Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

La gestion des projets complexes

Le blog de Rodolphe Krawczyk

Les risques: une affaire de culture?

Publié le

Les risques: une affaire de culture?
© Rodolphe Krawczyk

Il est reconnu que la course à l'innovation passe par la prise de risques. Dans ce domaine, les Etats-Unis continuent de mener la course: est-ce seulement dû à leur culture ?

De par ma profession, qui me conduit à analyser les risques des projets spatiaux, je suis régulièrement confronté à la question de l'attitude des grandes entreprises face aux risques projets, que j'avais illustrée dans mon post précédent "L'acceptation des risques: cruel dilemme". J'ai évoqué plusieurs fois sur mon blog la question de la différence culturelle entre Etats-Unis et Europe (dont notre très cartésienne France).

En réfléchissant à cette question cruciale des risques à prendre sur un projet donné, il m'est revenu en mémoire une série d'articles du National Geographic de janvier 2013, sous la rubrique "Why we explore", dont l'un, intitulé "Restless genes", mentionnait l'existence d'un gène, le DRD4, dont la variante 7R, qu'on retrouve dans 20% des humains, serait à l'origine de la curiosité et de l'agitation (ou dit de façon familière, le fait de ne pas tenir en place)…. Et on y trouve cette phrase dont l'importance ne m'avait pas sauté aux yeux en 2013: "Dozens of human studies have found that 7R makes people more likely to take risks" [1]

En déduire que la culture du risque est d'origine génétique est certes osé, mais en y réfléchissant… Le National Geographic reliait justement les grandes migrations (en particulier celles qui ont conduit au melting-pot américain) à ce qu'on pourrait appeler le goût du risque, donné par la présence de ce fameux DRD4-7R… Coïncidence troublante? Une bonne partie des Américains descendent d'émigrants qui avaient osé prendre le risque de la confrontation avec l'inconnu, voire avec des dangers avérés… Il est vrai que certains n'avaient plus rien à perdre en émigrant, c'est le cas des Irlandais du 19ème siècle. Néanmoins, la traversée d'un océan et la plongée dans un monde nouveau, même quand on avait tout perdu, demandait une certaine prise de risque… Quant à ceux qui sont restés… Il est tentant de faire une scission entre Américains, génétiquement prédisposés à prendre des risques, et Européens, descendants de ceux qui sont restés, et donc génétiquement peu disposés à prendre des risques…(et ceux des Européens qui acceptent les risques, notamment les fondateurs de start-up, ont tendance à s'expatrier outre-Atlantique…).

On peut espérer que les brassages entre ethnies et nationalités vont atténuer cette scission (quoique là encore, les "Latinos" qui émigrent aux USA acceptent eux aussi des risques…), mais cela pourrait bien nécessiter une, voire plusieurs générations…

Heureusement, il semble qu'une prise de conscience se dessine: l'Europe semble décidée à ne pas rester inactive et à accepter de faire changer les comportements, en promouvant par exemple l'innovation (gardons alors à l'esprit cette phrase de Woody Allen: Si vous n'échouez jamais, c'est que vous n'êtes pas innovant"…) et, en France, tournons courageusement le dos à notre maladie de la réunionite à tous les niveaux du management, en n'oubliant pas ce qu'avait écrit (le grand) Jules César dans la Guerre des Gaules, à notre propos: "Les chefs de tribus gauloises ont ceci de particulier que s’étant réunis et ayant prononcé de grands discours, ils se quittent persuadés d’avoir agi" (il y a 2 000 ans déjà…).

 

[1] De multiples études ont montré que le 7R rend les gens plus enclins à prendre des risques

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle