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L'industrie au féminin

Le blog de Magali Anderson

Ne pas se prendre au sérieux

Publié le

Ne pas se prendre au sérieux
© Freepik

Vous avez suivi tous mes conseils, et vous voilà promu-e à un poste de manager exécutif. Tout d’abord, félicitations. Ou alors vous ne l’êtes pas encore et vous aspirez à le devenir un jour. Dans les deux cas, cet article va vous donner mon conseil le plus précieux concernant les changements de poste et surtout les promotions. C’est simple, ne vous prenez pas au sérieux ! Nous avons tous vu un ancien collègue être promu, et du jour au lendemain, sans aucun signe précurseur, changer au point qu’on ne le reconnaît plus. Que s’est-il passé ?

Tout simplement, il a commencé à changer de comportement pour se conformer à l’image qu’il se fait du management.

Les responsabilités ne viennent pas seules et s’accompagnent généralement de beaucoup de stress. Nous en avons rêvé de cette position, et nous sommes heureux d’y être enfin, mais avons-nous réellement évalué l’exposition au stress qui vient avec ?

Les managers doivent prendre des décisions tous les jours. Ils sont en permanence en train de jouer à l’équilibriste entre d’un côté les demandes du management et de l’autre côté la capacité de travail et les compétences de leurs équipes. Ils ont également conscience de l’impact que peut avoir toute décision qu’ils vont prendre, ce qui n’aide pas. Le rôle de manager est parfois complexe, et surtout souvent solitaire. On attend beaucoup de lui, sans l’y avoir préparé et sans lui fournir l’aide dont il aurait besoin. Il est évident que si quelqu’un est bon dans le poste précédent, si bon qu’il a été promu, alors il sera bon dans ce poste de chef, n’est-ce pas ? (je précise que cette phrase est ironique...).

Ainsi,  entre le manque de préparation, le stress, les décisions à prendre,  etc. ce n’est pas étonnant qu’il y ait un impact sur l’humeur de la personne. Vous me direz, et alors ? On parle d’une étape cruciale dans ma carrière et toi, tu me parles du fait que je sois un peu ronchon ? Oui, j’en parle, car le moral du manager influera directement sur celui de son équipe. Etre de mauvaise humeur, surtout si c’est tous les jours, va impacter la relation avec l’équipe. Et avec le temps, cela peut avoir des conséquences sur le travail à accomplir. Une équipe qui a le moral en berne n’est plus très productive, les collaborateurs ne viennent plus exprimer leur avis spontanément, les problèmes sont dissimulés, etc. Donc on passe d’une situation de stress, à une situation de crise, ce qui va entraîner encore plus de stress. En d’autres termes, nous sommes devant un très bel exemple de cercle vicieux.

Revenons maintenant à mon injonction de ne pas se prendre au sérieux. Tout est lié. Les responsabilités et le stress qui en découle font adopter une posture "sérieuse". On craint tellement de ne pas réussir à asseoir son autorité qu’on ne s’autorise aucune entorse, pas la moindre petite blague, qui risquerait de mettre en danger notre image.

Peu de temps avant d’être nommée à mon premier très gros poste, j’étais allée à une formation interne. J’y avais rencontré plusieurs personnes avec qui j’avais beaucoup sympathisé et la formation s’était finie sur une soirée, où l’alcool coulait à flots. Une fin de formation est souvent vécue comme une libération. Aussi, nous étions au bar et nous nous amusions… Beaucoup. Quand je suis arrivée en poste, je découvris très rapidement qu’une de mes nouvelles N-2 était à cette formation. Une des personnes avec qui je m’étais très bien entendue au cours de cette fameuse soirée. Elle avait partagé avec l’équipe une ou deux photos de moi, qui sans être vraiment compromettantes, n’étaient pas vraiment les photos qu’on attend de voir de la nouvelle cheffe. Elle commentait "regardez la nouvelle cheffe… Elle est cool". Sachant que j’étais complètement en dehors de ma zone de confort avec ce poste ! Au moins cela m’a dissuadée de camoufler mon manque de confiance en moi avec une attitude irascible qui n’aurait pas du tout été crédible ! Et tout s’est très bien passé dans la joie et la bonne humeur !

Penser que l’autorité vient avec le sérieux, ou vice-versa, est à mon avis une erreur - si cela ne correspond pas à notre nature. Non seulement un nouveau manager doit faire face à des situations nouvelles et complexes tous les jours, si, en plus, il doit porter un masque tous les jours, il sera inéluctablement malheureux comme une pierre.

Le manque d’expérience est juste un passage obligé lorsque l’on occupe une nouvelle position. Après quelques mois, on gagnera en aise et donc éprouvera plus de plaisir dans son poste. Et très vite, les premiers jours de mains moites, de posture mal assurée ne seront plus qu’un mauvais souvenir, on aura acquis une certaine maîtrise des sujets et prendre des décisions sera devenu presque facile.

Mais qu’en est-il du comportement ? Si nous avons associé une certaine attitude non-naturelle à notre nouveau rôle de manager, cela va être difficile de corriger le tir. Nous n’oserons pas changer ou faire notre mea-culpa de peur que ça dégrade l’image créée. Revenir en arrière va être difficile.

Donc, épargnez-vous cette peine, évitez de vous prendre au sérieux dès le départ !

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