La gestion des projets complexes

Le blog de Rodolphe Krawczyk

La lutte contre le réchauffement climatique: la grande (dés)illusion?

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La lutte contre le réchauffement climatique: la grande (dés)illusion?

La lutte contre le réchauffement climatique s'avère être le projet le plus complexe (et le plus ambitieux) que l'être humain devra mener s'il veut survivre en tant qu'espèce animale: mais au-delà des déclarations médiatiques et très médiatisées, ne se berce-t-il pas d'illusions rendant stériles toutes les démarches actuelles ?

En préambule: Je tiens à préciser que je ne suis pas climato-sceptique mais plutôt climato-agnostique… Ayant eu l'occasion de travailler avec d'éminents spécialistes du CNRS, j'avais découvert la complexité des modèles atmosphériques dont le nombre gigantesque de paramètres nécessite, pour toute simulation, de multiples hypothèses et simplifications… A titre d'exemples :

- on ne sait pas encore déterminer la quantité de CO2 absorbée par la végétation et les océans, d'où le besoin de mesures répétitives par de futurs satellites ;

- les cycles solaires ont aussi une influence qu'on ne sait pas encore quantifier ;
- la Nasa a montré il y a quelques années que, moyennant certaines hypothèses réalistes, le dépôt de suie industrielle accumulé au fil des deux derniers siècles sur les calottes glaciaires justifiait à lui seul le réchauffement climatique…

Les prédictions du Giec, basées certes sur des modélisations poussées, gagneraient donc en crédibilité si les scientifiques qui émettent parfois des doutes sur ces modélisations n'étaient pas systématiquement voués aux gémonies… Je rappelle à nouveau ce proverbe russe (que tout scientifique qui se veut objectif devrait garder en mémoire) : "Le doute est le commencement de la sagesse"…

L'un des problèmes majeurs du réchauffement climatique est qu'il est désormais l'enjeu d'un mélange de buzz, de gloriole politique et d'alarmisme, ce qui ne résoudra pas la quadrature du cercle qu'il pourrait bien être devenu… Chaque COP (il y en a eu 25 depuis 1995 !) est une grand-messe médiatisée à outrance où la méthode Coué prévaut: les objectifs sur lesquels s'engagent (ou font semblant de s'engager) certains pays ont d'autant moins de chance d'être tenus qu'ils sont irréalistes, ce qui permet à d'autres pays de les contester en toute bonne foi, leur enlevant toute crédibilité… Quand les centrales à charbon chinoises continuent de polluer la Terre, à quoi servent les efforts dérisoires de l'Occident pour réduire ses gaz à effet de serre ? Et comme les pays dits "vertueux" ne réussissent pas non plus à réduire leurs émissions, à chaque COP, on refait le bilan de la COP précédente et on se fixe des objectifs encore plus ambitieux, donc encore plus irréalistes, pour essayer de tenir quand même le cap… A cela se rajoutent les manifestations de jeunes (et de moins jeunes, d’ailleurs) en mal de notoriété, prêts à changer le monde à leur façon, c'est-à-dire de façon "disruptive" : j'avais dénoncé cette attitude très à la mode dans un article de ce blog paru en septembre 2019 "Détruisez, détruisez, il en restera toujours quelque chose…"; attitude qui s'est matérialisée, via la crise sanitaire, par une attaque ciblée contre l'aviation, accusée de tous les maux alors qu'elle contribue pour moins de 3 % au réchauffement climatique, ce que j'avais dénoncé dans un autre article paru en octobre 2020 "L'avion à hydrogène: entre rêve (ou cauchemar?) et réalité (ou lubie?)".

Quand on n'a pas d'idée constructive, on exige de détruire…

Je ne prétends pas nier le problème, qui existe réellement, mais le traiter de façon appropriée amènerait plus de sérénité dans l'action… Car il va falloir un jour se décider à enlever ses œillères : il est plausible que le réchauffement climatique, dont on est encore très loin de maîtriser toutes les causes, continue encore pendant des années, voire des décennies, et rien ne dit qu'il n'ira pas jusqu'à faire disparaître l'espèce humaine. Ce qui ne veut pas dire qu'il faille rester les bras ballants… Je vois trois axes concrets sur lesquels le monde devrait travailler :

- Définir des objectifs de réduction des gaz nocifs réalistes, donc incompatibles avec le calendrier tel que défini (ou redéfini) à chaque COP d'une planète propre à l'horizon de quelques décennies, mais compatibles avec les réalités industrielles, ce qui revient à donner le temps aux industries de s'adapter, et donc de réduire, au moins en partie, les émissions nocives. Pour cela, il faudra réunir deux conditions :
une volonté de chaque état, réelle, et non pas une posture médiatique…;
une communauté de volontés, car sans cohérence entre une majorité d'états, quelques volontés isolées resteront sans effet.
Le monde, dans sa course en avant, est comme un cycliste lancé à pleine vitesse: un coup de frein brutal est sûr de le déséquilibrer et de le pulvériser…

Cet axe a des relents de bisounours, mais guère plus que les objectifs des COP. Au passage, quand bien même le CO2 ne serait pas la cause première du réchauffement climatique, respirer un air plus propre ne nous fera pas de mal…

Se prémunir contre les conséquences du réchauffement climatique: les Pays-Bas travaillent à rehausser leurs digues pour contrer la montée du niveau des mers; on rétorquera, non sans raison, que seuls les pays riches peuvent se le permettre; mais tous les pays riches sont loin d'avoir commencé à le faire…
Et s'accoutumer peu à peu à la montée des températures, qui se traduira inéluctablement, entre autres, par des déplacements de populations similaires à ce que nous connaissons avec les crises des migrants. Plus on attend pour définir des solutions, plus le choc sera rude quand nous le subirons…

Finalement, l'écologie est un sujet trop sérieux pour le laisser aux écologistes… A commencer par Greta Thunberg dont les trémolos larmoyants ont mobilisé des millions d'étudiants trop heureux d'avoir trouvé l'excuse rêvée de ne plus travailler le vendredi matin, alors que s'ils veulent une planète propre, il faudra qu'eux aussi travaillent d'arrache-pied: s'ils n'ont pas tort sur la culpabilité de leurs aînés, ce n'est pas en levant le pied qu'on refera l'histoire ; même Greta a repris ses études, sage décision: il est vrai que la Covid-19 l'avait un peu éclipsée…. En attendant, ses sanglots à l'Onu en septembre 2019 ne sont pas sans rappeler un célèbre distique de Musset, que je me suis permis de modifier pour la circonstance :
Les plus désespérés sont les chants les plus nuls

Et j'en connais qui sont carrément ridicules…

 

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