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L'Usine Cognitive

Le blog des experts des neurosciences

La surcharge cognitive au travail, sommes-nous en capacité d'agir ?

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La surcharge cognitive au travail, sommes-nous en capacité d'agir ?

Avec l'arrivée du digital et l'automatisation d'un grand nombre de tâches, le travail vit aujourd'hui une nouvelle révolution. Désormais, du matin au soir, nous devons capter, traiter, et restituer des informations. Au milieu de ces nouvelles injonctions, se trouve notre cerveau !

Cet organe étonnant est capable de prouesses, mais dispose aussi de certaines limites que le travail vient parfois bousculer : instantanéité et culture de l'urgence, dématérialisation des échanges, accélération du travail, multiplicité des canaux de communication, mise en scène permanente, hyper-connexion, etc. Face à ces évolutions, le risque de surcharge cognitive a considérablement augmenté. Pour agir face à ce constat, il est crucial de prendre en compte le cerveau à des niveaux organisationnels mais aussi individuels.

 

Pour comprendre comment survient cet état, il faut s’intéresser à la mémoire de travail, une fonction cognitive méconnue malgré une importance centrale. Elle permet un stockage temporaire des informations qui nous parviennent, juste le temps de les analyser et de les traiter (Baddeley, 1992). Ces informations peuvent parvenir de notre environnement mais aussi de nos propres pensées. Mais attention ! Elle ne peut contenir qu'un nombre limité d’éléments, et durant quelques secondes seulement ! Vous est-il déjà arrivé au cours d'une conversation d'oublier une idée à laquelle vous veniez de penser ? Ou encore de ne pas vous souvenir d'une information importante que votre collaborateur vient de mentionner, ou bien d'une des informations présentes sur une diapositive qui vient de vous être présentée en réunion ? Ces situations ont pour point commun une difficulté à enregistrer, analyser, des informations qui nous sont présentées en trop grand nombre (Miller, 1956), et certaines informations pourtant utiles ne tiennent plus dans votre mémoire de travail !

Ainsi notre mémoire de travail est limitée, mais bien heureusement un renouvellement permanent des informations qu'elle contient nous permet de manipuler un très grand nombre d'information chaque jour. En revanche, chaque traitement d’information par cette mémoire de travail a un coût pour notre cerveau : c'est ce qu'on appelle la charge cognitive, ou charge mentale (Sweller and Chandler, 1994). Mais malheureusement, il arrive parfois que notre mémoire de travail sature, et que nous entrions dans un état temporaire de surcharge cognitive.

 

Trois facteurs principaux vont venir impacter en permanence ma mémoire de travail, et donc ma charge cognitive : mon état interne (fatigue et état émotionnel notamment), la complexité de la tâche que je dois réaliser (ainsi que mon niveau d’expertise), et l’environnement dans lequel je l’exécute. Selon ces trois facteurs, qui évoluent en permanence, je peux basculer de la sous-charge à la surcharge, en passant bien sûr par ce que nous appelons l’équilibre cognitif.

La surcharge comme la sous-charge cognitive sont des états transitoires, que nous vivons tous régulièrement au cours de notre vie. Le problème ? Il survient lorsque l’un de ces états revient de façon continue et répétée dans le temps. Une des clés de performance et de bien-être au travail réside alors dans notre capacité à maintenir cet état d'équilibre cognitif.

Mais face aux multiples facettes de cette problématique, qui est en capacité d'agir ? Et comment ? L’organisation d’abord, par sa capacité à créer des environnements, des méthodes de travail et une culture d’entreprise qui prennent en compte la variabilité interindividuelle, les limites de notre mémoire de travail et de notre attention, ainsi que la fatigue mentale. L’organisation toujours, par sa capacité à imposer aux développeurs d’outils digitaux un design qui préserve notre attention (par exemple, en permettant de choisir les plages horaires et/ou informations qui engendre des sollicitations). Mais dans de nombreux cas, l’individu a aussi un rôle à jouer. Nous devons tous apprendre à écouter notre cerveau et à modifier certains de nos comportements en conséquence. On appelle cela la métacognition. Comme un sportif le fait avec son corps, l’homme au travail peut détecter les moments où son attention chute, où la fatigue mentale survient, et adapter son activité : changer de tâche, faire une (bonne) pause, s’isoler du digital, etc… Bien entendu, cela présuppose que l'individu ait une certaine autonomie sur la gestion de ses méthodes de travail.
La clé, qu’elle soit organisationnelle, collective, ou individuelle, réside donc avant tout dans la compréhension et la prise en compte de notre cerveau, de ses forces, mais peut-être encore plus de ses limites.

 

Références
Baddeley A (1992) Working memory. Science 255:556–559
Miller GA (1956) The magical number seven plus or minus two: some limits on our capacity for processing information. Psychol Rev 63:81–97
Sweller J, Chandler P (1994) Why Some Material Is Difficult to Learn. Cogn Instr 12:185–233

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