100 000 entreprises françaises ont déjà demandé à bénéficier du chômage partiel

Le gouvernement a révélé le 25 mars les nouvelles données sur les demandes de chômage partiel émanant des entreprises. Le ministère du Travail a également réagi à la polémique concernant un éventuel "effet d'aubaine" pour certaines grandes entreprises qui profiteraient de cette mesure.

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100 000 entreprises françaises ont déjà demandé à bénéficier du chômage partiel
Près de 100 000 entreprises françaises ont fait une demande d’activité partielle en raison de l'épidémie de coronavirus Covid-19. /Photo prise le 18 mars 2020/REUTERS/Benoit Tessier

Les demandes de chômage partiel continuent d'exploser. Près de 100 000 entreprises françaises ont fait une demande d’activité partielle en raison de l'épidémie de coronavirus Covid-19, a annoncé mercredi 25 mars le ministère du Travail. Selon le gouvernement, 1,2 million de salariés sont concernés par le dispositif, pour un montant total de près de 4 milliards d’euros.

60 000 entreprises de plus en deux jours

"En deux jours, ce sont donc plus de 500 000 salariés et 60 000 entreprises supplémentaires qui ont été pris en charge par le nouveau système de chômage partiel", a précisé le ministère dans un communiqué.

Le dispositif de "chômage partiel" prévoit une indemnisation des salariés correspondant à 70 % de leur rémunération brute horaire et une allocation pour les entreprises - 7,74 euros par heure chômée pour celles employant jusqu’à 250 salariés et de 7,23 euros pour celles comptant 251 salariés et plus.

Seuelement 28 demandes refusées depuis le début de la crise

Le ministère a précisé que seules 28 demandes de chômage partiel ont été refusées depuis le début de la crise.

L'État devra donner une réponse en 48 heures aux demandes de chômage partiel, délai au-delà duquel l'absence de réponse vaudra acceptation, annonçait également le 25 mars la ministre du Travail Muriel Pénicaud. La réponse "est dans les 48 heures, si dans les 48 heures vous n'avez pas de réponse, c'est accepté", a-t-elle déclaré sur Europe 1.

Un effet d'aubaine pour certaines entreprises ?

En parallèle une polémique enfle sur de possibles abus de la part d'entreprises. Des syndicats s'inquiètent d'un "effet d'aubaine" pour certaines grandes entreprises à l'image de l'opérateur télécoms SFR, filiale d'Altice Europe qui prévoit, selon des sources syndicales, de mettre en chômage partiel jusqu'à 60 % de ses effectifs.

Le gouvernement s'est tout de même dit vigilant concernant les demandes de chômage partiel émanant de grandes entreprises. La ministre du Travail a prévenu que la confiance n'excluait pas "des contrôles a posteriori". "Nous faisons le choix de la confiance mais la confiance n'exclut pas le contrôle a posteriori et notamment pour les grandes entreprises nous avons un oeil très attentif", a déclaré Muriel Pénicaud, interrogée à ce sujet lors du compte rendu du conseil des ministres à l'Élysée.

"Si l'activité peut continuer, il n'y a pas de raison qu'il y ait du chômage partiel"

"En terme de solidarité nationale, une grande entreprise, si elle n'a pas de difficulté majeure d'activité, doit en tenir compte", a-t-elle poursuivi, précisant que ces dossiers seraient examinés "au cas par cas" avec une "plus grande vigilance" concernant les grandes entreprises.

"Si l'activité peut continuer, il n'y a pas de raison qu'il y ait du chômage partiel ; on utilise d'abord le télétravail et ensuite si une grande entreprise ne peut pas objectivement poursuivre son activité, alors le chômage partiel est ouvert", a-t-elle insisté.

Avec Reuters (Jean-Michel Bélot, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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