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Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

Retour à la terre

Publié le

Retour à la terre
© Lubomirkin - Unsplash

L’été 2019 restera certainement dans les mémoires comme l’été de tous les records. Malheureusement, les pires. Record de chaleur battu, à Paris avec plus de 42°C sous abri et au niveau mondial, le mois de juillet étant le plus chaud jamais enregistré. Autant d’éléments confirmant l’urgence d’une réduction drastique de nos émissions de gaz à effet de serre à l’échelle planétaire. Un objectif crucial qui passe par la préservation des terres, puits de carbone indispensables à l’alimentation d’une population mondiale appelée à croître. Un retour à la terre s’impose…

Protéger les terres et lutter contre l’artificialisation

Le Giec est formel : maintenir la hausse du réchauffement de la planète à 1,5°C en moyenne d’ici à la fin du siècle impose de gérer durablement les sols et de refonder le système alimentaire mondial. Dans un rapport rendu public le 8 août, le groupe d’experts de l’ONU sur le climat dresse en effet un constat sans appel : l’activité de l’homme affecte désormais 72% de la surface de la planète et 5,3 millions de km2 d’espaces naturels ont été perdus depuis 1961. Or la destruction de ces écosystèmes, qu’il s’agisse de zones humides ou de forêts, est à l’origine d’un "déstockage" de carbone amplifiant le dérèglement climatique. Cette transformation est notamment liée à une déforestation et à une mise en culture pour produire l’alimentation des animaux d’élevage, dont la viande est de plus en plus consommée à l’échelle mondiale. La demande globale de viande a ainsi doublé depuis 1961. Or l’élevage produit des gaz à effet de serre, qu’il s’agisse du méthane émis par les ruminants ou des gaz issus des déjections animales.

Au niveau national, c’est une dynamique sensiblement différente qui est observée : l’artificialisation des terres, c’est-à-dire la destruction d’espaces naturels, agricoles ou forestiers pour la construction de logements et d’infrastructures de transport, s’accélère. Ce qui explique en partie l’érosion de biodiversité observée et limite de facto le potentiel de séquestration du carbone dans les sols. Comme l’a montré un rapport de France Stratégie publié le 23 juillet, la France, au regard de sa densité de population, est plus artificialisée que les principaux États membres de l’Union européenne. Et ce phénomène s’accroît à une vitesse largement supérieure à celle de la population. Autant de raisons justifiant de lutter contre l’artificialisation des terres et d’en assurer une utilisation des plus économe.

Repenser le système alimentaire mondial et économiser les sols

Au-delà du constat d’épuisement des sols, le Giec souligne la nécessité d’une refondation du système alimentaire mondial pour économiser et protéger les terres. C’est ainsi l’ensemble des activités concourant à l’alimentation des hommes qui doit être repensé. Cela passe par une modification de notre alimentation, qui devra être moins riche en viande à l’avenir, mais également un arrêt des feed-lots, ces élevages intensifs où les bovins sont engraissés à l’aide d’aliments importés. En résumé, cela revient à remettre des vaches sur les prairies, plutôt que les nourrir à l’aide de tourteaux de soja provenant de l’autre bout du monde et produits sur des terres gagnées sur la déforestation. Bref, revenir à un modèle agricole « ancestral », fondé sur des pratiques agroécologiques, ce qui implique de repenser les chaînes d’approvisionnement alimentaire autour de productions locales et donc de remettre à plat l’organisation des filières agroalimentaires.

En France, la lutte contre l’artificialisation des sols implique de densifier les constructions nouvelles, de repenser les projets d’infrastructures à l’aune d’un principe d’économie des sols et de mettre en œuvre dès que possible la renaturation des terres artificialisées. La préservation des espaces naturels, des forêts et des terres agricoles doit ainsi devenir un élément central de l’élaboration des politiques locales d’urbanisme. Ce qui revient à redonner à la terre une valeur qu’elle n’aurait jamais dû perdre et rappeler un élément fondamental à notre société, désormais éloignée de la nature : la terre, nourricière, est notre principal bien commun. Notre survie est indissociable de sa protection.

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