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À Angers, le Davos de l'électronique

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Innovation Le World electronics forum a été l’occasion pour les start-up et les industriels français du numérique de tisser des partenariats internationaux.

À Angers, le Davos de l'électronique
Benjamin Griveaux, le secrétaire d’État à l’Économie, en visite au WEF le 26 octobre (face au robot).

Cest la consécration pour Angers. Du 24 au 28 octobre, la métropole du Maine-et-Loire a accueilli le World electronics forum (WEF). C’est la première fois que ce prestigieux événement, qui fait office de Davos de l’électronique, se déroule en France et la deuxième fois en Europe, après Londres en 2005. Il a attiré une centaine de délégués des fédérations de l’industrie électronique de 27 pays, dont les États-Unis, la Chine, l’Inde, les Philippines et le Cameroun. Pendant près d’une semaine, la cité angevine a été la capitale mondiale de l’électronique. L’événement est si exceptionnel que trois membres du gouvernement ont fait le déplacement : Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État chargé du Numérique, Benjamin Griveaux, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, et le Premier ministre, Édouard Philippe. De quoi réconforter Christophe Béchu, le maire et président de l’agglomération d’Angers, qui s’est démené pour attirer le WEF dans sa ville. « Ce n’était pas gagné, concède-t-il. Après Singapour en 2016, cela paraissait impossible. À force d’initiative et d’audace, nous avons gagné. »

L’Ouest, territoire d’innovation

Habituellement, le WEF se tient dans l’un des deux pôles de l’électronique mondiale, les États-Unis et l’Asie. Le choix de la France et d’Angers a de quoi surprendre. Certes, le territoire angevin a été le berceau de l’électronique dans le Grand Ouest avec des entreprises comme Thomson dans la télévision, Motorola dans l’électronique automobile, Bull dans l’informatique et Packard Bell dans les micro-ordinateurs. Mais cette production a presque disparu, et l’industrie des équipements des télécoms, qui faisait la prospérité des régions Pays de la Loire et Bretagne, a périclité. Le territoire angevin a néanmoins réussi à se relever à la faveur de la vague de l’internet des objets et de l’industrie du futur. En témoigne la Cité de l’objet connecté inaugurée à Angers en juin 2015 pour servir de vitrine du savoir-faire des acteurs locaux dans ce domaine.

Une importante filière de services de conception et fabrication électroniques a également émergé, avec deux sociétés stars, Eolane et Lacroix, qui figurent parmi les quatre plus gros sous-traitants électroniques français. L’écosystème angevin de l’électronique et du numérique compte 900 entreprises représentant 7 000 emplois et un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros. S’y trouvent des industriels leaders comme Evolis dans les imprimantes de cartes à puce et Bull, du groupe Atos, dans les supercalculateurs.

« Angers a été choisi à l’unanimité par les délégués du WEF, précise Vincent Bedouin, le patron de Lacroix et président de We Network, un réseau qui fédère la filière électronique dans le Grand Ouest. C’est le résultat d’un paradoxe. La France est perçue à l’étranger comme un pays n’ayant plus d’industrie, mais comme un modèle d’innovation. En témoigne son contingent de start-up présentes au Consumer electronics show de Las Vegas, le deuxième après celui des États-Unis. Les délégués du WEF sont intrigués. Ils sont venus par curiosité voir comme un pays sans industrie peut être aussi innovant. » C’est pourquoi l’un des temps forts de l’événement a été la présentation de sept démonstrations d’usages intelligents, véritable vitrine du savoir-faire de l’écosystème angevin dans l’internet des objets dans sept secteurs d’application : l’agriculture, la santé, l’habillement, la sécurité, la mobilité, l’énergie et la domotique. Chaque démonstration a été concoctée par un pôle de compétitivité. L’autre temps fort réside dans l’espace start-up Camp inauguré par Benjamin Griveaux. Il a réuni 40 start-up innovantes de l’internet des objets, dont 13 issues de la région Pays de la Loire. Pour elles, c’était l’occasion de valoriser leurs innovations, de s’offrir une visibilité internationale et de nouer des contacts en vue de partenariats.

Se mettre à l’heure de l’industrie 4.0

L’industrie du futur a également été au rendez-vous, avec la discussion de la feuille de route de la filière électronique d’ici à 2020 pour se mettre à l’heure de l’industrie 4.0 et améliorer la collaboration entre grandes entreprises et start-up. « La vague de l’internet des objets industriel offre une opportunité inouïe, souligne Vincent Bedouin, qui coordonne depuis plusieurs mois ce plan d’action au sein de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication. Mais pour en profiter, notre filière doit se transformer en embrassant la révolution de la data et de l’intelligence artificielle. » Le livre blanc, réalisé par le cabinet Roland Berger, a été remis au Premier ministre. Avec l’espoir d’obtenir le soutien de l’État, estimé par Vincent Bedouin à quelques millions d’euros. 

« Une opportunité fantastique pour nos entreprises »

Christophe Béchu, maire et président de l’agglomération d’Angers

  • Comment vivez-vous le fait d’être l’hôte du WEF ?

Cela me procure fierté et satisfaction, et en même temps une certaine humilité. Je ne le fais pas uniquement par chauvinisme. Je suis convaincu que c’est utile pour mon territoire où il y a des compétences, des talents et une histoire avec l’électronique. Pour les entreprises partenaires, c’est une fantastique opportunité de développement. Cela s’inscrit dans une stratégie, celle de rendre visibles nos forces. C’est l’occasion de sortir de notre traditionnelle discrétion et de bénéficier d’un rayonnement international. Si vous ne faites pas le buzz, vous n’existez pas sur la carte de France, et si vous n’existez pas sur la carte de France, on ne pense pas nécessairement à vous pour implanter une usine, conclure un partenariat ou tester un produit.

  • Quelles retombées en attendez-vous ?

Il y en a au moins une retombée locale, celle de faire parler de nous. La venue de trois membres du gouvernement, la présence des congressistes et de beaucoup de patrons d’entreprise… Autant d’éléments qui montrent qu’en termes de visibilité, nous marquons des points. Les entreprises du territoire devraient bénéficier du WEF en tissant des partenariats. Nous espérons que les entreprises étrangères venues à l’événement mettront l’Ouest de la France sur leur carte de possibles implantations.

  • Vous avez reçu la visite d’Édouard Philippe. Quel message lui avez-vous transmis ?

Le contexte politique est favorable. Nous sommes au début du mandat présidentiel. J’ai transmis deux messages à Édouard Philippe. Tout d’abord, je lui ai demandé d’expliquer comment il compte soutenir la compétitivité des entreprises. C’est maintenant qu’il doit le faire parce que le gouvernement est perçu favorablement à l’étranger. On l’a senti dans les échanges avec les congressistes du WEF. En revanche, si le gouvernement ne libère pas le travail et ne va pas au bout des réformes améliorant la compétitivité des entreprises, la déception risque d’être proportionnelle aux attentes. Les autres pays nous regardent et attendent les mesures qui indiquent que nous soutenons ceux qui créent la richesse. Nous en avons besoin, moins à l’échelle de notre pays que pour envoyer des messages forts au reste du monde. Angers, la 20e ville de France, a décidé de faire preuve d’audace en accueillant le WEF. J’ai aussi demandé au Premier ministre de nous aider à prendre des initiatives et de nous encourager dans cette démarche. Nous avons besoin de liberté, de capacité d’expérimentation, d’audace. Car cela bénéficiera à nos entreprises.

  • Qu’entendez-vous par audace ?

On peut se dire que ce n’est pas le rôle du maire d’aller à Singapour [la ville qui avait accueilli le WEF en 2016, ndlr] plaider la cause de sa ville. Après tout, c’est le job des chefs d’entreprise. J’aimerais bien que l’on ne se fixe pas de règles qui, pour réduire les dépenses publiques, nous empêcheraient de prendre des initiatives. 

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