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L'industrie au féminin

Le blog de Magali Anderson

Mari et carrière

Publié le

Mari et carrière

Je voudrais réagir à l’excellent article d’Avivah Wittenberg-Cox "Votre futur conjoint n’est pas prêt à soutenir votre carrière ? Restez célibataire"

 

Nous avons discuté du couple en entreprise et de ce qu’il en découlait. Je souhaite vous parler aujourd’hui de l’étape précédente : comment choisir son conjoint ?

Je vous rassure, mon intention n’est pas de transformer ce blog en courrier des cœurs. Cet article a pour objectif d‘aborder la question de l’impact de la relation maritale sur la carrière, surtout sur celle de la femme.

Mon dernier poste à l’étranger était en Chine, en 2015. J’y ai rencontré plusieurs femmes envoyées par leurs entreprises et que les maris avaient suivies. Nonobstant, elles n’étaient que quelques-unes*. La vaste majorité des familles expatriées sont constituées d’un mari qui est parti poursuivre sa carrière, et de sa femme qui l’a suivi, souvent au prix de la sienne.

Malgré tout, une question réside : pourquoi ce déséquilibre ?

Autocensure et non-dits en entreprise

Les entreprises hésitent souvent à proposer ces emplois aux femmes. Elles sont en effet une majorité à les refuser parce qu’elles savent que leurs maris ne les suivront pas, ou parce qu’elles ne veulent pas leur demander un tel sacrifice. Cette image est tellement ancrée que certaines disent non sans même consulter leur partenaire. Pourtant, la majorité de ces conjoints en question ne se poseraient pas la question dans le cas inverse.

Encore maintenant, la carrière des hommes prime souvent sur celle des femmes. 

En conséquence, les femmes qui réussissent ont souvent fait des sacrifices personnels pour en arriver là. Rares sont celles qui ont réussi à conjuguer mari, enfants et carrière.

Pourtant, ils existent des hommes qui sont prêts à soutenir la carrière de leur femme. Ceux qui acceptent « que le meilleur ou la meilleure » gagne.  C’est-à-dire que la distribution des rôles se fasse suivant les capacités de chacun indépendamment de leur sexe. En écrivant ces mots, je me dis que cela devrait être tellement évident, qu’on ne devrait plus avoir à écrire sur le sujet.

Malgré tout, très souvent, les hommes sont heureux et fiers de la carrière de leurs femmes… à condition qu’elle n’impacte pas la leur (transfert à l’étranger, répartition des tâches ménagères) ou qu’elle ne gagne pas plus qu’eux.

Tabou dans le couple

Et voilà, le fameux tabou… Si le nombre d’hommes qui acceptent que leur femme ait une meilleure position ou gagne mieux qu’eux augmente, ils restent une minorité. Beaucoup de femmes vont consciemment ou inconsciemment refuser des opportunités, uniquement pour ne pas être confrontées à ce problème.

Donc mesdames, si vous êtes passionnées par votre carrière et si vous ne voulez pas affronter le dilemme de devoir choisir un jour entre votre vie privée et votre vie professionnelle, alors assurez-vous que le partenaire de vie que vous choisissez soit votre plus grand supporter !

Et comment s’y prendre pour s’assurer de cela ?

Ma réponse habituelle serait : « écoutez votre instinct ». Oui, sauf que les messages du fameux  instinct sont souvent très codés et que quand le cœur parle très fort, donc quand on a besoin de lui, il a tendance à se taire. Ceci dit, ce n’est qu’une demi-boutade, les années aidant, j’ai vraiment appris à l’écouter et j’ai regretté à chaque fois que j’ai passé outre.

Carrière toujours ?

Une manière plus académique de le faire, est de simplement mettre le sujet sur la table. Profiter d’un dîner aux chandelles où l’on parle « amour toujours », pour voir si son  partenaire considère aussi qu’ « amour toujours » rime avec « carrière toujours ». Il ne faut pas hésiter à poser la question : « Ma carrière peut-elle éventuellement primer sur la tienne si la situation s’y prête ? » Il est important d’expliquer que ce n’est pas une règle absolue, mais dans le cas où sa carrière serait plus prometteuse que la sienne, y serait-il opposé ? S’il est ouvertement contre ou dérangé par l’idée, la question se pose alors de savoir si cela peut mener à une relation viable, source de bonheur. Le cas échéant, voulons-nous prendre le risque de se retrouver vingt ans plus tard, aigrie d’être passée à côté d’une carrière prometteuse pour ne pas déranger l’égo de sa moitié ?

Les débuts d’une relation sont toujours un moment réjouissant où les deux intéressés sont prêts à toutes les concessions. Malheureusement, ce n’est quelques années plus tard, quand la routine s’installe et que l’on vit heureux dans son cocon douillet, la passion du début s’étant transformée en une complicité bienveillante, que le sentiment d’être passé à côté de quelque chose se fait de plus en plus persistant. C’est à ce moment exact que l’on se met à reprocher à son conjoint, les sacrifices qu’on a faits, et dans beaucoup de cas, cela se termine en une séparation.

Gagnons du temps – éliminons ce futur obstacle dès le début et vivons heureux « pour toujours avec beaucoup d’enfants » avec ce partenaire qui est notre premier soutien professionnel. 

 

* Aujourd’hui encore, l’expatrié type est un homme ; seuls 14% des professionnels envoyés à l’étranger sont des femmes, qui partent en solo pour un tiers d’entre elles. En conséquence, dans 91% des cas, le conjoint d’expatrié est une femme, qui met très souvent sa carrière entre parenthèses, ce qui peut être un vrai sacrifice. (voir article complet ici)

 

 

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