L'Usine Energie

4,9 milliards d’euros de pertes provisoires pour Areva

, , ,

Publié le

Les résultats 2014 d’Areva s’annoncent très mauvais avec au moins 4,9 milliards d’euros de pertes. Lors de la publication de ses résultats définitifs, le 4 mars prochain, l’entreprise présentera un grand plan stratégique qui pourrait remettre en cause le modèle du groupe.

4,9 milliards d’euros de pertes provisoires pour Areva

C’est encore plus que ce que disaient les dernière rumeurs de presse. Pour l’année 2015, Areva annonce une perte provisoire de 4,9 milliards d’euros (contre une perte de 500 millions d’euros en 2013). Ce chiffre a été officiellement communiqué par l’entreprise ce lundi 23 février alors que la publication des résultats définitifs n’est prévue que pour le 4 mars prochain.

Ce mauvais exercice est imputé à trois raisons majeures, selon le communiqué. D’une part, "des pertes de valeur au titre de certains actifs courants et non courants" et en particulier sur l’usine de conversion d’Uranium Comurhex II. D’autre part, "des provisions pour pertes à terminaison et risques sur projets de construction", entre autres sur le chantier de l’EPR d’Olkiluoto en Finlande, dont le retard prévu atteint 9 ans, ainsi que "sur des contrats dans les énergies renouvelables". Enfin, ces pertes sont liées à "des provisions en lien avec des évolutions dans l’application de la réglementation relative aux obligations de fin de cycle."

Remise en cause du modèle

Cela fait plusieurs mois que le groupe prépare le terrain pour cette douloureuse échéance du 4 mars. Déjà, fin 2014, la société suspendait ses prévisions financières pour les années 2015 et 2016. Puis, début février, Areva annonçait un chiffre d’affaires en repli de 8% pour 2014 à 8,3 milliards d’euros. Au-delà des résultats, le président Philippe Varin et le directeur général Philippe Knoche doivent surtout annoncer un nouveau plan stratégique pour redonner de l’élan à l’entreprise, qui peine à s’adapter à l’ère post-Fukushima, marquée par le non-redémarrage des réacteurs japonais et un arrêt massif des centrales nucléaires allemandes.

Parmi les annonces attendues, la direction d’Areva devrait décrire davantage le rapprochement en cours avec EDF. Les deux entreprises mènent déjà plusieurs groupes de travail ensemble. Par ailleurs, d’importantes cessions d’actifs seront envisagées, à hauteur de deux milliards d’euros. Elles toucheraient l’activité minière, le démantèlement et/ou les énergies renouvelables. 

Enfin, le modèle complétement intégré d’Areva pourrait être remis en cause, avec, par exemple une séparation des activités internationales et françaises.

Ludovic Dupin

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte