Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

La transition écologique, entre plan de relance et relance du Plan

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La transition écologique, entre plan de relance et relance du Plan

"On ne pourra pas transformer l’économie française sans que le peuple français participe à cette transformation. Quand je dis "le peuple", ce n’est pas une entité abstraite, ce sont les syndicats, les industriels, l’administration, tous les hommes qui seront associés à un plan d’équipement et de modernisation". C’est par ces paroles que Jean Monnet a tenté de convaincre le général de Gaulle de l’intérêt de créer un commissariat au Plan à la fin de l’année 1945. La "planification à la française", bien éloignée des caricatures de GosPlan portées par certains polémistes, était en germe. Une planification remise au goût du jour avec la nomination de François Bayrou à la tête d’un Haut-commissariat au Plan. Une relance du Plan annoncée simultanément à celle du plan de relance : deux dispositifs qui visent à initier et entretenir la reprise économique. Mais qui doivent également accélérer la transition écologique de notre appareil productif.

A court terme, une relance verte

Le plan de relance de 100 milliards d’euros, co-financé par l’Union européenne, ciblera la transition écologique. Le volet transports comportera un important soutien au système ferroviaire, avec 4,7 milliards d'euros fléchés sur le fret, le maintien des petites lignes et la modernisation du réseau ferré. La mobilité du quotidien devrait bénéficier de 900 millions d'euros finançant le plan vélo et les transports en commun, tandis que l’aménagement écologique des ports devrait bénéficier de 200 millions d’euros. 500 millions d'euros doivent financer le verdissement du parc automobile de l’État. Concernant l’énergie, le développement de l’hydrogène bénéficierait de 2 milliards d'euros, sur deux ans, auxquels s’ajouteraient 1 milliard d'euros pour le biogaz, 200 millions d'euros pour les petits réacteurs nucléaires et 3,4 milliards d'euros pour le programme d’investissements d’avenir consacré aux technologies vertes. Une enveloppe de près de 7 milliards d’euros sera consacrée à la rénovation thermique. Enfin, la transition agroécologique devrait bénéficier d’1 milliard d’euros, avec 100 millions d'euros consacrés aux protéines végétales, 300 millions d’euros pour le soutien aux agricultures biologique et à haute valeur environnementale (HVE), les circuits courts et les plans alimentaires territoriaux. Enfin, 300 millions d'euros seront consacrés à l’élevage et à la modernisation des abattoirs.

Un ensemble conséquent de crédits, à engager rapidement, devant permettre de relancer notre appareil productif tout en le verdissant. Un effort à prolonger sur le temps long, dans la concertation.

Reconstruire et engager la transition écologique dans la durée

Après la Seconde guerre mondiale, la reconstruction de la France était tout aussi impérative que sa modernisation. Il ne s’agissait pas uniquement d’organiser la production pour restaurer à l’identique l’économie d’avant-guerre mais d’opérer simultanément la définition de priorités liées à l’urgence et le développement d’un appareil économique national répondant à de nouveaux standards. Une situation qui ressemble étonnamment à la reconstruction de notre appareil productif au sortir de la crise du Covid-19, appareil qui doit s’adapter à l’urgence des défis du dérèglement climatique et de l’effondrement de la biodiversité. Les "plans" de cette époque n’étaient en rien des directives édictées dans des administrations centralisées et imposées verticalement à tous les acteurs du pays. La première étape de la planification reposait sur la concertation, associant notamment les partenaires sociaux, afin de définir un horizon commun, désirable et accessible. Une méthode dont on peut largement s’inspirer pour piloter l’indispensable transition écologique de notre société et coordonner l’ensemble des plans existant actuellement.

Stratégie nationale bas carbone, plan biodiversité, stratégie biomasse, programmation pluri-annuelle de l’énergie et désormais plan de relance… Paradoxalement, il n’y a jamais eu autant de "plans" que depuis qu’il n’y a plus de "Plan", ce qui pose de fait la question de l’articulation entre les objectifs poursuivis par ces différents instruments, comme celle de la coordination des différents acteurs chargés de les animer. N’en déplaise à certains, la planification à la française conserve donc bien toute son acuité.
 

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