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Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

Vers un atterrissage d’urgence (climatique)

Publié le

Vers un atterrissage d’urgence (climatique)
© Capture Vimeo - Cy Kuckenbaker

La marche du siècle a connu un grand succès. D’après les organisateurs, 100 000 personnes auraient défilé à Paris le 16 mars pour réclamer des politiques climatiques plus ambitieuses. Une mobilisation collective qui appelle également au changement de nos comportements individuels. Parmi les sources d’émissions de gaz à effet de serre, les transports sont souvent pointés du doigt. Notamment le transport aérien, principal émetteur de carbone par kilomètre parcouru. De quoi remiser définitivement les avions au hangar ?

La fin annoncée des vols courte distance

Le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa) a évalué à 140 millions de tonnes les émissions de CO2 émises par les transports en France. L'aérien n’arrive qu’en seconde position, loin derrière le transport routier. Néanmoins, ramenées au kilomètre parcouru par passager, les émissions d’équivalent carbone du transport aérien sont les plus importantes. Ainsi, sur un trajet de 500 km, les émissions de CO2 par passager peuvent atteindre 241 kg en avion selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), contre 170 kg en voiture. Le train, pour sa part, reste le mode de transport le moins polluant, un TGV émettant en moyenne 3,2 kg de carbone par passager sur cette distance.

C’est en se fondant sur une analyse similaire que le Parlement néerlandais a proposé d’abandonner définitivement la liaison aérienne Amsterdam – Bruxelles au profit du train, ces deux villes n’étant distantes que de 200 km. Une proposition émanant du parti écologiste GroenLinks, soutenue par les partis de droite de la coalition au pouvoir. Une proposition logique, la distance séparant les deux capitales se parcourant en 2h en train, contre une heure de vol, à laquelle il faut ajouter les temps de contrôle et d’accès aux aéroports, excentrés. Autant de raisons justifiant l’arrêt de la dizaine de vols quotidiens assurés par KLM…

Repenser le transport à l’aune d’un quota carbone individuel ?

L’exemple hollandais pourrait nous donner des idées, alors que la France est dotée d’un réseau TGV assez dense. Mettre un terme aux vols pour Nantes, Rennes ou Lyon au départ de Paris ne semblerait donc pas saugrenu…

C’est d’ailleurs l’une des propositions du rapport publié en décembre 2018 par le cabinet B&L Evolution. Un rapport qui pointe l’ensemble des mesures à mettre en place en France pour limiter la hausse moyenne des températures mondiales à + 1,5°C en 2100, en cohérence avec le scénario proposé par le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). Un rapport qui a fait grand bruit, au regard des profonds changements de mode de vie qu’il préconise.

Ainsi, le cabinet B&L Evolution propose de réduire de 72% les vols aériens. Ce qui imposerait de supprimer tous les vols intérieurs pour lesquels des trajets alternatifs par route ou par train de moins de quatre heures existeraient. Mais également d’interdire purement et simplement tout vol non justifié en dehors de l’Europe à compter de 2020. Un quota de vols long-courrier pourrait être attribué aux jeunes en formation, les autres vols étant distribués par loterie. Autant dire une révolution du "droit au voyage" qui ferait grincer des dents. Mais qui ferait également la part belle au rail et nous replongerait aux heures glorieuses des transports ferroviaires de longue distance. Le transsibérien et l’Orient-Express auraient alors de beaux jours devant eux…

Fortement critiqué sur les réseaux sociaux, ce scénario a le mérite de poser clairement la question de notre responsabilité individuelle face au changement climatique. Et d’appliquer le principe de sobriété à nos déplacements. Alors que la question de la combinaison des justices environnementale et sociale apparaît prégnante, pourquoi ne pas imaginer un système de quotas carbone individuels, au-delà desquels la consommation de services de transport serait limitée ou taxée ? Un instrument permettant de répondre tout à la fois au défi climatique et à l’exigence d’égalité face au droit au transport.

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