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Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

Fini le "beau" temps…

Publié le

Fini le beau temps…
© amehaem - Flickr - C.C.

J’écris mes billets le dimanche soir. Et ce soir, il pleut. L’automne s’ouvre donc, après un été vite oublié. Pourtant, Paris a connu 34 jours consécutifs sans pluie, du 19 août au 21 septembre inclus. Depuis 1873 et le début des enregistrements météorologiques modernes, seules trois périodes sans pluie plus longues ont été recensées. Au-delà de Paris, une sécheresse exceptionnelle affecte 88 départements soumis à des restrictions d’eau. De quoi inviter les présentateurs météo à ne plus se féliciter de la persistance du beau temps. Et à regarder en face les conséquences immédiates d’un dérèglement climatique appelé à s’accentuer : fini le "beau" temps, voilà le temps sec…

Pour l’agriculture, s’adapter ou disparaître

La France a subi une sécheresse majeure, avec des précipitations plus faibles que la moyenne et des nappes souterraines aux niveaux anormalement bas. Une sécheresse qui affecte en tout premier lieu le secteur agricole : les rendements sont faibles et les animaux, sensibles à la chaleur, voient leur reproduction affectée. Bien évidemment, le cheptel ne peut plus pâturer et doit être nourri avec du fourrage, ce qui accroît les coûts de production et altère les capacités d’alimentation des animaux durant l’hiver. Autant de raisons de faire appel aux assureurs pour réparer les pertes causées par la sécheresse et la canicule, ce qui se répercutera à terme sur les frais d’assurance…

Cette sécheresse relance le débat sur la construction de retenues d’eau, certains acteurs agricoles appelant à stocker l’eau en hiver pour irriguer en été. Ce qui pourrait répondre aux exigences de cultures gourmandes en eau, comme le maïs, mais risque surtout d’empêcher le renouvellement des nappes et des cours d’eau. Or plus de 70 % des nappes phréatiques ont actuellement un niveau inférieur à la normale avec un déficit particulièrement accusé sur les régions du nord-est et du centre-est. Face à un manque d’eau qui risque de s’aggraver, ce sont plutôt les systèmes d’exploitation qui doivent évoluer. Tout d’abord en réduisant les cheptels, mais aussi en changeant l’alimentation des bêtes, aujourd’hui essentiellement fondée sur le maïs l’hiver. L’idéal serait donc d’augmenter les surfaces en herbe, de favoriser les cultures de printemps pour faire le maximum de récoltes et les stocker pour l’hiver suivant. Sous réserve que ces plantes soient suffisamment arrosées en automne…

Côté énergie, des inquiétudes croissantes

Au-delà de l’agriculture, l'absence de précipitations affecte notre production d’énergie. L’hydroélectricité représente en effet 12% de la production totale d’électricité en France. Or le premier semestre 2019 a fait apparaître un déficit de production hydraulique de plus de 30% par rapport au premier semestre 2018. Cette diminution a cependant pu être régulée grâce aux barrages, ce qui implique néanmoins de partager les eaux avec le tourisme et l’agriculture, mais également dans certains cas avec l’alimentation des villes en eau potable. Des équilibres délicats à trouver… Par ailleurs, afin de refroidir leurs installations, les centrales nucléaires prélèvent de l'eau, rejetée ensuite plus chaude qu'elle n'a été prélevée. Lors d'une période prolongée de sécheresse, les centrales nucléaires doivent produire moins afin de ne pas rejeter de l’eau trop chaude, qui perturberait davantage encore les écosystèmes. Autant dire que la gestion future de notre mix énergétique sera compliquée par la multiplication des épisodes de sécheresse…

Et si certains se disent que l’on pourra toujours se tourner vers la biomasse pour produire de l’énergie, ils risquent de déchanter. Côté forêt, le bilan de santé n’est pas beaucoup plus positif. Si les arbres sont malades, ce n'est pas tant à cause de la sécheresse que de ses effets secondaires. L’exemple belge est particulièrement édifiant. Les épicéas sont attaqués par des scolytes, des insectes qui se nichent sous l'écorce et se développent sous l’effet du réchauffement. L'an passé, 400 000 mètres cubes d'arbres ont ainsi dû être détruits à cause de ces insectes.

L’été s’achève, la pluie revient et une information chasse la précédente. La sécheresse est en passe d’être oubliée, alors même que le dérèglement climatique en cours en multipliera la gravité. Ce qui appelle une vaste adaptation des secteurs affectés. Un sujet d’avenir.

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