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Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

Pétrole et gaz : une addiction qui perdure

Publié le

Pétrole et gaz : une addiction qui perdure
© Zbynek Burival - Unsplash

Il y a des synchronicités qui effraient. Le 6 février dernier, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a rendu public les températures annuelles enregistrées sur la planète : 2018 a été la quatrième année la plus chaude jamais enregistrée depuis 139 ans, après 2015, 2016 et 2017. Le lendemain, le groupe Total se félicitait de la découverte d’un important gisement d’hydrocarbures au large de l’Afrique du Sud. Une annonce immédiatement douchée par la Secrétaire d’Etat à la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, soulignant sur Twitter que notre société devait réduire sa dépendance au pétrole, comparé à une drogue dure. Il est vrai que le sevrage semble difficile…

La fonte des glaces, une bombe à retardement

Paradoxalement, plus les rapports scientifiques convergent, moins la société semble s’alarmer des conséquences du changement climatique. L’alerte est pourtant sérieuse : les océans se réchauffent et, mécaniquement, se dilatent. Aux pôles, les calottes glaciaires disparaissent, ce qui accentue la hausse du niveau de la mer. Ainsi, en cent ans, le Groenland a connu un réchauffement de près de 3°C, faisant fondre la calotte glaciaire. Cela représente 280 milliards de tonnes de glace perdue chaque année en moyenne de 2002 à 2016 selon une étude récente publiée dans les "Proceedings of the National Academy of Sciences" (PNAS). Un rythme multiplié par quatre en dix ans…

La situation de l’Antarctique est tout aussi inquiétante : la perte de glace annuelle sur la période 2009-2017 représente 252 millions de tonnes. Soit 6 fois plus que la moyenne enregistrée sur la période 1979-1990. Le problème, c’est que les courants marins plus chauds attaquent désormais la base des plateformes de glace. Ce qui fragilise la structure même de la plateforme, accélère la débâcle et l’écoulement des glaciers antarctiques dans la mer. Une accélération exponentielle, qui pourrait faire s’élever le niveau global des mers de 15 cm environ d’ici la fin du siècle, pour la simple fonte des glaces de l’Antarctique. La salinité des eaux évoluera alors, ce qui modifiera les courants marins à grande échelle et affectera la biodiversité.

Précieux hydrocarbures

Face à ce risque global, documenté et relayé par les médias, la transition énergétique apparaît évidente et urgente. Pourtant, du côté des géants du pétrole, rien ne semble vraiment changer. Comme le titre "The Economist" dans son édition du 9 février, les industries du Big Oil se préparent à faire durer leur modèle économique encore longtemps. Changer de cap impliquerait "une action gouvernementale musclée", comme le demande expressément l’hebdomadaire habituellement peu enclin à recommander l’intervention de l’Etat…

Ainsi, le groupe ExxonMobil prévoit d’extraire en 2025 un quart de gaz et d’hydrocarbures de plus qu’en 2017. Pour répondre à une demande qui augmente constamment depuis une cinquantaine d’années, de l’ordre de 1 à 2% par an. Une demande soutenue par la croissance démographique, l’internationalisation des échanges de biens et de personnes et une transition énergétique reposant sur la fermeture de centrales à charbon, dans ses premières années. Malheureusement, si nous voulons maintenir la hausse de température à 1,5°C d’ici la fin du siècle, comme le recommande le GIEC, il faudra réduire la production de gaz et d’hydrocarbures de 20% d’ici 2030 et de 55% d’ici 2050. Nous sommes bien loin du compte… Certes, certains groupes pétroliers se lancent dans les énergies renouvelables. Mais avec un niveau d’investissement bien faible au regard de celui envisagé pour l’extraction des énergies fossiles.

Alors quel médicament pour nous aider à nous sevrer du pétrole, à limiter notre addiction aux énergies fossiles ? "The Economist" propose un remède : la combinaison d’un Green New Deal finançant massivement la transition écologique et une taxation des émissions de gaz à effet de serre. Bref, une taxe carbone, fondée sur une valeur tutélaire croissante, rendant les énergies fossiles moins compétitives que les énergies vertes. Une solution qui pourrait mettre d’accord libéraux et écologistes…

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