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Le blog de Julien Fosse

Foutus insectes !

Publié le

Foutus insectes !
La Société Jimini's assaisonne et conditionne criquets, grillons et molitors déshydratés.
© Hervé Boutet

Dans un siècle, plus d’insectes. Finies les piqûres de moustique et les morsures de tiques. Enfin débarrassés de ces foutues bestioles. Et de l’humanité, aussi, accessoirement… Car ces petites bêtes sont indispensables à la reproduction d‘un grand nombre de végétaux, à notre alimentation ainsi qu’à celle de l’essentiel des animaux terrestres. Il serait donc temps de s’en soucier ?

Un printemps silencieux, à nouveau…

Dans une méta-analyse publiée le 31 janvier dernier dans « Biological Conservation », les biologistes Francisco Sánchez-Bayo et Kris Wyckhuys ont mis en évidence l’ampleur de la disparition des insectes. La compilation des données scientifiques existantes montre en effet que 40% des espèces d’insectes de la planète seraient en déclin, dont 30% en voie d’extinction. La masse de l’entomo-faune se réduit ainsi, chaque année, de près de 2,5% à l’échelle mondiale. Si ce rythme se maintenait, cela conduirait à l’extinction pure et simple des insectes d’ici un siècle.

Une étude de plus, soulignant l’érosion inéluctable de la biodiversité, engagée dans une extinction de masse. La sixième du genre, la précédente ayant été caractérisée par la disparition des dinosaures. Rien que ça. Les causes de cette érosion sont bien connues : usage massif de pesticides et  destruction des biotopes abritant les insectes. Ses conséquences également : un grand nombre d’oiseaux et de petits mammifères se nourrissent d’insectes, et c’est donc toute la chaîne alimentaire qui se trouve affectée par cette disparition.

Pas grand-chose n’a changé, finalement, depuis 1962 et la publication du best-seller de la biologiste Rachel Carson, « Un printemps silencieux ». Un essai qui pointait déjà les effets des pesticides sur la faune sauvage, et qui conduisit à faire interdire l’usage du DDT aux Etats-Unis. Un livre qui contribua également à la prise de conscience des effets de l’activité humaine sur la nature. Reste que les effets de la destruction de la nature sur l’homme, eux, tardent à être assimilés…

Les insectes, clés de voûte de notre alimentation

L’homme continue de se penser étranger à la nature. Oubliant qu’il n’est qu’une composante de la biodiversité, une espèce parmi d’autres, intimement liée au reste du vivant. S’attaquer aux insectes revient ainsi à s’attaquer à l’homme. Les insectes rendent en effet de nombreux services à l’humanité et constituent dans un très grand nombre de cas des espèces « clés de voûte », dont la disparition conduit à l’effondrement d’écosystèmes. Comme l’arche gothique s’effondre lorsque la clé de voûte est retirée.

Le service de pollinisation rendu par les insectes est indispensable à la reproduction des végétaux et à la fructification. Un service dont le montant s’élèverait à 150 milliards de dollars par an, selon une estimation publiée en 2008 par une équipe de chercheurs de l’INRA. Et qu’il est impossible de remplacer aujourd’hui, même si certains évoquent la possibilité de concevoir des mini drones remplaçant demain les pollinisateurs, exterminés par l’homme. Dès aujourd’hui, en Chine, dans la province du Sichuan, la pollinisation manuelle d’arbres fruitiers est rendue obligatoire par le manque de butineuses.

Les insectes sont des éléments clés de notre survie. Au point de constituer pour l’Organisation des Nations-Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) l’une des réponses à la lutte contre la faim dans le monde. La FAO préconisait en effet leur élevage et leur consommation à grande échelle dans un rapport rendu public en 2014[1]. Une production peu coûteuse, adaptée au défi du changement climatique, offrant des protéines de qualité à l’humanité. De quoi éviter à l’homme le spectre de la famine.

Comme quoi, les insectes, finalement, ça a du bon…



[1] FAO (2014) – Insectes comestibles. Perspectives pour la sécurité alimentaire et l’alimentation animale (http://www.fao.org/3/a-i3253f.pdf)

 

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