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Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

Pénurie de terres rares : une dépendance qui interroge

Publié le

Pénurie de terres rares : une dépendance qui interroge

Dans une tribune publiée le 29 mai dans le "Quotidien du Peuple", Pékin menaçait les États-Unis de réduire l'accès aux terres rares, en représailles à la décision de Washington d’interdire aux sociétés américaines la vente de technologies à Huawei. Ces minerais sont pourtant indispensables aux industries du numérique et de l’énergie. Au-delà de la guerre commerciale à laquelle se livrent la Chine et les États-Unis, cette passe d’armes traduit la grande dépendance de pans entiers de notre économie à l’égard de ces ressources minérales. De quoi s’interroger sur la résilience du secteur des high-tech…

Des éléments devenus indispensables

Elles pourraient faire le bonheur des joueurs de scrabble : cérium, dysprosium, terbium, samarium, yttrium, scandium et autres lanthanides, les terres rares sont dotées de noms superbes. Au-delà de ce point commun, elles présentent toutes des propriétés magnétiques qui les ont rendues indispensables à la fabrication de nombreux produits high-tech. Sans terres rares, ni smartphones, ni batteries de véhicules électriques, ni panneaux solaires. Elles présentent également des propriétés catalytiques qui expliquent leur place particulière dans la chimie de synthèse. A l'échelle mondiale, leur demande croît de manière exponentielle. Cette croissance est amenée à perdurer, sous l’effet du développement des voitures électriques et du numérique. Sauf si un grand coup de frein était donné à leur commercialisation…

Une dépendance organisée

La Chine contrôle aujourd’hui plus de 80% des extractions et des capacités de transformation des minerais de terres rares mondiaux. Ainsi, plus de 90% des oxydes de terres rares, nécessaires à la fabrication d'aimants ou d'alliages, sont aujourd’hui fabriqués en Chine. Une domination du marché mondial qui a d’ores et déjà été utilisée à des fins de guerre commerciale. En 2010, la Chine aurait coupé les approvisionnements en terres rares du Japon, suite à l’arrestation d’un pêcheur au large des îles Senkaku, dont la possession est disputée entre Pékin et Tokyo. Des dizaines d'entreprises high-tech japonaises s'étaient alors plaintes de ne plus être livrées, ce qui avait provoqué une forte hausse des cours de ces minerais.

 

A lire aussi : Qui pour concurrencer la Chine dans les terres rares ?

 

L'émergence de cette situation quasi monopolistique est tout autant liée aux ressources minières importantes dont dispose la Chine qu’à l’arrêt de l’extraction de ces terres rares dans de nombreux pays. Une extraction très polluante et présentant un risque sanitaire non négligeable, les gisements de terres rares contenant souvent des éléments radioactifs. Ce qui explique notamment pourquoi les États-Unis ont décidé de mettre un terme à l’extraction de ces métaux à partir des années 1980.

Entre autonomie et sobriété, les voies du sevrage

Afin d’apporter des alternatives au monopole chinois, l'Australie et le Brésil ont recommencé à exploiter leurs gisements à partir de 2010. L’Europe, particulièrement dépendante alors qu’elle souhaite développer sa propre filière de batteries, réagit également en explorant son potentiel minier. Une exploitation qui se ferait au prix d’impacts environnementaux potentiels qu’il est indispensable de mesurer.

Autant d’éléments qui interrogent quant à la résilience de notre modèle de développement économique, fondé quasi exclusivement sur l’innovation technologique et le numérique. Face à un risque de pénurie – organisée – de terres rares, comment envisager une transition écologique qui ne repose pas sur les high-tech ? La sobriété, une fois de plus, apparaît comme une solution. Sobriété dans l’utilisation de ces métaux rares, qui implique de repenser la conception et l’usage de produits devenus quotidiens. Comme quoi le low-tech pourrait bien être une option d’avenir…

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