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Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

La fin des pesticides : une nouvelle révolution verte

Publié le

La fin des pesticides : une nouvelle révolution verte
© Cade Martin, Dawn Arlotta, USCDCP - CC0

Interdire l’usage du glyphosate en France : une promesse de campagne d’Emmanuel Macron mise en débat lors de l’examen de la loi issue des Etats généraux de l’alimentation, adoptée le 2 octobre dernier. Une question sensible, tant ce pesticide a vu son utilisation se généraliser au cours des 40 dernières années jusqu’à devenir le produit phytopharmaceutique le plus vendu au monde. De fait, sa suppression implique de repenser fondamentalement les systèmes de production agricoles, en modifiant les pratiques agronomiques et en imaginant des solutions techniques alternatives aux pesticides de synthèse. Un véritable défi pour un secteur économique fragilisé depuis de nombreuses années.

Au-delà de la question de l’évaluation de la dangerosité de cette molécule pour l’homme et pour l’environnement se pose celle de l’acceptabilité des pesticides par les citoyens. Susceptibles de perturber les systèmes endocriniens à très faibles doses, de combiner leurs impacts sous forme d’ "effets cocktail", d’altérer la biodiversité, d’affecter la santé de celles et ceux qui les utilisent, les pesticides effraient. La systématisation de leur usage a accompagné l’intensification de l’agriculture après la Seconde guerre mondiale : il fallait produire plus, pour nourrir la population, et exporter. L’objectif a été atteint, mais à un coût social et environnemental qui semble aujourd’hui bien lourd à porter. Le chlordécone, utilisé aux Antilles pour protéger les bananeraies, en est l’un des exemples les plus édifiants.

Mais peut-on se passer des pesticides ? Peut-on imaginer nourrir l’humanité sans avoir recours à ces produits chimiques, utilisés pour protéger les cultures ? De plus en plus d’études prospectives convergent en ce sens. Le projet Ten Years For Agroecology in Europe porté par l’IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales), dont les premiers résultats ont été rendus publics en septembre, souligne la possibilité de nourrir l’Europe en 2050 avec une agriculture n’utilisant ni pesticides ni fertilisants de synthèse, sous réserve d’une modification profonde des régimes alimentaires. Les solutions existent donc sur le papier, mais leur mise en œuvre implique de bouleverser les filières agro-alimentaires, en repensant les systèmes de production autour des principes de l’agro-écologie - ce qui aura forcément un coût - et en faisant évoluer les comportements des consommateurs. Bref, une transition qui s’apparente à une petite révolution…

Est-ce à dire que l’industrie phytopharmaceutique est condamnée à disparaître ? Non, car de nouvelles méthodes de lutte contre les agents pathogènes doivent être imaginées, en s’appuyant sur des produits de biocontrôle stimulant les mécanismes naturels de régulation des bioagresseurs, de nouvelles approches dans la conduite des cultures. Et car l’accompagnement des agriculteurs dans cette transition implique de développer de nouveaux outils d’aides à la décision, de nouveaux robots, de nouveaux types de conseil. Un autre modèle économique reste à imaginer.

C’est donc bien une nouvelle révolution verte à laquelle il faut se préparer, et elle devra embarquer l’ensemble des acteurs des filières pour réussir, consommateurs inclus. Une révolution que nous ne pouvons pas voir échouer, au regard des défis environnementaux qui s’annoncent.

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