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Le futur de l'industrie

Le blog de Vincent Champain

Le logiciel va-t-il manger l’industrie ?

Publié le

Le logiciel va-t-il manger l’industrie ?
© KIT

A lire certains rapports, on pourrait penser que, selon la formule consacrée, le numérique va condamner emploi industriel et usines à la disparition. Plusieurs raisons permettent néanmoins de rester serein.

D’abord, les objets physiques – la maison dans laquelle nous habitons et son équipement, la voiture (autopilotée ou non) ou le moyen de transport que nous utilisons, ce que nous consommons – sont en large partie issus de l’industrie. Les réseaux sociaux ou les plateformes numériques ne vont pas les remplacer: elles réduisent considérablement le coût de mise en relation (de clients avec leur VTC, d’entreprises avec leurs fournisseurs,…), beaucoup moins les coûts de production.

A ceux qui pointent les gains de productivité et leurs effets sur l’emploi, il faut répondre que ces gains de productivité ont toujours existé, en France et ailleurs, et ils n’empêchent pas de nombreux pays (États-Unis, Allemagne, pays du Nord,…) d’avoir des taux de chômage plus bas que les nôtres alors même que leur usage de la robotique et du numérique est supérieur au nôtre.

De plus, les gains de productivité sont en baisse sur les années récentes (cf graphique ci-après), ce qui signifie que la réduction du nombre d’emploi par unité de production ralentit.

L’industrie fait en outre partie des secteurs où les gains de productivité sont les plus modérés. Dans l’industrie, la transformation numérique apporte de réelles améliorations sur le long terme, mais elles se traduisent davantage par une augmentation de la productivité progressive, ainsi que par des améliorations de la qualité ou des pertes de production.

 

Gain de productivité en Europe (moyenne sur 15 ans)
 
Secteur Gain de productivité
Télécommunication 8,9%
Électricité, gaz, eau  5,7%
Agriculture  3,3 %
Services financiers  2,8 %
Industrie manufacturière 2,3 %
Transport 2,3 %
Construction  0,7 %
Services à la personne  0,3 %

 

Certes le numérique peut accélérer cette productivité, mais il ne va pas changer son ordre de grandeur: selon la Harvard Business Review, l’impact du digital peut être de l’ordre de 0,6% de productivité supplémentaire. Ce n’est pas négligeable dans des activités dont les marges sont tirées -  cumulé sur une génération cela représente plus de 15% d’amélioration. Mais on reste dans des chiffres comparables à ceux des révolutions précédentes (machine à vapeur ou robotique).

On notera également que la tendance à "l’offshorisation" des emplois (ie, le déplacement hors de France de la production) devrait se ralentir également. D’une part, les coûts salariaux ont fortement augmenté dans les pays "à bas coûts" : le salaire de base chez Foxconn (qui assemble les IPhone) en Chine est désormais supérieur aux plus bas des salaires minimums Européens (Bulgarie par exemple). Dans le même temps, la monnaie chinoise s’est appréciée : 10 yuans achetaient moins d’un euro il y a dix ans, contre 1,3 euros aujourd’hui.

Ensuite, même si elles sont encore trop coûteuses pour la majorité des usages, certaines techniques de production, comme l’impression 3D, permettent de développer la production de proximité. De même façon le développement des méthodes agiles dans le développement d’applications (qui nécessitent une interaction fréquente entre équipes de développement et clients) poussent à ramener au moins une partie des équipes techniques près des clients, c'est-à-dire en Europe.

Enfin, personne ne sait où la guerre commerciale actuellement lancée par les États-Unis va s’arrêter, mais elle a déjà poussé certains industriels à relocaliser leur production en Europe (le cas le plus médiatisé étant Harley Davidson).

 

L'industrie en chiffres

L’industrie au sens strict représente en France plus de 10 % de la production nationale. C’est bien plus si l’on y ajoute l’ensemble des filières : ainsi l’industrie automobile représente 200.000 emplois si l’on ne compte que ceux qui fabriquent des automobiles, mais plus de dix fois plus si l’on y ajoute les concessionnaires (qui sont comptabilisés dans le commerce) ou certains sous-traitants (les personnes travaillant dans une usine pour le compte de sociétés de services informatiques). Les premiers secteurs sont la chimie et la pharmacie (23 %), l'agroalimentaire (20 %), la métallurgie et ses produits (14%), les machines électriques ou électroniques (11%) et le transport (10%).

 

 

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