Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

Une hausse qui fait tousser

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Une hausse qui fait tousser
© Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

La France est clivée. Voire schizophrène. La hausse du prix des carburants suscite depuis plusieurs semaines des débats passionnés, hautement politisés, et les français sont appelés à descendre dans la rue le 17 novembre pour exprimer leur mécontentement. Il y a quelques semaines seulement, le 13 octobre, d’autres (ou bien les mêmes ?) marchaient pour le climat. Comment concilier ces enjeux contradictoires ?

Une taxation vertueuse

Beaucoup a été écrit sur cette hausse du prix des carburants, essentiellement liée à celle du pétrole et – dans une moindre mesure – à la hausse des taxes. La Contribution Climat Energie intégrée à la TICPE (Taxe Intérieure sur la Consommation de Produits Energétiques) a en effet été augmentée, selon une trajectoire annoncée, et le prix du diesel s’aligne progressivement sur celui de l’essence. Comme la TVA s’applique pour partie à la TICPE, augmenter la TICPE revient mécaniquement à accroître le prix des carburants dans un effet boule de neige…

La hausse des taxes répond à un objectif environnemental et sanitaire évident : le transport est le premier facteur d’émission de gaz à effet de serre en France et l’une des principales causes de pollution de l’air d’origine anthropique. Les particules fines sont responsables de troubles respiratoires et du décès prématuré de 48000 personnes chaque année en France selon une estimation de Santé Publique France datant de 2016. Face à ces constats, les grands principes de l’économie de l’environnement sont mis en œuvre : appliquer le principe pollueur-payeur, internaliser dans le prix à la pompe les externalités environnementales des carburants prises en charge par la société, utiliser le signal-prix pour inciter les consommateurs à réduire leur utilisation de la voiture. Une approche fiscale néanmoins incomplète, les transports aériens et maritimes échappant à cette taxation…

Repenser de manière systémique nos rapports aux transports

L’usage de l’automobile n’est pas réparti équitablement sur le territoire. Dans les grandes métropoles, où les transports en commun sont développés, les alternatives à la voiture individuelle existent. Pourtant, 58% des trajets domicile-travail de moins d'un kilomètre se font en voiture selon l’Insee. En revanche, en zone rurale, un très grand nombre de français sont totalement dépendants de leur voiture pour aller travailler, mais également faire leur course ou emmener leurs enfants à l’école. La disparition de services et administrations de proximité dans un grand nombre de communes rend en effet indispensable le véhicule individuel.

Face à ce problème, il apparaît essentiel de repenser de manière systémique nos rapports aux transports. Difficile de reprocher à un habitant de commune non desservie par les transports en commun de manifester contre la hausse du prix du carburant. En revanche, le citadin qui utilise sa voiture pour des déplacements inférieurs à un kilomètre doit être incité à changer de comportement. Une réflexion globale doit être menée pour concilier politiques de transport public et d’aménagement du territoire, limiter l’étalement urbain et la disparition des commerces de proximité au profit de zones commerciales excentrées, densifier le logement, préserver les services de proximité, développer au maximum le numérique et les véhicules propres. Et ce tant pour sauver notre planète que pour préserver la cohésion territoriale de notre pays…

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