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Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

La renaturation, une mission impossible ?

Publié le

La renaturation, une mission impossible ?
© Gilles Douaire (CC BY-SA 2.0)

L’Homme détruit la nature. Ses activités consomment des ressources non renouvelables, polluent, altèrent la biodiversité et affectent les terres nécessaires à notre alimentation. Face à ce constat, les hérauts de la technologie répondent que le génie humain sera capable de réparer demain les dégâts causés sur l’environnement aujourd’hui. Ainsi, des espaces naturels, agricoles ou forestiers détruits, artificialisés, pourraient retourner à leur état initial. La solution ? La renaturation. Derrière ce mot, de multiples acceptions. Et un modèle économique qui reste à inventer…

Réparer l’artificialisation, un défi technique

L’artificialisation des terres se définit comme la destruction d’espaces naturels, agricoles ou forestiers. Ainsi, une forêt abattue pour y construire un lotissement, une prairie transformée en parking de supermarché ou en espace vert peuvent être qualifiés de terres artificialisées. Ce qui n’est pas sans poser de question, les caractéristiques physico-chimiques de ces sols "anthropisés", transformés par l’homme, étant très différentes, ainsi que les effets sur l’environnement de ces transformations. Il est évident qu’un parking goudronné empêche l’écoulement des eaux et détruit la biodiversité des sols, alors qu’un jardin public arboré permet de préserver une partie de la flore et de la faune locales. Réparer les conséquences de l’artificialisation couvre de fait une large gamme d’enjeux environnementaux. Ce qui implique de mettre en œuvre des techniques plus ou moins complexes, et plus ou moins coûteuses….

En sciences de l’environnement, la renaturation qualifie tout à la fois le processus par lequel les espèces vivantes recolonisent spontanément un milieu artificiel après son abandon que les opérations d'aménagements visant à restaurer l’état écologique initial de sites dégradés par les activités humaines. Il s’agit alors de détruire les éléments artificiels pour reconstituer une végétation et une hydrographie plus naturelles, et ainsi restaurer les conditions d’une meilleure résilience écologique.

La renaturation repose soit sur la reconquête passive de friches ou terrains abandonnés, soit sur la remise en état volontaire d’un milieu. Laisser simplement la nature reprendre ses droits ou déconstruire, désimperméabiliser, dépolluer, reformer des sols et revégétaliser. Autant dire un défi technique majeur…

Un modèle économique à inventer

Lorsqu’il faut réaménager des milieux pour reformer des écosystèmes, certes anthropisés mais autonomes, le coût induit par la renaturation est élevé. Comment rendre cette renaturation rentable ? Comment justifier l’engagement de travaux difficiles et longs pour recréer un semblant de nature là où elle a été détruite ? A ce stade, cela semble difficile. A moins de quantifier et de rémunérer les services rendus par des espaces renaturés à la collectivité. 

En effet, les milieux ainsi reconstitués peuvent fournir des services d’approvisionnement, en produits alimentaires ou en biomasse, lorsque l’on recrée des espaces agricoles. Mais également des services de régulation grâce à la reconstitution de sols et leur végétalisation, comme par exemple la séquestration de carbone ou l’absorption des précipitations. Enfin des services socioculturels correspondant aux aspects esthétiques, récréatifs et éducatifs apportés par la nature. Autant de services contribuant à limiter un certain nombre de risques naturels, notamment les inondations, ou susceptibles de supporter une activité commerciale, comme la création de fermes pédagogiques. Et justifiant donc un soutien public ou le développement d’une activité économique dédiée.

Les modèles de renaturation restent donc à inventer et à affiner. Et leur mise en place sera sans doute longue et difficile. Des arguments qui plaident pour en réduire l’utilisation, et donc limiter au maximum l’artificialisation des terres. Une économie nécessaire, dans tous les sens du terme.

 

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