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Le blog de Julien Fosse

Face au Covid-19, frapper vite et fort

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Face au Covid-19, frapper vite et fort
© Johns Hopkins

Pandémie, chute des cours du pétrole, krach boursier : le combo perdant. Un scénario catastrophe, anticipé par les théoriciens de l’effondrement, alertant depuis plusieurs années sur le risque d’imbrication de crises environnementales, sanitaires, économiques et sociales du fait de la vaste circulation des personnes, de l’internationalisation des chaines d’approvisionnement et de l’interdépendance des marchés financiers à l’échelle planétaire. Un scénario désormais d’actualité avec la crise sanitaire du Covid-19, qui a causé plus de 7 730 cas cliniques et 175 morts en France au 17 mars. Des chiffres qui ne peuvent que s’envoler, notre pays étant confronté à une situation sanitaire semblable à celle rencontrée en Italie. Face à cette crise exceptionnelle, une seule réponse possible : frapper vite et fort. Avant d’interroger nos modes de vie, dans un second temps.

Des perspectives sanitaires inquiétantes

Avec plus de 80 000 cas confirmés et 3 226 décès, la Chine a connu une épidémie largement plus grave que l’épisode de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) de 2003, qui avait causé alors la mort de 349 personnes. Dix fois moins que l’épidémie actuelle... Une crise également provoquée par un coronavirus, dont le pays avait tiré les enseignements en mettant en œuvre dès le début de cette année des mesures drastiques de confinement et de contrôle des déplacements. Dont la mise en quarantaine totale de la métropole de Wuhan, comptant onze millions d’habitants, ce qui a permis d’enrayer à ce jour la diffusion du virus.

En Europe, en revanche, le contrôle des populations a été moins important, moins immédiat, moins strict. L’Italie connait de fait une situation d’une gravité exceptionnelle, avec près de 28 000 cas cliniques confirmés au 17 mars et 2 158 décès. Des chiffres qui explosent et provoquent la saturation des services hospitaliers, contraints d’installer des infrastructures d’urgence dignes d’une médecine de guerre. Ce qui doit nous alerter. Car les données épidémiologiques concordent pour souligner que la situation de la France sera semblable dans les prochains jours à celle de nos voisins transalpins. Les exercices de modélisation disponibles, dont les résultats ont été rendus publics par le journal « Le Monde » , montrent qu’en l’absence d’endiguement jusqu’à 300 000 décès pourraient être recensés en France, dans le pire des scénarios de diffusion du coronavirus. Une situation sanitaire semblable à celle rencontrée en 1957 lors de la pandémie de grippe asiatique, qui aurait causé plus de 100 000 décès sur le territoire métropolitain et près de 3 millions de morts à travers le monde.

Une remise en question systémique

Face à cette crise, l’urgence est de limiter la diffusion du virus, afin de protéger les populations les plus vulnérables, qu’il s’agisse de personnes âgées ou atteintes de maladies intercurrentes, abaissant les défenses immunitaires. Un ralentissement dans la diffusion qui doit aussi permettre aux porteurs asymptomatiques d’acquérir une immunité protectrice, pour eux-mêmes et ceux qui les entourent. Un ralentissement qui appelle donc des mesures simples : rester chez soi, se laver les mains, limiter au maximum ses contacts et interactions sociales. Des mesures de solidarité et de protection des autres. A cette crise sanitaire s’ajoute une crise économique prévisible, du fait de l’arrêt d’un grand nombre de secteurs d’activités, d’usines, d’entreprises. Une crise dont les conséquences sociales ne se mesureront pleinement que dans les mois à venir. Et dont il faudra tirer les conséquences, tant nos économies sont dépendantes de chaînes d’approvisionnements et de marchés mondialisés. Finalement fragiles.

Mais pour l’instant, il nous faut appliquer un principe fondamental de la médecine des populations : frapper vite et fort, pour juguler l’épidémie. Ce qui impose de rester chez soi, pour protéger les autres, bien avant de se protéger soi-même. Une mesure simple, constitutive du lien social qui unit une population. Et fonde une société civilisée.

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