Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

Face à l’urgence climatique, l’exigence d’un e-commerce durable

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Face à l’urgence climatique, l’exigence d’un e-commerce durable
Face à l’urgence climatique, l’exigence d’un e-commerce durable
© Pascal Guittet

La crise du Covid-19 a bouleversé nos modes de consommation : confinement oblige, le e-commerce a explosé avec un chiffre d’affaires qui a crû de 37% en un an. Alors qu’il n’est apparu qu’au début des années 2000, le commerce en ligne représente aujourd’hui 13 % du commerce de biens. Un développement qui suscite de nombreuses polémiques, qu’il s’agisse de l’implantation d’entrepôts artificialisant les sols, de la destruction d’emplois dans le commerce traditionnel ou encore des incitations à la surconsommation induite par ce mode d’achat. Pour éclairer ces enjeux, sept ministres ont souhaité faire objectiver les impacts économiques, sociaux et environnementaux du e-commerce. Une évaluation, remise en février, soulignant d’importants effets sur l’environnement. Ainsi que les voies à envisager pour construire un e-commerce durable, compatible avec nos engagements climatiques.

De plus en plus de consommateurs concernés

Le secteur du e-commerce est polymorphe : si les deux premières places du marché français sont tenues par des acteurs spécialisés, les enseignes de la grande distribution sont très présentes. Et des pure players livrant en Europe par avion frappent à la porte de l’Europe. Par ailleurs, près de 200 000 entreprises commerciales, industrielles, artisanales ou agricoles disposent de sites internet. De quoi toucher de plus en plus de clients, sur tous les territoires, appartenant à toutes les classes sociales et à toutes les générations, avec toutefois une surreprésentation des moins de 50 ans et des familles nombreuses. Exception faite des exclus du numérique, qui représentent entre 7 et 13 millions de Français selon les estimations.

De fait, le développement du e-commerce a bouleversé les secteurs du commerce et de la logistique. La croissance annuelle du nombre de salariés du commerce de détail a été divisée par 3 entre 1994 et 2019, la moindre intensité en emplois du e-commerce expliquant ce recul. En effet, plus le commerce en ligne est fort dans un secteur, plus la baisse de l’emploi est marquée. Le développement des livraisons offertes a également contribué à dégrader les marges de la grande distribution. Si certains pure players sont adossés à des activités bénéficiaires, comme le cloud, et peuvent perdre de l’argent sur la vente de détail, ils mettent leurs concurrents classiques en difficulté. Pour préserver leurs marges, ceux-ci doivent automatiser leurs entrepôts, et donc réduire l’emploi…

Un bilan environnemental largement améliorable

Entre commerce physique et e-commerce, la principale différence de bilan carbone repose sur les étapes finales d’entreposage et de distribution au consommateur. Il faut relever que le volume des livraisons, un milliard de colis par an, essentiellement à domicile, peut générer des émissions de gaz à effet de serre et de particules fines aux conséquences sanitaires majeures. Et que les bénéfices environnementaux de la livraison à domicile, en comparaison de trajets vers des grandes surfaces, dépendent totalement de l’optimisation du chargement. Par ailleurs, les produits les plus vendus en ligne sont importés, comme le textile ou le numérique, contribuant de fait à accroître l’empreinte carbone du pays.

S’agissant de l’artificialisation des sols, l’augmentation du nombre d’entrepôts du e-commerce contribuerait à hauteur de moins de 1 % de la consommation annuelle des terres. Ce qui peut sembler faible mais présente un impact local significatif, notamment lorsque des entrepôts de très grande taille sont construits. Des entrepôts pouvant dépasser les 15 hectares d’emprise au sol, empêchant ainsi la séquestration de carbone et facilitant les ruissellements des eaux.

Dans ce contexte, des décisions rapides sont indispensables pour préserver la diversité des modes de commerce et permettre au commerce traditionnel de se moderniser et de réussir son évolution vers un e-commerce réellement durable. Ce qui implique de réguler tout à la fois l’installation des entrepôts et les modes de livraisons, à décarboner. Un élément clef de la transition écologique, qui pourrait être intégré au projet de loi climat et résilience en cours de débat. Ou pas…

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