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L'industrie au féminin

Le blog de Magali Anderson

Des femmes au volant des camions

Publié le

Des femmes au volant des camions
© Magali Anderson

Tout d’abord, je vous souhaite mes meilleurs vœux pour 2019 !
Et pour mon premier article de l’année, je voudrais vous parler d’un sujet qui me tient à cœur en ce moment, la nouvelle mission que je me suis donnée il y a quelques mois : augmenter le nombre de conductrices.
Tout est dit sur la photo.

En jaune, moi… Derrière moi, un énorme engin de carrière. A côté de moi, en orange – la conductrice de ce mastodonte. Cette photo fut prise aux Philippines, fin 2018.
Il y a quelques mois de cela, je visitais la Roumanie et nous parlions de la formation des chauffeurs, dans le cadre du programme de sécurité routière. Le manager me dit que son problème principal était le nombre de départs des chauffeurs, une fois formés, vers les pays de l’Europe de l’Ouest, à la recherche de meilleurs salaires.

Je le questionnais alors sur le pourcentage de conductrices femmes - Très surpris, il me répondit qu’il n’y en avait pas.
En quoi est-ce relié à notre problématique - me direz-vous ?

Engager des conductrices permettrait de pallier cette perte de main d’œuvre. De plus, employer des femmes aujourd’hui est possible et opportun pour de nombreuses raisons :

1 – De nos jours, conduire un camion ne demande plus une force herculéenne. Les camionneurs n’ont donc plus besoin d’être des « gros bras » (en tout cas, pas pour nos opérations).
2 – Les femmes ont moins d’accidents mortels – D’après le dernier bilan de l’accidentalité, publié en janvier 2018 par l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (ONISR):
• 67 % des points de permis retirés concernent les hommes.
• Les hommes représentent 75 % des condamnés pour homicide involontaire.
• 88 % des conducteurs impliqués dans un accident mortel sous l’emprise de l’alcool sont des hommes.
• Et pour répondre à la question des km : il n’existe pas de statistique fiable sur la proportion d’usagères de la route par rapport aux usagers mais… : le permis de conduire a été délivré à 49 % de femmes et selon une étude TNS Sofres parue en 2012, le kilométrage annuel des utilisatrices principales d’une voiture (11 200 km) est pratiquement le même que celui des hommes (12 500 km). D’autres études parlent de 20 à 30% de km en moins.
3 – Les femmes prennent plus soin de leur équipement que les hommes (ce fut confirmé par les pays ayant déjà lancé l’initiative et qui commencent à avoir des retours statistiques)
4 – Les femmes ont moins tendance à quitter leurs familles pour partir à l’étranger, une fois formées, même pour gagner plus.

5 – Certaines de nos activités (conduite d’engins de carrière, conduite de camion toupie) sont des métiers à horaires fixes, sans déplacement de longue distance, et donc idéales pour des personnes souhaitant rentrer tous les soirs chez elles.

Alors la question qui vient tout de suite à l’esprit : où trouver des conductrices ?
Malheureusement, aujourd’hui, il y en a peu. En France, selon plusieurs sources, elles seraient entre 3 et 5 % à conduire des poids lourds (transport de marchandises uniquement, elles seraient environ 20 % en transport de personnes).

Et qu’en est-il des préjugés ? Existe-t-il de la discrimination dans l’industrie du transport ?
Peut-être dans la perception de certaines personnes, mais il semblerait que ce ne soit pas le cas chez les conducteurs de camion. Le passage de l’article ci-dessous le témoigne :
"Des préjugés souvent infondés sur les femmes chauffeurs de poids lourds : celles qui envisagent de se lancer dans le métier de chauffeur poids lourds craignent bien souvent de se retrouver confrontées à un secteur « macho » ou d’être discriminées à l’embauche. Pourtant, peu de différences sont à déplorer entre les hommes et les femmes dans l’application du métier. Le secteur est en réalité assez tolérant et laisse place à la mixité."

Malgré tout, le pourcentage de conductrices reste indubitablement faible… C’est un peu l’histoire de la poule et de l’œuf. S’il n’y a pas d’emploi à la clef, les femmes ne se formeront pas – et s’il n’y a pas de femmes formées, les entreprises ne vont pas les embaucher et le nombre de femmes stagnera.

Quelles solutions mettons-nous en place ?
Pour revenir à la Roumanie, ils souhaitent faire un partenariat avec une école de conduite afin de former des femmes, qui seraient assurées d’avoir un travail à la sortie.

Plus globalement et pour le moment, nous nous concentrons principalement sur les missions avec des trajets courts, qui permettent aux conductrices de rentrer le soir chez elles. En effet, cette solution apparaît être la plus adaptée, dans la mesure où les lieux de repos sur la route, ne sont pas faits pour accueillir des femmes, dans beaucoup de pays. Aussi, prouvons que nous parvenons à recruter pour de courts trajets, nous aborderons en second temps la problématique des longs déplacements, lorsque notre stratégie aura fait ses preuves.
Au cours de mes voyages, j’entends très souvent des personnes se plaindre du manque de conducteurs de camion, une problématique commune à tous les continents. Cependant, il manque un élément à leurs réflexions : les conductrices !

(ah... Et voici les 4 premières conductrices de camions recrutées en Ouganda…:)

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