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A Hagondange, la CGT appelle l’Etat à s’engager vis-à-vis de la filière sidérurgique

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Reportage Devant le site Ascometal à Hagondange, comme à l'échelle nationale, des salariés de la métallurgie se sont réunis jeudi 15 mars en réponse à la mobilisation décrétée par la CGT. Le premier syndicat du secteur entend peser sur les projets du repreneur d’Ascometal. Et dénonce les négociations en cours sur la convention collective unique de la filière.

A Hagondange, la CGT appelle l’Etat à s’engager vis-à-vis de la filière sidérurgique
A Hagondange, devant le site d'Ascometal, la CGT s'oppose à la convention collective sur la métallurgie
© Philippe Bohlinger

"Nous demandons une maîtrise publique de la filière sidérurgique française", martèle Yann Amadoro, délégué syndical CGT devant les grands-bureaux d’Ascometal à Hagondange (Moselle). Environ 150 salariés de la métallurgie s’y étaient donné rendez-vous ce jeudi 15 mars, en réponse à la mobilisation nationale décrétée par la CGT. Selon la centrale, première organisation du secteur, ils étaient 2 000 au total à manifester sur les sites de Valenciennes (Nord), Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) et Hagondange.

Leur mobilisation visait notamment à attirer l’attention sur la situation des anciens sites Ascometal inclus ou non dans le plan de reprise par le suisse Schmolz + Bickenbach. En effet, l’avenir d’Ascoval à Saint-Saulve (Nord), l’ex filiale d’Ascometal et de Vallourec non reprise par le groupe suisse, apparait incertain. Le groupe suisse prévoit par ailleurs les fermetures du train à fil à Fos-sur-Mer, du laminoir des Dunes (Nord) et de l’aciérie d’Hagondange. Au-delà du dossier Ascometal, la CGT entendait également mettre le doigt sur les conséquences sociales des opérations de fusion entre Tata Steel et Thyssen Krupp Steel et de rachat d’Ilva par ArcelorMittal.

Relancer la filière liquide à Florange

A Hagondange, les salariés redoutent, avec la suppression programmée de leur aciérie à l’horizon 2019, un scénario du type Le Cheylas (Isère). En effet, pour les représentants syndicaux, l’arrêt de l’aciérie iséroise d’Ascométal en 2008 avait signé l’arrêt de mort de l’usine définitivement fermée il y a trois ans. L’aciérie d’Hagondange est la dernière encore activité en Moselle.

Parallèlement, la reprise modeste observée en Europe dans le secteur de l’acier nourrit les espoirs des salariés de la métallurgie. A Hagondange, le secrétaire de l’union départementale CGT de Moselle, Dimitri Norsa a appelé "à la réouverture de la filière liquide à Florange pour des raisons industrielles, mais aussi environnementales". Le représentant estime que cette réouverture permettrait de répondre aux nouveaux besoins d’ArcelorMittal. Le sidérurgiste a en effet annoncé en juillet 2017 un programme d’investissement de  67 millions d'euros pour transformer une ligne d'électro-zingage en ligne de galvanisation à Florange.

"Un processus au long cours", défend le Medef Grand-Est

Venu à Hagondange soutenir ses camarades, le secrétaire général adjoint de la Fédération des travailleurs de la métallurgie CGT, Stéphane Flégeau, a dénoncé les négociations en cours sur la convention collective. Celle-ci vise à fusionner les 76 conventions collectives de la métallurgie dans une seule.

Sur ce dossier, Denis Renaud, administrateur du Medef Grand-Est et gérant d’une tréfilerie à Flin (Meurthe-et-Moselle) estime que la CGT réalise une démonstration de force vis-à-vis des autres organisations syndicales et patronales. Les négociations débutées en juin 2016 "demeurent des processus au long cours", insiste-t-il. Elles doivent conduire à l’horizon 2019 à des accords sur une dizaine de thèmes (temps de travail, protection sociale, rémunération, etc.). En novembre 2017, les discussions ont achoppé sur la "classification", autrement dit la question de rémunérer les personnes en fonction de l’emploi occupé ou de leurs qualifications/diplômes.

Favorable à une convention unique, le dirigeant s’inquiète toutefois pour les entreprises frontalières du Grand-Est confrontées au dumping social exercé par leurs concurrentes étrangères pour attirer la main d’œuvre. "Face à cela, certaines conventions collectives locales garantissent des rémunérations effectives supérieures à d’autres départements", précise-t-il.

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