Le futur de l'industrie

Le blog de Vincent Champain

Trois exemples de nouvelles activités d’entreprises industrielles

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Trois exemples de nouvelles activités d’entreprises industrielles

Beaucoup d’industriels caressent ou ont caressé l’idée de devenir des acteurs majeurs du digital. Certains ont remarquablement réussi, comme Dassault : créé comme une spin-off de Dassault Aviation, Dassault Systèmes est devenu un acteur majeur du "PLM" (conception 3D et gestion du cycle de vie du produit), au point que sa capitalisation boursière est désormais deux fois celle de Dassault Aviation et que l’entreprise digitale est la seule des deux à figurer au CAC40. Siemens a aussi développé une activité digitale en marge d’un conglomérat industriel. Enfin, Airbus a lancé avec succès sa plateforme Skywise, qui lui permet de partager les données de fonctionnement de milliers d'avions opérés par des compagnies aériennes situées partout dans le monde. L’une des transition les plus importantes est sans doutes celle de Nokia, passé en 140 ans de la pâte à papier aux équipements de télécommunication (1).

Nokia : le papier toilette en 1880, la 5G en 2019 (Museum Centre Vapriikki).

Difficile évidemment de donner une recette qui fonctionne à coup sur – beaucoup d’autres ont essayé sans avoir autant de succès. On peut cependant noter au moins quatre points communs à ces réussites :

- Partir d’un avantage compétitif, c'est-à-dire d’un élément d’"ADN" de l’entreprise qui lui donne les chances d’être meilleure que la concurrence sur le marché visé. Pour Dassault Systèmes, c’était l’expertise sur la conception 3D, et les outils développés en interne pour pallier au manque des produits du marché. Pour Siemens, c’était la connaissance du monde industriel. Airbus disposait d’une connaissance intime du fonctionnement du moteur des avions. Pour Nokia, ce fut la chance de disposer de cash-flow venant de ses activités historiques à un moment où de nouveaux marchés (câbles et électronique) demandaient des investissements importants, et où les marchés financiers n’étaient pas assez développés pour les financer ;
- Se donner les moyens de sa réussite. Le développement de Dassault Système est notamment lié à la décision de Dassault de filialiser son activité de conception 3D – une décision qui a été longue à prendre pour le groupe Dassault. Le lancement de Skywise par Airbus est passé par l’adoption des outils de Palantir, ce qui était loin d’aller de soi pour un groupe comme Airbus, et s’inscrivait dans un plan ambitieux visant à développer les services numériques du groupe. Le développement de Siemens dans le PLM date quant à lui de 2007, avec l’acquisition de la société UGS pour 3,5 milliards.

La conception 3D à ses débuts


- Cibler un marché en croissance. On peut disserter sur la question de savoir s’il s’agit d’une vision remarquable, ou de la chance de s’être aventuré sur un marché qui, avec le temps, s’est fortement développé – la réponse est souvent un mélange des deux. Dassault Systèmes, Siemens, Nokia ou Airbus se sont retrouvés dans cette situation ;
- Disposer d’un accès au marché facilité. Pour Dassault Systèmes, difficile de trouver de meilleures références pour vendre un système de conception que l’aéronautique, secteur dans lequel l’entreprise disposait de tous les accès possibles. La taille et la variété de l’outil industriel de Siemens lui donnait un avantage dans les métiers où l’entreprise a développé son offre digitale. Airbus disposait également d’un accès facile aux compagnies aériennes et aux équipes responsables de la maintenance des avions ;

Le programme Skywise

A coté de ces réussites, des dizaines d’entreprises cherchent à développer des nouvelles activités avec des moyens insuffisants ou en abandonnant aux premières difficultés, sur des domaines sur lesquels elles ont peu de chances de s’avérer meilleures que leurs concurrents… Et vous, quelles sont vos réussites dans le développement de nouvelles activités ?

(1) Pour Nokia, le passage de la pâte à papier à l’électronique s’est réalisé en plusieurs temps : la pâte à papier reposait sur la puissance hydraulique, bien adaptée à la production d’électricité, l’entreprise est successivement passée de l’électricité à l’électronique et aux télécommunications.

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