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Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

Le plastique ? Pas fantastique…

Publié le

Le plastique ? Pas fantastique…
© McZusatz - Wikimedia commons

Les plages des Galapagos sont souillées. Comme l’a illustré un reportage de "The Guardian" publié le 3 avril, des tonnes de plastique dérivant de tout le pourtour Pacifique se déversent sur les plages de cet archipel, pourtant situé à plus de 1000 kilomètres des côtes de l’Equateur. Des îles qui furent le berceau de la théorie de l’évolution, élaborée par Charles Darwin lors d’un voyage en 1835. Un symbole qui devrait nous interpeller : le lieu d’une découverte qui révolutionna notre compréhension du vivant, un écosystème unique, jonché d’emballages plastiques. Il serait temps de réagir…

La folie des emballages plastiques

Car notre civilisation est une immense productrice et consommatrice de plastique. On estime ainsi à plus de 8,3 milliards de tonnes la masse de plastique produite entre 1950 et 2015. Une production dont la croissance est exponentielle, l’ONU estimant à 322 millions de tonnes la quantité de plastique produite à travers le monde en 2015, contre seulement 2 millions en 1950. Parmi ces plastiques, les bouteilles occupent une place majeure : 1 million de bouteilles en plastique sont vendues chaque minute à travers le monde, soit 480 milliards en 2016.

Sur ces 8,3 milliards de tonnes de plastique produit en 65 ans, près de 80 % s'accumulent dans des décharges ou en pleine nature. Particulièrement dans les océans, qui sont devenus la poubelle de l’humanité. Ils auraient ainsi accumulé près de 150 millions de tonnes de déchets plastiques et 8 millions de tonnes de plus y finissent chaque année. Des chiffres en augmentation constante, alignés sur ceux de la production… Une situation à ce point dramatique qu’elle est à l’origine d’un "7e continent" de près de 1,6 million de km², né de l’accumulation au beau milieu de l’océan Pacifique d’une masse immense de détritus charriés par les courants marins.

Eviter, recycler, substituer

Face à ce fléau, les solutions sont à notre portée. Tout d’abord en appliquant le principe de sobriété et en refusant le suremballage, qui envahit aujourd’hui les magasins. Notamment le secteur alimentaire. Des pochons inutiles qui entourent les portions de biscuits aux fruits et légumes mis sous plastique, alors que leurs peaux et écorces constituent des protections naturelles. Notre responsabilité de consommateur est donc de privilégier les produits sans emballage, d’acheter des fruits en vrac et d’utiliser des sacs en tissu. L’interdiction des couverts jetables ou des cotons tiges, prévue par la loi de transition écologique pour une croissance verte de 2016, va dans le même sens.

Ensuite en encourageant et développant le recyclage. Seulement 9 % de la production de plastique est recyclée aujourd’hui à l’échelle mondiale. En France, la collecte et le recyclage des bouteilles en plastique ne sont en moyenne que de 56 %, contre près de 90 % en Allemagne. Un retard que l’Etat cherche à combler en fixant dans la feuille de route gouvernementale "économie circulaire" un objectif de 100 % de plastiques recyclés en 2025.

Enfin, en substituant au maximum les plastiques par des produits biodégradables. Cette biodégradation repose sur une digestion microbienne, après une fragmentation permise par l’élévation de température, l’action des UV ou l’humidité. Une biodégradation qui peut être à l’origine de gaz à effet de serre, dioxyde de carbone ou méthane, et qui n’est pas l’apanage des produits biosourcés. Des biomatériaux issus de bactéries ou de végétaux ne sont pas forcément biodégradables, alors que certains plastiques peuvent l’être, partiellement ou totalement. Bref, un sujet complexe, qui doit être abordé en analysant l’ensemble des effets environnementaux des produits tout au long de leur cycle de vie.

La solution repose donc tout autant sur le changement de nos comportements individuels que sur d’éventuelles évolutions technologiques, dont on ne peut pas tout attendre. Une transition systémique, donc, qu’il est urgent de mettre en œuvre pour enrayer la destruction d’écosystèmes uniques à l’autre bout de notre planète...

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