Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

"Vacances, j’oublie tout…"

Publié le

Vacances, j’oublie tout…
En France, la sécheresse de l'été 2020 a conduit 77 préfectures à prendre des arrêtés de restriction d'eau.
© amehaem - Flickr - C.C.

C’est déjà la reprise. Finies les vacances, les siestes tranquilles, les promenades insouciantes sous un ciel bleu. Particulièrement bleu cette année. Trop bleu sans doute, tant mes balades m’ont conduit à traverser de prairies desséchées. Indiscutablement trop bleu, quand mes échanges avec des éleveurs, au gré des rencontres, me conduisaient à parler de manque d’eau et de pénurie de foin. Terriblement trop bleu, à la lecture de la presse internationale, relayant l’inquiétante dégradation des glaciers groenlandais, témoignage d’un réchauffement climatique hors de contrôle, aux conséquences irréversibles. Se déconnecter devient difficile quand on travaille sur ces sujets... "Vacances, j’oublie tout, plus rien à faire du tout" : une chanson de 1983, passée de mode. Une époque lointaine, où l’emballement climatique ne faisait pas encore la une des journaux.

Au Groenland, la calotte glaciaire est condamnée

Publiée dans Nature, l’étude pilotée par la climatologue américaine Michalea D. King jette un sérieux coup de froid sur l’enthousiasme des plus optimistes. Cette publication analyse en effet l’évolution de la calotte glaciaire groenlandaise à partir d’images satellitaires de ces trente dernières années. Et permet de prendre la mesure des effets du réchauffement climatique, cette évolution étant très négative depuis le début des années 2000. En résumé, le rétrécissement de la calotte glaciaire groenlandaise s’accélère, les chutes de neige hivernale ne compensant plus la fonte naturelle des glaciers en été. Une fonte liée au réchauffement progressif de l’eau de mer ainsi qu’à la hausse de la température ambiante. Et l’eau de fonte superficielle des glaciers accélère mécaniquement le détachement progressif de blocs de glaces dans l’océan. Une disparition des glaciers groenlandais jugée irrémédiable désormais, du fait des tendances prévisibles d’évolution du climat mondial. Ce qui aura sans doute des conséquences sur le reste de la planète, puisque cette île contribue aujourd’hui à elle seule à l’élévation du niveau global de la mer à hauteur de 1 millimètre par an. Un rapport du Giec (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) de 2019 établit que le niveau des mers devrait augmenter de 43 cm environ d’ici à 2100 dans un monde à + 2 °C, et de 84 cm dans un monde à + 3 °C. Ce qui submergera un grand nombre de zones côtières, y compris en France… Car le dérèglement climatique ne s’observe pas qu’aux pôles.

En France, une sécheresse de plus

C’est en effet un nouvel épisode de sécheresse que connaît le pays. Une sécheresse qui devient presque habituelle. Le déficit de précipitations qui a touché au printemps une large partie de la France s'est accentué avec un mois de juillet très sec et des précipitations insuffisantes en août pour recharger les nappes phréatiques. Une situation ayant conduit 77 préfectures de France métropolitaine à prendre des arrêtés de restriction d'eau. Une situation qui menace en tout premier lieu les agriculteurs et les éleveurs, les ressources fourragères disponibles pour les troupeaux faisant d’ores et déjà défaut dans plusieurs régions. Une situation d’autant plus alarmante que les étés se ressemblent désormais, ce qui fragilise des exploitations agricoles dont la situation économique est souvent dégradée. Face à cette situation, certains appellent à des investissements massifs en faveur de la création de retenues d’eau. Une stratégie qui pose question et s’apparente à une fuite en avant, tant le dérèglement climatique est appelé à s’accélérer. La mutation de notre agriculture vers des modes de production beaucoup plus sobres en eau, faisant appel à des cultures plus rustiques, plus résistantes au stress hydrique, pourrait constituer une solution d’avenir, soutenable écologiquement et économiquement. Mais qui doit être accompagnée et implique de sortir des schémas conventionnels de production.

Le dérèglement climatique est désormais là. Bien présent. Tangible. Concret. Chaque été. L’heure n’est plus à échafauder des scénarios prospectifs de transition à long terme mais bien de trouver les solutions immédiates d’adaptation au réchauffement planétaire actuel. En espérant que chacun mesure l’ampleur de la tâche à accomplir, dans tous les secteurs d’activité. S’il est encore temps…

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