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Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

L’avenir de l’Amazonie est dans nos assiettes

Publié le

L’avenir de l’Amazonie est dans nos assiettes
© Yong Chuan - Unsplash

"Notre maison brûle et nous regardons ailleurs". Cette célèbre phrase de Jacques Chirac, prononcée devant l'assemblée plénière du Sommet de la Terre le 2 septembre 2002, a marqué un tournant dans la prise de conscience du dérèglement climatique. Dix-sept ans après, Emmanuel Macron l’a reprise pour évoquer la catastrophe en cours en Amazonie. Une destruction par les flammes récurrente, dont l’opinion internationale s’émeut aujourd’hui. Reste à traduire cette émotion en actes, chacun d’entre nous détenant une part de la solution. Et elle passe par nos assiettes…

Le cœur battant de la planète, au bord de l’infarctus…

Les superlatifs ne manquent pas pour décrire l’Amazonie. Première forêt tropicale mondiale, couvrant 5,5 millions de km2 sur neufs états sud-américains, l’Amazonie absorberait 14 % du C02 atmosphérique, plus qu’elle en rejette. Souvent qualifiée de "poumon vert" terrestre, la forêt amazonienne joue un rôle essentiel dans la lutte contre le dérèglement climatique. Le bassin amazonien concentre également 20% de l’eau douce non gelée de la planète et constitue un réservoir exceptionnel de biodiversité, abritant entre 10 et 25% des espèces vivantes de notre globe selon les estimations. Un recensement évolutif, de nombreuses espèces animales et végétales étant encore mises à jour chaque année.

L’Amazonie connaît pourtant une destruction continue, sous l’effet de l’exploitation forestière – souvent illégale – mais également de la construction de barrages, d’infrastructures de transport ou de mines. L’agriculture intensive constitue en outre une cause majeure : après avoir récupéré le bois, les exploitants locaux se lancent dans de vastes "queimadas", ces incendies de forêt permettant un défrichement sauvage et un gain de terres agricoles. L’Institut national des recherches spatiales (INPE) brésilien a ainsi recensé près de 80000 foyers d’incendie depuis le début de l’année au Brésil, représentant une hausse de 84 % par rapport à 2018 à la même époque. Depuis 1950, c’est ainsi un cinquième de la surface de la forêt qui a été détruite. Après un pic en 2004 avec près de 28 000 km2 déboisés, le Brésil avait réussi à réduire de quelques 80 % la destruction annuelle de l’Amazonie. Une dynamique inversée avec l’accession au pouvoir de Jair Bolsonaro. Cette destruction, terrifiante par son ampleur, porte atteinte à la survie des 420 tribus occupant aujourd’hui le bassin amazonien. Un désastre humain et écologique face auquel nous ne sommes pas impuissants.

Un système alimentaire délirant

La déforestation permet de gagner des terres agricoles utiles aux exportations. Le Brésil a ainsi produit 110 millions de tonnes de soja en 2017, dont 68 millions ont été exportés. Ce soja traverse l’Atlantique pour nourrir nos animaux d’élevage : 50 % du soja importé en Europe sont destinés à l’alimentation des volailles et 25% à celle des porcs. L’élevage brésilien constitue également une cible majeure : avec 30 % du marché mondial, le Brésil est le premier producteur et exportateur mondial de viande bovine, principalement vers la Russie et l’Union européenne. Le cheptel brésilien dépasse les 200 millions de têtes, autant d’animaux élevés à partir de terres gagnées sur la forêt.

Ce système d’élevage intensif globalisé explique donc une bonne part des mises à feu en Amazonie. Ce qui impose d’interroger fondamentalement son fonctionnement et – de fait – nos modes de consommation. Faut-il produire des céréales et des protéagineux pour nourrir les humains ou les animaux d’élevage ? Une question ancienne, qui implique d’examiner le « rendement » de production de la viande : il faut environ sept kilogrammes de céréales pour fournir un kilo de bœuf, quatre pour un kilo de porc, deux pour un kilo de poulet. De quoi nous inciter à réduire notre consommation de viande, en privilégiant celle issue de systèmes alimentaires durables. Ce qui implique de lire attentivement les étiquettes des plats cuisinés et privilégier les signes de qualité associés à une production localisée et les circuits courts. Certains allant jusqu’à prôner le boycott des produits agricoles brésiliens, ce qui aurait des retombées immédiates sur les filières agroalimentaires européennes. A nous, consommateurs, de passer à l’action. Sans doute l’un des meilleurs moyens de faire bouger les lignes et d’enrayer un drame écologique dont nous ne mesurons pas suffisamment encore toutes les implications...

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