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Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

Le nucléaire, une passion française

Publié le

Le nucléaire, une passion française
© DR

Lorsque vous souhaitez parler d’environnement sur les réseaux sociaux, il y a une règle d’or à bien avoir en tête : évoquez le nucléaire et vous réveillerez les trolls de tous bords. Impossible d’évoquer les limites du tout nucléaire sans être taxé de contempteur écolo. Interdit de souligner que cette énergie décarbonée contribue à l’atteinte des objectifs de l’accord de Paris sans passer pour un lobbyiste acharné. Un sujet passionnel en somme. Et au vu de l’importance du nucléaire dans notre mix énergétique, nulle part ailleurs égalée, une passion très française...

Une exception énergétique

C’est le 20 décembre 1951 à Arca, dans l’Idaho, que l’énergie nucléaire a, pour la toute première fois, fourni de l’électricité. Des débuts expérimentaux assez modestes, puisque seules quatre ampoules ont alors brillé… En 2016, le monde comptait 454 réacteurs nucléaires en fonctionnement, répartis dans 31 pays, produisant 2600 TWh, soit environ 10 % de la production mondiale d’électricité. Le nucléaire est ainsi devenu la troisième source de production d'électricité dans le monde.

Dans ce panorama, la France occupe une place toute particulière. Bien que n’étant que le deuxième producteur mondial d’énergie nucléaire derrière les États-Unis avec 379 TWh en 2017, notre pays est de très loin le premier à voir son mix énergétique dominé par le nucléaire, avec près de 72% de la production française d'électricité d'origine nucléaire, contre 20% aux Etats-Unis et 17% en Russie. Un chiffre néanmoins en baisse de - 1,3 % par rapport à 2016, grâce à la hausse progressive de la part des énergies renouvelables.

Cette prédominance est le fruit de choix désormais datés. Associé au lancement d’un programme nucléaire militaire mis en œuvre dans les années 1950, le développement du parc nucléaire civil s’est accéléré dans les années 1970 avec les chocs pétroliers. La France fit alors le choix du tout nucléaire et un parc de 58 réacteurs a été construit, le dernier réacteur ayant été mis en service en 2002. Un choix qui ne fut pas sans poser de questions…

Face aux risques, des angoisses légitimes et un rapport renouvelé à l’expertise

Car le développement du nucléaire pose une question sanitaire majeure, mise en lumière par les catastrophes de Tchernobyl en 1986, puis de Fukushima en 2011. Des accidents à l’origine de décès et de pollutions irrémédiables de l’environnement. D’aucuns évoquent la faible probabilité d’occurrence de ces incidents pour en relativiser l’importance. Oubliant que notre perception des risques, technologiques et sanitaires, ne relève en rien de la rationalité statistique. Inutile d’expliquer à un "aérodromophobe" que la probabilité de crash aérien est largement plus faible que celle d’un accident de la route pour le rassurer. Alors face à une explosion de réacteur…

Le risque nucléaire est avéré. Il combine une probabilité d’occurrence très faible à des conséquences sanitaires particulièrement graves. Et constitue de ce fait une source d’angoisse semblable à celle provoquée par de nombreux autres risques sanitaires, bien caractérisés ou non. Une angoisse à intégrer dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques énergétiques, qu’il est vain de vouloir nier ou effacer par l’opposition d’arguments comptables, par définition inaudibles. Un vrai changement de paradigme pour un sujet abordé historiquement de manière techniciste.

La littérature scientifique est riche d’analyses quant à la manière dont les risques technologiques doivent être pris en considération par les décideurs publics, en mobilisant et combinant sciences humaines et sciences du vivant. Elle montre à quel point l’évaluation des risques doit s’appuyer sur une expertise renouvelée, sortant de l’opposition classique entre sachants et ignorants pour associer au mieux les citoyens et intégrer leurs perceptions des risques. Une approche qui ne met pas un terme aux débats, mais qui contribue à démocratiser et rendre plus transparent l’élaboration et la mise en œuvre des décisions publiques. Une posture moderne, répondant aux attentes exprimées lors du Grand Débat, en quelque sorte...

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