concerne les grandes entreprises. Quelques gros investissements ont tiré cette activité. Comme la montée dans le capital de Vallourec en début d’année pour 219 millions d’euros. "Nous sommes dans notre rôle d’actionnaire stratégique en capital patient dans les entreprises françaises connaissant une passe difficile", explique Nicolas Dufourcq. Mais aussi l’opération de soutien à la fusion entre Technip et FMC, dans laquelle Bpifrance a misé 390 millions d’euros.

Poursuite de la stratégie d’accompagnement

Enfin, la banque publique a continué de renforcer sa stratégie d’accompagnement des chefs d’entreprise en leur proposant des offres de conseil, de formation et de mise en réseau. Bpifrance affirme avoir accompagné 5500 entreprises en 2016 et compte atteindre 6500 entreprises en 2017. Notamment en déployant cette offre en région. Cinq régions sont en train d’étudier la possibilité de mettre ne place un accélérateur d’entreprise, sur le modèle des accélérateurs de start-up, PME et ETI de Bpifrance. La région Pays-de-la-Loire devrait lancer le sien au premier semestre 2016.

Cette croissance s’est faite en maîtrisant les charges de fonctionnement de la banque n’a pas manqué de souligné le directeur général. Un moyen de répondre au rapport de la Cour des comptes sorti en novembre dernier et qui jugeait les charges d’exploitation trop élevées. "Nous maîtrisons nos charges, martèle Nicolas Dufourcq. Nous faisons beaucoup d’effort de productivité, nous avons lancé des chantiers "lean" et notre coefficient d’exploitation est très faible à 56,7 % en 2016. Nous sommes une banque très frugale."

 

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