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Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

Le fret, un potentiel sous-exploité

Publié le

Le fret, un potentiel sous-exploité
© Olivier Cognasse

Grosse polémique autour du train des primeurs. Celui qui approvisionne le marché d’intérêt national de Rungis en fruits et légumes depuis 40 ans était en effet condamné à la fermeture pour cause de vétusté d’ici à la fin du mois de juin. Une suppression impliquant de reporter le convoi de 130 000 tonnes de marchandises par an - 600 tonnes de fruits et légumes par jour - sur les routes. Soit l’équivalent de 60 à 80 camions reliant chaque jour Perpignan à l’Île-de-France, avec son lot d’émissions de particules polluantes et de gaz à effet de serre. Un sujet médiatisé, qui a poussé les pouvoirs publics et la SNCF à mettre en sursis leur décision jusqu’à la fin de l’année. Une question de cohérence au regard des objectifs climatiques du pays…

De nombreux atouts français

Cet exemple illustre un paradoxe saisissant : en termes d’infrastructures, la France dispose d’atouts majeurs pour développer le fret, avec un réseau de 28 300 km de voies ferrées principales et plus de 3 000 gares. Pourtant, le transport ferroviaire ne représentait qu’environ 10 % du transport intérieur terrestre de marchandises en 2017, soit 33,4 milliards de tonnes-kilomètres, selon le service statistique du Commissariat général au développement durable . Un transport légèrement en hausse de 2,7 % par rapport à 2016, grâce au transport international transitant par la France. Une croissance en trompe-l’œil, donc, le fret ferroviaire ayant augmenté dans des proportions beaucoup moins importantes au niveau national.

Le fret doit pourtant être largement soutenu. Comme l’indique le Haut Conseil pour le climat dans son rapport rendu public le 25 juin, l’atteinte des objectifs de la stratégie nationale bas carbone nécessite de développer et de soutenir le report modal vers le rail. Et donc des soutiens publics. Le projet de loi d’orientation des mobilités, en cours d’examen au Parlement, évoque les investissements à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs. Une affaire à suivre.

Oser la planification

Le cas particulier du train des primeurs, particulièrement symbolique, illustre parfaitement le décalage entre les ambitions de politiques publiques et leur traduction pratique par tous les acteurs. En clair, au-delà des mots et des affichages, la nécessité d’une vaste programmation de la transition écologique, dotée de moyens  clairs d’orientation des acteurs économiques, apparaît nécessaire pour faire face à l’urgence climatique. De quoi faire hurler les tenants du libéralisme et de la loi des marchés.

Pourtant, la France a connu par le passé une planification qui visait à reconstruire le pays au sortir de la Seconde Guerre mondiale, en adaptant et en modernisant son appareil productif. Un objectif qui nécessitait de prévoir, orienter, financer massivement les infrastructures de transport, les industries, l’agriculture, la formation. Sous la bénédiction des Etats-Unis. Or, face au défi climatique, c’est une mutation tout aussi vaste qui s’impose à nous. Et qui nécessite, désormais dans l’urgence, la mise en cohérence des investissements publics et privés.

Financer des infrastructures de fret, inciter significativement les entreprises à privilégier le rail à la route pour le transport de marchandises, planifier sur le long terme une remise en état des réseaux et moyens de transport ferroviaire : autant de pistes pour faire face aux exigences environnementales et climatiques. Qui nous concernent tous, dès aujourd’hui..

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