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Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

"Slow economy", ralentir pour continuer à avancer

Publié le

Slow economy, ralentir pour continuer à avancer
© Johan Desaeyere - Unsplash

Construire une société plus soutenable, moins consommatrice de ressources naturelles, implique de repenser notre relation au temps. Acheter un smartphone dernier cri dont la fabrication nécessite des terres rares ; prendre l’avion, émetteur de gaz à effets de serre, plutôt que le train ; rouler en trottinette électrique plutôt que marcher. Autant d’actes de consommation affectant l’environnement et tournés vers la course au temps. Une course sans fin, qui vise plus à assouvir des pulsions immédiates qu’à répondre à des besoins essentiels. Et qui concerne tous les secteurs de l’économie.

L’avènement des "slow tech"

Au quotidien, l’accélération est devenue une obsession. Nous passons nos journées à relever nos mails et surveiller les réseaux sociaux, afin de réagir immédiatement... à des informations très rarement indispensables ! Une course à l’information qui nous poursuit désormais dans les salles d’attente et les commerces, dotés de télés branchées sur les chaînes d’info en continu. Autant de symptômes qui appellent les remèdes des "slow tech" : face à l’hyper-connection, à l'obsolescence programmée et au tout jetable, revenir à des technologies plus simples, moins gourmandes en énergies et en ressources, peu coûteuses, fabriquées avec des ressources locales. Un profond changement de paradigme…

Un mouvement "slow" issu de l’agriculture, avec le lancement du "slow food" en Italie à la fin des années 1980. Prendre le temps de produire, plus sainement, et de manger, pour prendre le contrepied des fast-foods. Revenir à une alimentation plus durable et locale, issue de pratiques agricoles moins intensives en engrais et en pesticides, dans le respect des cycles naturels de l’eau, du carbone, des écosystèmes et de la biodiversité locale. Le mouvement s’est structuré en 2014 via le réseau "Terra Madre", symbolisé par un escargot, qui compterait aujourd’hui plus de 100 000 structures adhérentes dans 160 pays. Un réseau de communautés alimentaires, associant agriculteurs, pêcheurs, cuisiniers, ONG, pour produire et consommer local. Les prémices de l'économie circulaire.

Repenser l’économie et l’action publique à l’échelle du temps long

Au-delà de ces dynamiques sectorielles, c’est l’ensemble de l’économie qui doit revenir à des rythmes plus lents pour assurer la pérennité des ressources offertes par l’environnement. Economiser, pour construire une économie durable. Ce qui implique de remettre l’économie au service d’une civilisation à nouveau ancrée dans la nature. Et donc de remettre la finance au service de l’économie. Une finance aujourd’hui ultra-rapide, pilotée par des robots traders qui échangent des ordres à travers le monde en quelques millisecondes. Face à ce constat, la "slow money" se développe depuis la crise de 2008. Une nouvelle vision de la finance, centrée sur le soutien aux petites entreprises locales.

Pour accompagner ces transformations, les acteurs économiques doivent pouvoir compter sur une action publique qui s’inscrit dans le temps long. Là aussi, un profond changement de paradigme quand on mesure à quel point l’agenda politique se trouve dicté par l’actualité, avec pour horizon ultime les échéances électorales à venir. Réagir au fait divers du jour quand il faudrait proposer une transition écologique de notre appareil productif sur un très long terme.

Car le paradoxe est bien là : lutter contre le changement climatique implique de prendre aujourd’hui des décisions qui concerneront les générations à venir sur plusieurs siècles, au regard de la durée de persistance des gaz à effet de serre dans l’environnement. Sans parler de l’érosion de la biodiversité, cette sixième extinction de masse qui nous renvoie à la précédente, c’est-à-dire celle des dinosaures, il y a 65 millions d’années. Difficile de concevoir de tels bouleversements quand les points de comparaison sont à ce point éloignés de notre perception humaine du temps. Un exercice pourtant indispensable si l’on souhaite voir notre économie survivre aux défis environnementaux en cours…

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