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La gestion des projets complexes

Le blog de Rodolphe Krawczyk

Les outils de gestion moderne: les nouveaux lits de Procuste…

Publié le

Les outils de gestion moderne: les nouveaux lits de Procuste…
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Dans notre monde moderne où tout doit être paramétré, nous ne pouvons échapper à l'informatisation croissante des moyens de gestion. C'est logique. Le problème est qu'on met à la disposition du personnel - ou plutôt: on lui impose - des outils de gestion (temps de travail, documentation, rapports, demande de matériel, ordres de mission, etc) qui bien souvent se révèlent d'une lourdeur "chronophage".

Il semble que les grands groupes, dont le besoin de rationalisation de la gestion est légitime et compréhensible, se tournent de plus en plus fréquemment vers des outils supposés puissants… L'intellectualisation de nos processus (y compris celui de notre raisonnement…) conduit à s'imaginer qu'on peut développer l'outil parfait qui intègrera tous nos processus de gestion en supprimant toutes tes interfaces entre outils mono-processus (les passerelles entre outils dédiés se faisant la plupart du temps… manuellement, un opérateur entrant dans un outil les données fournies par un autre outil). L'intention est louable, la réalité est moins rose…
      • Tout d'abord, la création de ces outils fait rarement appel, de par ma propre expérience, aux futurs utilisateurs dont les vrais besoins ne sont finalement pas pris en compte.
      • Ensuite, la perfection visée par ces outils se traduit par la volonté de traiter tous les cas envisageables de gestion: on imagine la complexité induite lorsqu'on applique cette volonté aux grandes industries; et surtout le temps passé par le personnel à se familiariser avec de tels outils.
      • Enfin au bout de quelques années, lorsqu'au prix de beaucoup de "sueur, de sang et de larmes", on finit par maîtriser la ou les parties de l'outil qui concernent notre domaine d'activité, en sachant contourner les inévitables bugs et autres défauts (car aucun outil parfait n'a été développé à ce jour: cela se saurait...), on passe à un autre outil, censé résoudre les problèmes du précédent, mais apportant d'autres fonctionnalités présentées comme très utiles (pour qui?... on se le demande souvent): l'expérience montre que les problèmes du précédent outil ne sont pas tous réglés, mais les nouvelles fonctionnalités, elles, en apportent d'autres…

J'ai connu le temps où dans mon entreprise d'environ 2000 personnes, deux personnes étaient embauchées à temps plein pour les menus travaux du type changement d'ampoule: une secrétaire les appelait et l'un arrivait dans l'heure pour remplacer l'ampoule. Aujourd'hui, il faut remplir un formulaire que je ne sais combien de personnes doivent signer, et il faut environ une semaine pour que l'ampoule soit changée. Bilan: deux (petits) salaires économisés, pour combien d'heures cumulées sur toutes ces demandes intégrées sur l'année?

Revenons sur le temps passé à utiliser ces outils: qui n'a jamais pesté contre l'impossibilité d'entrer ses données dans des cases supposées idoines (quand on en comprend la signification, ce qui n'est pas toujours le cas...) mais ne correspondant justement pas à son propre cas? Et quand cela m'arrive comme à tout un chacun, je repense inévitablement à Procuste, ce brigand de la mythologie grecque qui faisait étendre ceux qui traversaient son territoire sur un lit puis coupait les pieds s'ils dépassaient, ou étirait les jambes pour qu'elles atteignent la "bonne" longueur…

Bien sûr, il n'est pas question de revenir à la gestion papier que nous avons connue autrefois et qui non seulement était elle aussi chronophage, mais n'aurait jamais pu être compatible avec les besoins actuels en termes de gestion moderne (et même de rigueur). Mais là encore, il me semble que le balancier est parti un peu trop loin de l'autre côté et que le développement d'outils moins ambitieux, donc plus simples et surtout plus conviviaux ("user-friendly" pour les lecteurs accros à la langue de Shakespeare et qui auraient oublié que ce terme a son équivalent français) permettraient d'obtenir les mêmes résultats de façon plus rapide (et plus sereine pour les utilisateurs), et donc d'être plus efficace au niveau de la gestion d'entreprise: n'est-ce pas au fond le vrai besoin?

Je crains malheureusement que nos dirigeants ne soient devenus obnubilés par les outils informatiques en lesquels ils affichent une foi obsessionnelle (j'y reviendrai dans un futur article), et accordent dès lors une confiance aveugle dans les "grands-prêtres" de l'informatique, voire dans les "geeks" (prononcer guiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiik, comme le cri du cochon qu'on égorge… je couine donc je suis… pour combien de temps?).

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