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L'Usine Cognitive

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Les sciences comportementales au service de la société?

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Les sciences comportementales au service de la société?
© Ryoji Iwata/Unsplash

Nudge, neurosciences, neuro-économie... On entend parler des sciences comportementales partout ! Au-delà de l'effet de mode, la promesse qui accompagne ces différents termes n'est autre qu'une meilleure compréhension de la complexité de l'humain, pour identifier de nouveaux leviers au changement de comportements. C'est important pour une entreprise qui se transforme, mais aussi pour la société dans son ensemble. Les gouvernements à travers le monde s'intéressent d'ailleurs à ces questions : comment garantir un meilleur impact des politiques publiques ?

Que ce soit pour favoriser le paiement des impôts, l'adoption de comportements plus écologiques ou bénéfiques pour la santé, les sciences comportementales peuvent aiguiller ces politiques publiques pour maximiser leur impact. Et ce sont désormais de plus en plus d’entreprises qui se demandent si cette approche ne pourrait pas faciliter leur transformation en incitant de façon douce leurs collaborateurs au changement de comportement. Cependant ces pistes données par la science doivent être considérées avec précaution, car les résultats issus des laboratoires ne peuvent pas prédire de façon certaine le comportement des populations. De plus, si les comportements humains ne sont pas correctement anticipés ou pris en compte, des effets contre-productifs peuvent survenir et entraver l'efficacité des approches comportementales. Ainsi, au-delà de ces pistes, les sciences comportementales nous amènent surtout une méthode scientifique : il est indispensable d'évaluer l'impact de la politique, à court et moyen terme.

 

Mariam Chammat, docteur en sciences cognitives et Stephan Giraud, tous deux experts dans l'application des sciences comportementales aux politiques publiques à la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP), témoignent de leur vision et expérience.

“Dans un contexte de recherche d’une plus grande efficacité de l’action publique, de plus en plus de décideurs se tournent vers les approches comportementales. Sécurité routière, santé, environnement, civisme fiscal, la réussite de nombreuses politiques dépend en grande partie de leur capacité à faire évoluer les comportements des citoyens.

Face à ce défi, les connaissances en sciences comportementales permettent de construire des politiques publiques qui prennent en compte les citoyens dans toute leur complexité, notamment lorsqu'il s'agit d'anticiper les manières qu'ils auront d’intégrer ou non, dans leur comportement, les orientations d’une nouvelle politique publique. Les sciences cognitives et comportementales n’ont pas ici vocation à travailler seules : elles s’ajoutent à un éventail large d’outils préexistants, d’aide à la décision tels que la prospective, l'analyse statistique, les simulations économiques... Mais là où cette approche est la plus utile, c’est lorsqu’elle est combinée à des méthodes d’expérimentation et d’évaluation qui permettent de réellement apprécier les impacts des solutions proposées.

Ceci nécessite de modifier la façon de concevoir les politiques publiques en prenant le temps d’intégrer les étapes clés de la méthodologie expérimentale. Cette approche invite donc à l’humilité et la modestie puisqu'il s'agit d’admettre que l’on ne sait pas ce qui fonctionne avant de l’avoir testé et prouvé. Loin des effets de communication, le respect de cette rigueur scientifique garantit des résultats plus pérennes et des gains conséquents, pour les usagers comme pour les finances publiques.

C’est cette conviction qui a présidé à la création aux États-Unis et au Royaume-Uni, des premières unités dédiées à ces approches comportementales, puis a conduit la France à explorer cette voie en 2014 avec un chantier fondateur ayant permis de contribuer significativement à l’essor de la déclaration en ligne des revenus. Aujourd'hui ces techniques, promises à un bel avenir, méritent cependant d'être encore mieux connues et développées au sein d'administration française, afin de contribuer durablement à l'amélioration de l'action publique.”

Nous tenons à remercier vivement Mariam Chammat et Stephan Giraud d'avoir partagé leur expertise et leur expérience liées à l'application des sciences comportementales aux politiques publiques au sein du gouvernement.

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