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L'industrie au féminin

Le blog de Magali Anderson

Sortir de sa zone de confort

Publié le

Sortir de sa zone de confort
© Freepik

Un ami qui est très impliqué dans le combat féministe me parlait d’un biais qu’il avait découvert récemment.

Lorsqu’un manager (lui, par exemple) a deux postes à distribuer et deux candidats à compétences équivalentes, il tend à attribuer le plus simple à la femme et le plus compliqué à l’homme. Il cherche ainsi à favoriser la réussite de la femme – après tout, il y a peu de femmes, nous n’allons pas en plus risquer de les envoyer à l’échec !

Cependant, en faisant cela, non seulement, on ne donne pas l’opportunité aux femmes de montrer ce qu’elles valent mais de plus, on ne les prépare pas à des positions exécutives. A la prochaine tournée de promotions... à qui offrira-t-on le super job ? Celui qui a eu un poste très challengeant et qui s’en est sorti haut la main, ou celle qui, sans avoir démérité, a eu un succès moins visible, car le défi de départ était moins grand ? Et voilà comment, avec la meilleure des intentions, on ralentit la progression des femmes.

Sortir de sa zone de confort est le meilleur moyen d’apprendre de nouvelles choses. C’est en terrain inconnu qu’il est possible de prendre des risques (contrôlés) et surtout de se démarquer, prouvant à la même occasion que l’on est prêt pour un nouveau poste. Quand une tâche est particulièrement compliquée à effectuer, il n’y a pas le choix, il va falloir retrousser ses manches et utiliser tous ses neurones..

Malgré tout, quand une mission l’est moins, ce n’est pas une raison pour se complaire dans la paresse ! Il y a toujours moyen d’avoir un impact et de laisser sa marque dans son travail. 

Le tournant de ma carrière a eu lieu alors que j’occupais un poste de manufacturing. Nous sommes en 2004. L’industrie du pétrole est en train de croître de façon exponentielle, comme elle sait le faire de temps en temps. Les outils que je produis ont un délai de fabrication de 9 mois. En ce début de 2005, mon carnet de commandes est identique à celui de l’an passé. Clairement, les gens du terrain restent frileux devant la croissance. A mes yeux, il est évident que ce n’est pas normal. J’aurais pu opter pour la voie la plus confortable, à ce moment-là, et exécuter la stratégie convenue, sans me poser de question. Mais je n’aime pas le confort… Alors je monte jusqu’au président, pour lui proposer lancer une la production accrue d’outils de 80 %, et ce, sans avoir de commande. Au vu de mon Business plan, le président me suit dans ma "folie". Enfin, folie que j’aime nommer "prise de risques contrôlée".

Fin de l’année, il nous reste des outils sur étagère. Je lance alors une campagne de pub auprès des opérations qui, je le sais, ont reçu du Capex supplémentaire au vu de la croissance. Comme aucun autre centre n’a fait le même pari que moi, ils sont très contents de pouvoir dépenser leur argent. On finit l’année en ayant tout vendu et ayant doublé notre production.

C’est après cet exploit que je suis devenue Directrice pays Angola.

Est-ce que cette promotion serait venue sans ma prise de risque précédente ? Je ne pense pas.

Cette promotion est le résultat direct de ma sortie de zone de confort. Les managers promeuvent des personnes qui vont faire évoluer leur département, qui vont améliorer les processus, qui vont mener leurs équipes à franchir de nouveaux sommets. Donc des personnes qui ne se contentent pas de juste passer le relais d’un poste à l’autre.

Après me direz-vous, c’est joli tout ça, mais comment fait-on concrètement ?

Il faut commencer par analyser la situation et s’interroger sur comment la faire évoluer. Garder un esprit ouvert et accepter toutes les idées, mêmes les plus saugrenues. Dans un monde et surtout une technologie qui évolue à la vitesse actuelle, le farfelu d’hier est la norme de demain ! (Pour ceux qui ont vu mon TEDX, je sais, j’ai inauguré cette phrase à ce moment-là, mais elle me plaît toujours autant !) Ne nous laissons pas enfermer par les “on a toujours fait comme ça”.

Une fois qu’une idée est arrêtée et le plan de sa mise en place est établie, il faut trouver des soutiens pour le lancer – par exemple, dans mon cas, mon supérieur et le président. Pour cela, il est nécessaire d’avoir travaillé ses dossiers en amont pour être crédible (voir mon article précédent sur le “Non”, que je ne développerai pas de nouveau ici).

Mais surtout, il faut oser ! Après tout, que risque-t-on vraiment ? Que son idée soit rejetée ? Oui, bien sûr, cela arrive. Mais dans ce cas, cela permet d’apprendre et de mieux rebondir et cela montre également qu’on n’hésite pas à proposer des solutions novatrices, même si elles ne sont pas toujours retenues. Dans tous les cas, on en ressort gagnant.$

Allez-vous avoir peur ? Oui, certainement. Je ne faisais pas la fière quand je suis rentrée dans le bureau de mon supérieur pour lui proposer mon plan un peu fou. Mais le jeu en vaut tellement la chandelle que la prise de risque et la peur de rater sont largement compensées.

A chacun des postes que j’ai eu, je peux dire précisément ce que j’ai changé, et comment la position a évolué sous ma responsabilité. Cela a certainement aidé ma carrière à progresser, mais surtout, cela a rendu mon travail bien plus intéressant et divertissant, tout en me permettant d’en sortir une grande satisfaction.

Aussi, si vous ne sortez pas de votre zone de confort par ambition, faites-le au moins pour vous amuser ! (Mais je le répète – le risque doit être contrôlé et approuvé par sa hiérarchie.)

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