Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

Pêche durable : en progrès !

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Pêche durable : en progrès !
Port de pêche
© Jbdodane.com (Flickr CC)

En bord de mer, les nouvelles ne sont pas trop mauvaises… Le 12 février dernier, l’Ifremer - Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer - a rendu public sa dernière évaluation des stocks de poissons et coquillages pêchés en France. Des ressources halieutiques qui ont fait l’objet durant des années de surpêche, les prélèvements étant supérieurs au potentiel de régénération des populations sauvages. Une situation bien meilleure aujourd’hui.

Certes, l’objectif de 100 % de pêche durable initialement fixé par l’Union européenne pour 2020 est encore loin. Et certaines espèces, notamment en Méditerranée, sont en voie d’extinction. Mais plusieurs indicateurs sont passés au vert, démontrant la possibilité de réguler sur le temps long une ressource vivante exploitée et de garantir ainsi le maintien d’une activité économique ancestrale. Un exemple à suivre ?

Une amélioration partielle à poursuivre

L’Ifremer a analysé les données de débarquements des bateaux de pêche français en 2020 et constaté que le volume des populations classées en bon état avait augmenté. Sur les 160 populations de poissons et fruits de mer dont les volumes pêchés ont été évalués, 60 % proviennent de populations à un niveau de capture durable, contre 49 % en 2019 et 15% seulement au début des années 2000. Sur ces 60 %, 47 % sont classés en bon état et 13 % en cours de reconstitution.

Une amélioration satisfaisante mais dont on ne peut se contenter. Car la Politique Commune de la Pêche (PCP) avait fixé l’objectif d’une pêche 100 % durable en 2020, tandis que la directive-cadre stratégie pour le milieu marin (DCSMM) préconisait le retour au bon état écologique de l’ensemble des populations halieutiques. Deux objectifs fixés par Bruxelles qui ne sont pas encore atteints. Par ailleurs, 21 % de prélèvements sont réalisés dans des stocks surpêchés, dont 4 % sont qualifiés par l’Ifremer de dégradés et 2 % totalement effondrés. Une situation alarmante, notamment en Méditerranée.

La Méditerranée reste surexploitée

En Méditerranée, la pêche côtière, avec ses bateaux de petite taille, débarque un très grand nombre d’espèces, difficiles à comptabiliser pour près de 60 % des volumes débarqués. De fait, la pêche méditerranéenne est plus difficile à suivre pour les experts de l’Ifremer, qui doivent s’appuyer sur des modélisations et des études locales pour préciser leurs évaluations.

En France, seulement huit populations de Méditerranée sont ainsi étudiées en continu. Elles sont cependant suffisamment représentatives de la pêche au large pour constater que la surexploitation perdure, à l’exception du thon rouge. L’Ifremer constate ainsi le déclin accéléré du rouget, de l’anguille et du merlu.

Sur cette base, la France, l’Espagne et l’Italie ont décidé de réduire leurs captures de merlu de 30 % d’ici à 2025. Le principe a fonctionné pour le merlu d’Atlantique, dont la population s’est redressée dans le golfe de Gascogne en vingt ans. Tous ces éléments soulignent à quel point l’état de la Méditerranée est inquiétant, au point d’avoir suscité une initiative spécifique de la Commission européenne. Entrée en application en janvier 2020, elle impose des diminutions du nombre de jours passés en mer pour les bateaux de pêche et des fermetures temporaires de certaines zones où se reproduisent les poissons.

Même si la pêche française n’emploie plus que 16 000 marins équivalent temps plein environ, ce secteur d’activité reste essentiel au dynamisme économique de nombreuses régions côtières. La France métropolitaine est ainsi le quatrième producteur de pêche de l’Union européenne, avec près de 640 000 tonnes produites chaque année pour une valeur marchande d’environ 1,7 milliard d’euros. Une production très fortement régulée, contrôlée et soutenue financièrement dans le cadre d’une politique européenne historique. Un cadre contraignant qui a longtemps été critiqué mais qui a permis d’améliorer progressivement l’état des ressources halieutiques. Et ainsi de préserver l’avenir du secteur de la pêche.

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