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La gestion des projets complexes

Le blog de Rodolphe Krawczyk

L'humour a-t-il encore une place dans les projets complexes?

Publié le

L'humour a-t-il encore une place dans les projets complexes?
© KRAWCZYK Rodolphe

Les projets complexes, par essence, entraînent des situations souvent difficiles qui n'incitent pas toujours à la sérénité, encore moins à la gaieté: faut-il pour autant en perdre le sens de l'humour?

 

Lorsque j'ai commencé ma carrière dans le monde du spatial, l'une des premières citations que m'a apprise un collègue aussi cultivé que sarcastique, à propos d'un autre collègue qui avait tendance à se prendre un peu trop au sérieux, était une phrase de Montesquieu: "La gravité est le bouclier des sots". Seule la concision d'un écrivain comme Montesquieu pouvait résumer en si peu de mots une vérité incontournable que l'on vit de plus en plus fréquemment dans notre contexte économique maussade…

Il y a quelques années, j'avais vu des annonces de sociétés mandatées par des chefs d'entreprise pour que leurs employés réapprennent à rire dans le cadre de leur travail, le rire s'étant révélé apparemment facteur d'amélioration de la productivité. Tiens donc!

Tout d'abord, même s'ils n'ont pas la même étymologie, les mots "humour" et "humain" commencent par les mêmes lettres, coïncidence d'autant plus heureuse que l'on connaît ce célèbre aphorisme que "le rire est le propre de l'homme".

Lorsqu'on mesure la perte de la notion d'humain dans notre monde moderne, et surtout dans les grandes entreprises en charge de grands projets, on s'étonne moins que l'humour en disparaisse aussi, et cela plus on monte vers les "hautes sphères" des instances dirigeantes: l'un de mes collègues devenu directeur se plaint régulièrement du manque (total!) d'humour des réunions de "grands chefs", où l'on ne rit ou même sourit pour ainsi dire jamais… (Montesquieu!!!!).

Heureusement, la "base" s'offre encore le luxe de rire de temps à autre, mais la pression croissante dans les rythmes de travail, génératrice de stress et de burn-out, favorise de moins en moins le décoincement des zygomatiques (je le constate moi-même au fil des ans avec les équipes au sein desquelles je suis amené à travailler)…

Ce que je crains surtout, c'est que cette dérive vers la morosité ne soit pas forcément générale, et qu'elle soit plus marquée en France, avec une industrie dirigée par des élites aux compétences parfois discutables et un cartésianisme qui peut amener à confondre clarté et austérité… Les Américains, dont on ne peut mettre en doute l'efficacité industrielle, se permettent de clore certaines offres par un dessin humoristique; et j'ai appris tout récemment que Lockheed-Martin, à l'origine des fameux travaux ultrasecrets menés pour le compte de l'Armée Américaine, les avait dénommés "skunk works" parce qu'au début, les équipes avaient été transférées dans un hangar situé près d'une usine de plastique "malodorante" et qu'elles se plaignaient régulièrement à leurs chefs d'odeurs nauséabondes assimilées à celles des putois… J'imagine mal une entité dans un groupe français de la taille de Lockheed-Martin intituler ses activités "travaux mouffette"…

Souhaitons alors que l'économie française reprenne au plus vite suffisamment de couleurs pour redonner à tous le goût de l'humour, ainsi que l'envie à la base de rire plus souvent et aux dirigeants de (sou)rire, en ayant à l'esprit cette petite phrase de Chamfort, un autre auteur célèbre du 18° siècle: "La plus perdue de toutes les journées est celle où l'on n'a pas ri".

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