3 ans après, le bilan des promesses à l’industrie de François Hollande

Il y a trois ans, le 6 mai 2012, François Hollande accédait à la présidence de la République française. Durant sa campagne, il avait pris 60 engagements impliquant de nombreuses mesures à mettre en oeuvre durant son quinquennat, parmi lesquelles un certain nombre destinées à "rebooster" l’industrie française.

Quelles mesures ont été adoptées durant les trois premières années du mandat du président socialiste pour encourager et relancer l’industrie ? Quels sont les gagnants et les perdants de cette politique industrielle ? Bilan.

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3 ans après, le bilan des promesses à l’industrie de François Hollande

"Redresser la France". Cet objectif était le premier chapitre des 60 engagements de campagne de François Hollande, président de la République arrivé au pouvoir le 6 mai 2012. A-t-il répondu aux 4 principaux engagements concernant l'industrie ? Et par quelles mesures ? Retour sur trois ans de présidence.

Engagement n°2 "Je ferai des PME une priorité"

"En créant un livret d’épargne industrie dont le produit sera entièrement dédié au financement des PME et des entreprises innovantes. En instaurant un interlocuteur unique dans chaque région pour les PME et les TPE…", détaillait François Hollande.

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Le fameux livret d’épargne industrie n’est toujours pas arrivé mais le livret développement durable a bien vu son plafonnement doubler, ce qui génère davantage de ressources pour les entreprises industrielles.

La Banque Publique d’Investissement (BPI), quant à elle, a bien été créée fin 2012, et présentée comme l’interlocuteur unique des PME/TPE. Après des débuts difficiles et quelques ratés, la BPI a bien monté un réseau régional unique rassemblant toutes ses offres y compris celle de business France pour l’export, sous la houlette dynamique de François Dufourcq. Elle s’est aussi imposée dans le paysage du financement français via ses multiples fonds et a su orchestrer les financements du plan d’investissement d’avenir (ex-grand emprunt) dont François Hollande a lancé une deuxième tranche en 2013. Plus récemment, celle qui est devenue Bpifrance s’est développée, évoluant de plus en plus du financement vers l’accompagnement des PME pour les faire passer en ETI (entreprises de taille intermédiaires).

(Source : Caisse des dépots et consignations - en avril 2014 Jean-Pierre Jouyet a été remplacé par Pierre-René Lemas, DG de la CDC, et Ségolène Royal a quitté son siège de vice-présidente de la Bpifrance à son entrée au gouvernement)

Engagement n°3 "Je favoriserai la production et l’emploi en France"

"En orientant les financements, les aides publiques et les allégements fiscaux vers les entreprises qui investiront sur notre territoire, qui y localiseront leurs activités et qui seront offensives à l’exportation. En créant un contrat spécifique pour engager un mouvement de relocalisations des usines des grandes entreprises. En instaurant, pour les entreprises qui se délocalisent, un remboursement des aides publiques reçues…", décrivait le futur président dans sa profession de foi.

Bilan : aucune mesure n’a exactement été adoptée en ce sens. Certes il y a eu la loi dite "Florange", promulguée en mars 2014, en réponse aux promesses orales qu’avaient faites François Hollande, alors en campagne électorale, aux salariés des sites de hauts fourneaux mosellans de Florange. Un semi-échec puisque ces derniers ont fermé.

Par ailleurs, cette loi dont l'objectif est de "redonner des perspectives à l'économie réelle et à l'emploi industriel", ne répond pas vraiment à l’engagement n°3 du président. En effet, le texte contraint toute entreprise qui envisage de fermer un établissement de plus 1000 salariés et de procéder à un licenciement collectif de passer d'abord par la recherche d'un repreneur. Second objectif : soutenir l'actionnariat de long-terme via la généralisation du droit de vote double pour les actionnaires de plus de deux ans. La loi confère donc à ces acteurs un pouvoir économique plus important non directement corrélé à une augmentation de leur participation. Du côté des industriels, notamment avec la saison des assemblées générales qui vient de s’achever, cette mesure fait grincer des dents.

(Le site des hauts-fournaux de Florange en Moselle)

Engagement n°4 "Je soutiendrai le développement des nouvelles technologies et de l’économie numérique"

Du côté des nouvelles technologies, et à la faveur du développement exponentiel du numérique, les mesures se multiplient. Les investissements ont progressé, notamment durant la première année de mandat de François Hollande, à destination des entreprises qui se développent dans le numérique. Les initiatives ont été soutenues : la plus célèbre est la French Tech, mais il faut aussi citer le Programme d’Investissements d’Avenir, l’ouverture du plan France très haut débit, le concours innovation 2030 porté par la commission du même nom qui lancera un nouveau concours mondial d'innovation en septembre prochain, ou encore la simplification du financement participatif...

Engagement n°41 "Je préserverai l’indépendance de la France tout en diversifiant nos sources d’énergie"

Le candidat à l’élection présidentielle avait également écrit : "J’engagerai la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75% à 50% à l’horizon 2025 (…) je favoriserai la montée en puissance des énergies renouvelables (…) je fermerai la centrale de Fessenheim et je poursuivrai l’achèvement du chantier EPR de Flamanville."

Repris en main par Ségolène Royal, entrée au gouvernement en avril 2014, le dossier "transition énergétique" a largement avancé depuis. Le projet de loi porté par la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie a été préparé en quelques semaines après deux ans et demi d'atermoiements. En substance : puissance du parc tricolore de réacteurs désormais plafonnée à son niveau actuel, renforcement du développement des énergies renouvelables, rénovation thermique des bâtiments, développement du véhicule électrique avec le déploiement prévu de plus de 7 millions de bornes d'ici 2030...

Voté à l'Assemblée Nationale en octobre 2014. Les nombreux amendements du Sénat qui a voté le texte en mars 2015, ont toutefois fortement atténué sa portée, notamment en refusant de fixer une date butoir pour le passage aux 50% de nucléaire dans la production électrique nationale. A ce jour, et après l’échec d’une commission mixte paritaire qui devait aboutir à une version commune de la loi, c’est à nouveau l’Assemblée Nationale qui se penchera sur la question les 19, 20 et 21 mai prochains.

Concernant la centrale de Fessenheim, François Hollande a réaffirmé sa volonté de fermer la centrale d’ici à la fin de son quinquennat. Et Ségolène Royal de préciser "qu'on ne fermait pas pour fermer" et que d'autres centrales nucléaires seront construites, mais avec une nouvelle génération de réacteurs...plus sûrs. Promesse en cours donc.

(La centrale nucléaire de Fessenheim)

La Loi Macron et les 34 plans de la Nouvelle France industrielle, sont d'autres dispositions "phares" en faveur de l'industrie mises en marche depuis l’arrivée au pouvoir de François Hollande... mais elles n'étaient pas comprises en tant que telles dans les "60 engagements pour la France" du président de la République.

Aurélie M'Bida

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